BUCCALES, LABIALES, GINGIVALES ET PALATINES
nimes, on fera bien de les insensibiliser, avant la cautérisation, en les imbibant d'une solution de cocaïne au 5e.
A la voûte palatine, les syphilides secondaires produisent des érosions diffuses ou des rubans érythémateux circinés, en fer à cheval, ovalaires, en 8 de chiffre, en grandes arcades, qui encadrent le voile du palais, etc. Ces lésions appartiennent aux variétés opalines et érosives. Elles sont souvent parsemées de concrétions blanchâtres qui contrastent avec la rougeur des parties voisines. Elles disparaissent rapidement quand on les cautérise. On en trouve de semblables sur la face antérieure du voile du palais. J'ai vu des rhagades profondes à la base de la luette.
Quand les plaques buccales sont très nombreuses et érosives, elles causent souvent une inflammation générale de la cavité et de vives douleurs. En pareil cas, les gargarismes émollients au pavot, à la guimauve ou au lait procurent un grand soulagement. Chacun d'eux devra être gardé longtemps clans la bouche pour lui faire une sorte de bain adoucissant. Les points les plus douloureux pourraient être touchés, de temps en temps, avec une solution de cocaïne au 20°. Une décoction de 20 grammes de feuilles de coca dans 200 grammes d'eau procure aussi un soulagement marqué.
Dans les plaques ulcéreuses des gencives, au niveau de la dernière molaire inférieure et sur les parties adjacentes de la muqueuse des joues, je conseille de placer, le soir, et de garder, pendant la nuit, un tampon d'ouate hydrophile imbibé d'eau boriquée.
Glossopathies syphilitiques secondaires. — Pendant les deux ou trois premières années do la syphilis et à tous les moments de la période secondaire, des déterminations spécifiques peuvent s'effectuer sur la langue. Elles sont plus sévères et plus profondes à mesure qu'on s'éloigne du début de la diathôse1. On n'a qu'à
i. Glossile secondaire tardive. — M. le D' Jullien a relaté au cas i'orl intéressant de ces manifestations syphilitiques secondaires équivoques, frustes, invétérées, qui ne conservent presque aucun liait de leur origine et qu'on pourrait si facilement confondre avec des accidents d'une autre provenance diathésique (cancer, tubercules bacillaires, diabète, etc.). Les lésions occupaient la langue et consistaient en une petite lissure courte, limitant une tache vernissée, et en une ilrprcs-imi érosive de feinte jaunâtre, entourée d'un rayonnement de craquelures et reposant sur une base résistante plutôt qu'indurée. Cette minuscule glossopalhie causait des douleurs atroces, ne permettait que des aliments demisolides et gênait singulièrement la mastication, la déglutition et la phonation. Le patient, syphilitique depuis dans, s'était fortement traité ; mais aucune médication, spécifique ou autre, n'avait pu venir à bout de cette affection. Quelle était sa nature*? M- Jullien trouva sons la plante des pieds une éruption cir-
Mauimac.