‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 42 sur 610 · ACTION PRÉVENTIVE BU MERCURE ET DE L'IODURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

ACTION PRÉVENTIVE BU MERCURE ET DE L'IODURE DE POTASSIUM

phénomène actif ou vivant, dont les atteintes antérieures se perdent dans un passé pins ou moins éloigné, et dont les atteintes futures sont tellement problématiques qu'elles déjouent toutes nos prévisions, — Ce n'est qu'avec les statistiques qu'on peut, non pas prouver l'action préventive, mais donner en sa faveur quelques semblants de preuve. Or à ces statistiques, il serait facile d'en opposer d'autres, qui prouveraient le contraire. Les chiffres auraient beau s'accumuler, se mettre en bataille rangée sur leurs colonnes respectives, nous n'arriverions jamais à une conviction inébranlable; car les statistiques, en thérapeutique comme en pathologie, ne donnent jamais la raison biologique des phénomènes morbides. Avec elles on ne sort point de l'éventuel ni des probabilités.

II. « Le mercure et l'iodure de potassium, qui font justice des accidents produits par la diathèse, attaquent-ils aussi et détruisent-ils le mal danssasource ? Modifient-ils assez profondément l'organisme pour paralyser momentanément ou détruire à jamais les germes de l'infection dont il est imprégné? — Sans eux, ces germes pulluleraient-ils à l'infini ? Les manifestations de la maladie iraient-elles toujours en se multipliant et en s'aggravant, de manière à atteindre les limites extrêmes de l'action infectieuse? — Il y a un grand nombre de syphiliographes qui pensent que les spécifiques ne peuvent pas détruire les accidents sans entamer aussi la disposition constitutionnelle. Quelques-uns vont plus loin. L'action préventive du mercure et do l'iodure de potassium leur inspire une confiance si absolue, qu'ils sont décidés à faire retomber sur le manque ou l'insuffisance du traitement toutes les causes désastreuses de la syphilis, lorsqu'elle passe à l'état tertiaire. — C'est là un excès de confiance qui empêche de voir, dans leur triste réalité, les faits qui éclatent en pleine lumière et confondent si souvent nos prétentions, non seulement à guérir, mais à prévenir le retour des manifestations do la syphilis.

« 11 saute aux yeux que, si le mercure et l'iodure de potassium possédaient une action préventive radicale, ou, tout au moins, aussi efficace que leur action curative, bien peu de personnes seraient longtemps victimes de leur syphilis. Une première, une seule cure sauvegarderait l'avenir. On ne verrait jamais ces récidives, ces poussées successives qui font partie intégrante delà maladie, traitée ou non traitée. Or, comme aujourd'hui tout le monde se soumet à une médication spécifique bien dirigée, en général, et poursuivie

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