PRÉCEPTES GÉNÉRAUX SUR LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS SECONDAIRE
rique ou iodurée. On n'aboutirait à rien. En administrant le mercure dans les plaques muqueuses, il faut avoir en vue beaucoup plus la diathèsc que la lésion.
Cette lésion si importante comme foyer de contagion sur tous les points de l'organisme, si incommode par ses récidives, est, pour ainsi dire, entre nos mains et à notre merci, grâce à l'action souveraine qu'a sur elle l'ensemble des moyens qui constituent la médication locale dans la syphilis secondaire.
V. Parmi ces moyens, il y en a d'hygiéniques, de préventifs, d'atténuants, d'auxiliaires. Mais le principal, celui qui est hors de pair, c'est la cautérisation plus ou moins profonde, plus ou moins répétée de la plaque muqueuse.
Le caustique le plus maniable, le plus efficace, dans la généralité des cas, c'est le crayon de nitrate d'argent. — Vient ensuite, pour les cas rebelles, le nitrate acide de mercure. On peut èi la rigueur se passer de tous les autres.
VI. Les indications de l'iodure de potassium sont très rares, comparées à celles du mercure, dans la période secondaire. Elles se présentent principalement au début et à la fin de cette étape de la syphilis. Au début, contre les céphalées et les douleurs spécifiques, la fièvre et autres troubles constitutionnels ; à la fin, dans les cas où les papulodermies deviennent ulcéreuses, etc. Il intervient aussi très utilement dans les déterminations musculaires, périostiques, viscérales, etc. Mais contre le syndrome vraiment secondaire par ses accidents tégumentaires et par son processus résolutif, il est très insuffisant. On le donnera cependant à la fin de la période, vers la troisième année, par mesure de prudence, et pour compléter la médication spécifique, et sans qu'aucune lésion passée ou actuelle indique qu'il est indispensable.
VII. Les fumigations mercurielles et les bains de sublimé sont rarement indispensables dans le traitement de la syphilis secondaire, les fumigations surtout. La balnéation mercurielle peut rendre quelques services dans les roséoles maculeuses très accentuées et dans les papulodermies confluentes qui se résolvent lentement.
VIII. L'hygiène qui concerne la santé générale fait partie du traitement de la syphilis secondaire.
L'hygiène locale s'adressant plus particulièrement aux points de l'organisme les plus menacés est d'un grand secours, car elle aide puissamment la médication interne et le traitement local.
IX. Les conseils à donner, les mesures à prendre contre la contagion ne doivent jamais être perdus de vue ni négligés un instant.
X. Enlin il faut rechercher, surveiller et traiter les états constitutionnels autres que la syphilis, qui la précèdent, l'accompagnent ou La suivent, et sont susceptibles d'aggraver ses accidents et d'entraver sa guérison.