‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 424 sur 610 · DANS LA SYPHILIS SECONDAIRE · texte numérisé non relu

DANS LA SYPHILIS SECONDAIRE

Traitement. — Le traitement interne est très insuffisant contre li s plaques muqueuses linguales. Il n'a une efficacité réelle et rapide sur elles que quand elles sont ulcéreuses et reposent sur des tissus spécifiquement néoplasiés ; ce qui veut dire qu'il n'attaque résolument que celles qui tournent au terliarisme.

Comme caustiques, je proscris, pour la langue, ceux qui sont violents. Le nitrate d'argent est encore le meilleur, et c'est à peu près le seul dont je me serve.

Lorsque les plaques sont très végétantes ou fongueuses, on emploiera avec succès le bois effilé imbibé d'une solution de chlorure de zinc, d'acide acétique à saturation ou de nitrate acide de mercure. De même, dans les plaques très squameuses. Mais, je ne saurais trop le répéter, pas de moyens violents, sauf dans quelques formes exceptionnelles de glossopathies. Les cautérisations seront répétées tous les 4 ou 5 jours1.

Syphilides muqueuses des narines. — Le peu d'affinité de la plaque muqueuse pour certaines régions se montre ici avec la dernière évidence. La pituitaire, en effet, n'est presque jamais envahie par elles, tandis qu'elle est un foyer des plus actifs pour les lésions tertiaires. Les plaques muqueuses ne se développent qu'à l'entrée des narines. Elles sont allongées d'avant en arrière sur la cloison et à la face interne des ailes du nez. Toujours érosives et croùteuses, elles s'ulcèrent quelquefois de bonne heure, deviennent lissuraires et sont toujours très douloureuses.

Pour les traiter convenablement, il faut d'abord faire tomber les croûtes et les mucosités qui les recouvrent, ce qui n'est pas tou-

dc la langue, a îles desquamations, des placards indurés, des fendillements, des sillons qui semblent raviner sa surface, etc.?

I.a plus grande prudence doit être apportée dans notre décision sur le caractère contagieux ou non des lésions de la bouche et, en particulier, de lalangue. Fixer d'une manière précise l'époque où tout danger de contagion est conjuré, me parait presque impossible, d'une façon générale et sans avoir sous les yeux la difficulté à résoudre.

I- Dans toutes les affections, syphilitiques ou autres, de la. cavité buccale, il importe de passer 1rs dénis en revue. Si elles sont couvertes de tartrè, cassées, gâtées et dans un état tel qu'elles soient susceptibles de provoquer et d'entretenir un état habituel d'irritation de lu muqueuse buccale, le malade devra immédialemenl confier su bouche h un dentiste. Se servir d une brosse douce saupoudrée d'uni' poudre dentifrice composée, à parties égales, de poudre de charbon et de quinquina. Gargarismes cbioratés, boratés, boriques, etc.

Il y a des chicots, des dents cassées, inégales, à angles ou à bords aigus et tranchants, qui irritent les bords de la langue et y Poul naître des plaques ulcéreuses qu'on ne guérit qu'après avoir l'ait extraire ou arracher les débris de dents ou les dénis défectueuses. Que le médecin ne manque jamais de passer une revue de toutes les dents, surtout des inférieures.

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jours facile. On y arrivera on les recouvrant, pendant plusieurs heures, avec un tampon d'ouate qu'on imbibera fréquemment d'eau boriquéc. Une fois mises à nu, on les cautérisera avec le crayon de nitrate d'argent. Je les fais enduire avec des pommades au calomel, à l'oxyde de zinc', etc.

Plaques muqueuses de la conjonctive. — Elles sont très rares. Leur coloration est jaune, rougeâlre ou opaline, leur saillie faible, arrondie ou en arc de cercle. Peu de douleur, très peu de gène. On les cautérisera, tous les 4 ou 5 jours, avec le crayon de nitrate d'argent, en ayant soin de les laver ensuite à grande eau avec une solution de sel marin.

Plaques muqueuses auriculaires. — Elles se réduisent à des éruptions discrètes ou contluentes de papules, dans le conduit auditif externe, à son entrée plutôt que dans sa profondeur, sur les circonvolutions du pavillon et dans le sillon auriculomastoïdien. En tous ces points, les papules sont tantôt squameuses et tantôt érosives, ou bien deviennent érosives après avoir éLé squameuses. Il n'y a aucune règle à cet égard. Ce sont des prédispositions individuelles et des circonstances accessoires qui en décident. Les plaques du pavillon sont très faciles à guérir, même sans les cautériser. 11 suffira de les déterger avec soin au moyen de liquides aseptiques, de séparer les surfaces malades au moyen d'ouate hydrophile enduite d'une pommade au calomel ou à l'aristol. Une légère cautérisation au nitrate d'argent, tous les trois ou quatre jours, les dessèche vile et hâte leur disparition.

1. Il n'est pas douteux que la rhinite appartient surtout au tertiarisme; niais, pendant la période secondaire, il survient souvent des coryzas qui semblent bien avoir quelque teinte spécifique. Ils sont constitués par un engorgement très prononcé de la muqueuse du cornet moyen et du cornet inférieur, "sur lesquels on ne distingue aucune plaque muqueuse ou autres lésions syphilitiques. Néanmoins, ces coryzas violents et de longue durée de la période secondaire doivent être considérés comme suspects et traités activement afin de les empêcher de devenir ulcéreux.

Outre le mercure, on donnera aussi, en pareil cas, l'iodure à la dose de 1 ou ■l grammes. On fera dans les narines, une ou deux l'ois par jour, des irrigations avec de l'eau tiède, additionnée d'une cuillerée à bouche de sel marin par litre, ou bien avec de l'eau boriquée. On reniflera simplement ces liquides, ou on se servira de sondes et du siphon de Weber.

Autres moyens recommandés par M. Didav : aspirer doucemonl, malin et soir, par les narines, la vapeur d'une pincée de poudre de cinabre jetée en plu- Sieurs fois sur une plaque de fer rougie, ou bien faire des irrigations nasales soit avec la solution indurée, soit avec la liqueur de Laharraque; ou enfin priser, trois fois par jour, une pincée de :

^ Lycopode „

Calomel N a!l 8 grammes.

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