‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 425 sur 610 · DE LÀ CONJONCTIVE ET DES OREILLES · texte numérisé non relu

DE LÀ CONJONCTIVE ET DES OREILLES

Les plaques du conduit auditif externe sont plus délicates à traiter. Lorsque leurs produits de sécrétion encombrent le conduit, oïl les ramollira par l'application d'ouate imbibée de liquides boriques. Puis on les enlèvera doucement, et, aussitôt que la surface des lésions sera mise à nu, on la cautérisera légèrement, si elle n'est pas trop douloureuse. On se servira toujours du crayon de nitrate d'argent. Les pansements seront faits avec de la vaseline boriquée additionnée d'un peu de calomel ou d'oxyde de zinc.

Laryngopathies syphilitiques secondaires. — L'enrouement avec toutes les nuances qu'il peut présenter, depuis l'asynergie vocale la plus insignifiante jusqu'à la raucité voisine de l'aphonie, et jusqu'à l'aphonie elle-même ; l'enrouement avec toutes les variations capricieuses propres aux affections catarrhales : tel est le phénomène dominant des laryngopathies secondaires.

Résumé pathologique. — La plupart du temps, ces affections sont indolentes; c'est même là un de leurs traits de physionomie les plus remarquables. Ce caractère négatif a la valeur d'un phénomène pathognomonique. Pas de titillation laryngienne ; aucun de ces chatouillements si agaçants qui provoquent des quintes interminables de toux; aucune sensation pénible, soit spontanée, soit provoquée par la pression au niveau du larynx. Absence de toux et d'expectoration. Pas de troubles de la déglutition. Enfin, et c'est là un phénomène négatif important, aucun trouble respiratoire indiquant une gêne, par sténose laryngée, du passage de l'air à travers l'organe de la phonation.

Processus essentiellement chronique, dont la durée se compte par semaines et par mois. J'ai vu des raucités très légères, des dysphonies intermittentes ou rémittentes se prolonger indéfiniment, ce qui prouve que la bénignité des troubles fonctionnels n'est pas une garantie de courte durée. L'aphonie, au contraire, est ordinairement transitoire. La continuité, sans modifications brusques, sans violence dans les troubles phonétiques, indique que l'affection durera au moins pendant un ou deux mois. Elle est intermittente lorsque l'abus des alcools et du tabac vient renforcer l'action de la maladie spécifique. Cette raucité, cette voix étrange a mérité d'être flétrie sous le nom de voix crapuleuse.

Traitement1. — Contre les laryngites syphilitiques secondaires, le traitement général spécifique est toujours indiqué, d'autant plus qu'il existe habituellement, soit sur la pcan, soit sur d'autres muqueuses que celles du larynx, des accidents faisant partie de la

\. Ce qui concerne le traitement est extrait d'un mémoire que j'ai publié, avec mon regretté confrère et ami, Krishaber, en 1870. (A?i?i. des mal. de l'or, et du larynx.)

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même poussée el réclamant l'usage des mômes moyens thérapeutiques internes.

.Mais on s'abuserail étrangement si on supposait qu'il suffi! toujours d'administrer une certaine dose de mercure et d'ioduré de potassium pour faire prompte justice d'une laryngopathie syphilitique. Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut constater un amendement sérieux et persistant des troubles fonctionnels. L'expérience, à cet égard, nous a enlevé bien des illusions. Il y a même des laryngopathies qui, sans qu'on sache pourquoi, se montrent aussi rebelles à l'action curative des spécifiques que les angines avec plaques muqueuses, dont on ne vient à bout qu'à l'aide de cautérisations répétées deux ou trois fois par semaine.

