CHOIX DE CAUSTIQUES POUR LES PLAQUES GUTTURALES
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n'en laisse pas échapper la plus petite gouttelette, et contient cependant assez de caustique pour agir sur la plaque dont on touchera toute la surface. Ce procédé est le plus simple et le plus sûr. Avec lui on n'a pas à craindre de cautériser en dehors de la surface malade et de laisser tomber une goutte dans le pharynx et le larynx. Sur ce dernier organe elle produirait une douleur, un spasme et une angoisse respiratoire épouvantables qui pourraient entraîner la mort1.
Le crayon de nitraLe d'argent doit être solidement fixé clans le porte-caustique et n'avoir que peu de longueur. Sans cela, il pourrait se détacher, se casser et tomber dans le pharynx. Si pareil accident arrivait, si un fragment de crayon de nitrate d'argent détaché était avalé par le patient, il ne faudrait pas trop s'en alarmer; les chlorures de l'estomac le neutralisent rapidement; du reste, on leur viendrait en aide en faisant avaler aussitôt un grand verre d'eau saturée de sel marin 2.
J'ai l'habitude de toucher, tous les deux ou trois jours, les plaques muqueuses avec le crayon. Quoique la cautérisation ainsi obtenue soit très superficielle, elle suffit dans la plupart des cas.
Certaines circonstances accidentelles et transitoires doivent en faire différer l'emploi. Ainsi on n'aura pas recours aux caustiques qui forment la base de la médication locale, s'il existe au-dessous et autour des plaques muqueuses une violente inflammation. Dans
1. C'est ce qui4"eut lieu dans le cabinet d'un médecin qui n'avait, sans cloute, pas pris les précautions que je recommande pour cautériser les plaques muqueuses de l'isthme ou du voile du palais. Une goutte de nitrate acide de mercure se détacha de l'instrument dont il se servait et, par malheur, tomba juste dans le larynx. Son action sur la muqueuse produisit des mouvements réflexes si violents dans l'appareil musculaire de l'organe vocal, qu'il y eut un spasme extraordinaire de la glotte, suivi d'une crise mortelle d'asphyxie.
Je donne donc le conseil formel d'apporter la plus grande prudence dans la cautérisation des plaques muqueuses de la gorge. C'est par milliers que je pourrais compter celles que j'ai guéries depuis 2b ans. Eh bien, je n'ai pas employé une seule l'ois le nitrate acide.
2. Une seule fois, le crayon de nitrate d'argent dont je me servais s'échappa de sa pince ou se cassa et fut avalé. J'eus la chance que le malade ne s'en aperçut pas et n'en éprouva absolument aucun inconvénient, comme je m'en assurai par la suite. Il est vrai que je lui fis avaler tout de suite, et sans lui en donner la vraie raison, un grand verre d'eau que j'avais saturée de sel de cuisine.
Le nitrate acide demercure, beaucoup trop vanté, et dont j'ai toujours trouvé moyen de me passer, cause sur le point cautérisé une douleur excessivement vivo et un gonflement considérable que les malades nous pardonnent difficilement.
Le chlorure de zinc est d'un maniement beaucoup moins dangereux que le nitrate acide d'hydrargyre ; mais je ne m'en sers jamais pour les cautérisations dans l'arrière-gorgc.
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OARGARISMES ET HYGIÈNE Dlî LA GORGE
les pharyngopalhies subaigufis et, à plus forte raison, dans celles qui s'accompagnent d'une violente douleur et d'une turgescence considérable de toutes les parties constituantes de l'isthme, il sera prudent, avant de cautériser les plaques, de recourir, pendant quelques jours, à un traitement anliphlogistique modéré, jusqu'à ce que les phénomènes inflammatoires, surajoutés à l'affection spécifique, se soient dissipés. Le malade se gargarisera, 5 ou 6 fois par jour et même plus, pendant 10 minutes, avec une décoction concentrée de racines de guimauve et de têtes de pavot, dans chaque litre de laquelle on fera dissoudre 20 grammes d'acide borique et La môme quantité de chlorate de potasse et de borate de soude. Un gargarisme que j'emploie très souvent avec succès et que je recommande est le suivant : eau d'orge, 500 grammes ; alun, 7 grammes; miel rosat et sirop diacode, de chaque 100 grammes.
Dans les angines pultacées, ce traitement préparatoire sera de rigueur. On fera même bien de ne pas se contenter de gargarismes et de loucher, une ou deux fois par jour, les parties malades avec un pinceau d'aquarelle ou un tampon d'ouate hydrophile imbibés d'une solution à parties égales de miel rosat et de borax, ou bien avec une solution d'acide borique dans de la glycérine purifiée. — On n'attaquera les plaques que lorsqu'elles reposeront sur des tissus revenus à peu près à l'état normal.
L'intervalle entre les cautérisations ne doit pas être trop long, parce que la plaque reprend vite l'activité morbide que lui avait enlevée le caustique. Il ne doit pas être trop court, parce que l'irritation qu'on provoquerait en elle s'étendrait au delà et nuirait à la résolution. Rien de fixe dans cet intervalle. Il variera suivant les cas et suivant les malades. J'ai l'habitude de toucher les plaques muqueuses, tous les deux ou trois jours, avec le crayon de nitrate d'argent.
Si on se sert du nitrate acide, il faudra mettre 5 jours, au moins, entre deux cautérisations.
Ce qui précède s'applique aux plaques de l'isthme qui ne perdent pas leur cohésion, restent fermées pendant toute leur durée cl ne font, tout au plus, que devenir un peu érosives, sans tourner franchement à l'ulcération. Lorsqu'il n'en est pas ainsi, la médication interne reprend ses droits et devient efficace. Toute tendance à l'ulcération, toute ulcération formée sur les piliers, les amygdales et le voile sont rapidement réprimées et améliorées par l'iodure de potassium associé au mercure. Il n'en faul pas moins modifier les