Et qu'on ne s'imagine pas qu'il suffirait de doubler, de tripler les doses pour obtenir l'effet voulu. C'est une expérience que nous avons quelquefois tentée sans succès ; elle réussissait sur La peau et échouait sur le larynx. Du reste, en général, les affections cutanées syphilitiques sont plus rapidement touchées et guéries par le mercure que les affections syphilitiques des muqueuses. Nous répétons cette remarque pour empêcher l'abus qu'on serait tenté de faire de la médication hydrargyrique, si on voulait en mesurer les doses à l'inertie que lui oppose trop souvent la laryngopalhie syphilitique. La préparation dont nous nous servons le plus habituellement est le protoiodure d'hydrargyre, sous forme de pilules de 3 centigrammes. Nous en donnons de 3 à 5 par jour.

Quant à l'iodure de potassium, il est rare que nous y ayons recours, à cette phase de la maladie constitutionnelle. Il trouve son opportunité plus tard, quand le larynx est atteint de ces graves ulcérations qui détruisent les parties molles et attaquent même la charpente de l'organe. Dans les laryngopathies précoces et superficielles, il est rarement indiqué. Nous pourrions même ajouter qu'il est quelquefois nuisible, s'il développe outre mesure ses effets physiologiques, c'est-à-dire cette hyperémie sécréloire de la conjonc- Live, de la pituitaire, qui s'étend jusqu'aux muqueuses de la gorge et de larynx.

Lorsque les laryngopathies ne cèdent pas au mercure, ou que les lésions qui Les constituent on! de la tendance à s'ulcérer, nous avons recours à l'iodure de potassium, combiné avec le biiodure d'hydrargyre, et nous varions, suivant les cas, la dose respective de chacun de ces sels.

Si ces laryngopathies, qui sont presque toujours bénignes, pre-

DES L A II Y N G 0 P A T ! 1 1 15 S SYPHILITIQUES SEC0NDA1HES.

liaient des proportions sérieuses, et s'il devenait urgent d'agir vite et énergiquement, on pourrait tenter les frictions mercurielles sur la partie antérieure du cou, au niveau de l'organe malade. Cette pratique serait indiquée également par l'intolérance de l'estomac ou le mauvais état des voies cligestives.

Il est tout un côté du traitement général qu'on aurait grand tort de négliger, sous le prétexte que l'affection est spécifique et ne peut guérir qu'avec des spécifiques. Nous voulons parler de la médication commune, de celle qu'on emploie dans les catarrhes ordinaires du larynx. Ainsi, quand le processus est vif et que la forme inflammatoire prédomine, il faut recourir aux émollients, prescrire une diète plus ou moins sévère, écarter toutes les causes qui pourraient agir directement ou indirectement sur l'organe malade et exaspérer les accidents dont il souffre.

Dans les formes indolentes, qui sont les plus communes, on peut être moins sévère; mais il est indispensable do soumettre le larynx à un régime rigoureux. Il faut interdire les efforts de voix et tout ce qui pourrait exciter la muqueuse du pharynx, l'épiglotte et l'ouverture supérieure du larynx, entre autres choses les liqueurs alcooliques et la fumée de tabac.

Ce sont des mesures de rigueur, pénibles pour les malades dont la santé n'est pas altérée. Ils sont peu disposés à se faire les esclaves de leur larynx et à se plier aux exigences que réclame son hygiène bien entendue. Ils aiment mieux avaler des pilules ou des sirops. Mais que feront ces pilules et ces sirops, qui ont déjà bien du mal à venir à bout de l'affection, s'il leur faut encore neutraliser les effets déplorables d'une hygiène et d'un régime mal compris?

Donc, l'usage, mais pas l'abus des spécifiques, d'une part, et, d'autre part, l'emploi des médications communes applicables aux affections catarrhales du larynx, et surtout l'hygiène et le régime; tel est le résumé de nos conseils, en ce qui concerne le traitement général.

Le traitement local direct n'est pas aussi avantageux qu'on pourrait se l'imaginer, et nous n'y avons recours que lorsqu'il existe des lésions profondes et de longue durée, et que la muqueuse, hypertrophiée ou érodée, depuis longtemps, par des plaques muqueuses interminables, a besoin dî t re modifiée par des topiques.

On a recours alors à des liquides astringents ou légèrement caustiques, don! on badigeonne la cavité laryngée au moyen d'une

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