‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 426 sur 610 · TRAITEMENT DES SYPBILIDES MUQUEUSES DU SEIN · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES SYPBILIDES MUQUEUSES DU SEIN

baleine courbe, munie d'une petite éponge et guidée par le laryngoscope.

Voici les liquides qu'on pourra employer, suivant les cas : glycérine. 30 gr. ; extrait thébaïque, 10 cenligr. ; iode métallique, 1 gr. ; iodure de potassium, 1 gr. (Isambert) ; — nitrate d'argent en solution au 20e et au 301!; — nitrate acide de mercure en solution au 100"; — chlorure de zinc en solution au 50e; — acide chromique en solution au 5°. — On peut aussi se servir du crayon de nitrate d'argent l, etc.

Syphilides muqueuses du sein. — Elles ne présentent aucun caractère particulier de durée et de gravité, mais elles créent une source continuelle d'infection pendant l'allaitement, seule période à peu près où elles se développent cbez la femme et prennent le caractère de plaques humides, qui les rend si dangereuses.

Papules isolées ou confluentes formant une sorte de couronne autour du mamelon; fissures, gerçures allongées, crevasses humides et sanguinolentes sur les mamelons : telles sont les formes qu'on observe ordinairement.

Chez les femmes à mamelles volumineuses, lourdes et pendantes, la face inférieure de ces glandes se couvre souvent de papules qui provoquent une inflammation érythémateuse dans le pli thoracomammaire inférieur et deviennent rapidement suintantes.

Même traitement que sur toutes les autres parties du corps : lavages fréquents avec des liquides adoucissants et aseptiques; séparation des surfaces malades quand il y a lieu. Cautérisation, tous les deux ou trois jours, au nitrate d'argent; pansements avec de l'ouate hydrophile trempée dans de l'eau boriquée, du vin aromatique, une solution au 2001' d'hydrate de chloral, une solution au 100° d'acide phénique, etc.

Il faut traiter énergiquement les plaques muqueuses du mamelon. Les rhagades, les fissures, les crevasses y sont parfois très doulou-

1. Il faut éviter, pour le larynx el pour la conjonctive, des applications de préparations mercuiïelles liquides ou solides sur les surfaces malades, quand on administre de l'iodure à l'intérieur. Comme ce dernier sel esl éliminé par toutes les muqueuses, par la conjonctive et la muqueuse laryngée, aussi bien que par les autres, il se formerait du biioduro d'hydrargyre, qui esl très irritant et caustique. — C'est ce qui ne manquerait pas 'de se produire sur la piUUtaire, en pareille occurrence, si on prisait du calomel, par exemple.

u après M. Schmezler, la laryngite secondaire céderait rapidement aux pulvérisations laryngiennes faites, malin et soir, avec 20 gr. de liqueur de Van awieien. Il faudrait avoir bien soin, si on employait un pareil traitement local, de ne pas donner de l'iodure à l'intérieur. '

PLAQUES MUQUEUSES DES ORfiANES GÉNITAUX.

reuses. Avant de les cautériser, on les insensibilisera avec une solution de cocaïne. On les pansera avec des pommades au calomcl, au turbith, à l'aristol, ou on les badigeonnera, une ou deux fois par jour, avec de l'iodoforme dissous à saturation dans de l'éther et du chloroforme.

Interdire l'allaitement, même si l'enfant est syphilitique, à cause de l'irritation et des tiraillemenLs que cause la succion, ou bien employer un bout de sein.

Syphilides muqueuses des organes génitaux. — Avec celles de la cavité buccale ce sont les plus importantes. 11 n'y a pas de région du corps où elles pullulent d'une façon aussi exubérante, surtout chez la femme.

A. Plaques muqueuses génitales chez F homme. — Toutes les variétés de la plaque muqueuse s'observent sur la muqueuse glandopréputiale : plates, opalines, érosives, rondes, annulaires, hypertrophiques à rebords saillants et à fond déprimé, végétantes, diphtéliliques. Elles donnent lieu quelquefois à des balanoposthites secondaires, en général bénignes. Cependant j'en ai vu devenir gangreneuses et entraîner le sphacèle de toute la verge. Ces cas sont excessivement rares.

Elles sont très faciles à guérir. Des soins de propreté, des lavages fréquents de la cavité glando-préputiale avec des liquides astringents les amendent très vite. Des cautérisations superficielles au nitrate d'argent en font promptement justice. Le phimosis résiste quelquefois, mais le limbe finit par reprendre sa souplesse et son calibre, parce que les plaques muqueuses n'entament pas son tissu et ne s'érodent qu'aux dépens de leur propre substance. Quand il n'y a ni phimosis, ni halanoposthite , le traitement des plaques muqueuses halano-préputiales est encore plus simple. Séparez les surfaces malades avec de la charpie ou de l'ouate hydrophile

1. flaques muqueuses uréthrales et uréthrite syphilitique. — Je n'eu ai jamais constaté. M. Jos. Grûnfeld croit, au Contraire, qu'à la période des eflloresccnces cutanées, une sécrétion muco-purulente de l'urèthre peut traduire la localisation g énito-urinaire correspondant aux papules cutanées, et qu'à l'aide de l'endoscope ces plaques muqueuses uréthrales sont facilement découvertes. A une période plus avancée, ce seraient des gommes qu'on rencontrerait dans l'urèthre.

Il existerait donc, aux différents stades de la syphilis, des phénomènes morbides du côlé du canal, qui donneraient le change avec la blennorragie. [International Klinisch Rundschau, 1891.)

Je ne dis pas que le fait ne puisse bien se produire. Je n'ai jamais vu de semblables déterminations de la muqueuse uréthrale. — Les uréthvites symplomaliques des chancres infectants du méat urinaire sont, au contraire, très communes.

THA1TKMKNT DES SYPHILIDE8 GÉNITALES

imbibées d'une solution légèrement astringente, ou saupoudrez-les avec un mélange, à parties égales, d'oxyde dè zinc et de calomel ou môme simplement avec de l'amidon ; cautérisez les papules, tous les trois ou quatre jours, avec un crayon de nitrate d'argent; Quelquefois, avec ce seul traitement topique, en moins d'un septénaire, vous aurez obtenu la guérison. Ici, comme dans toutes les syphilidcs muqueuses, qui semblent procéder beaucoup plus du sol sur lequel elles se développent que d'un mouvement diathésique général, le traitement interne mercuriel et ioduré a une moins grande efficacité que la médication topique. Ce n'est pas une raison pour s'en abstenir; il faut, au contraire, l'administrer, le reprendre ou l'augmenter, parce que la maladie constitutionnelle l'exige, même quand elle se traduit par des accidents régionaux que leur autonomie semble devoir soustraire en partie à son influence.

Sur le fourreau, les papules sont plates, minces, souples, sèches, squameuses, furfuracées. — Elles ne deviennent humides et ne s'érodent que dans l'angle péno-scrotal où elles provoquent très souvent un érythème plus ou moins étendu. — Séparation des surfaces malades; cautérisation des papules; pansements avec des liquides détersifs, aseptiques, astringents, etc. Guérison très facile à obtenir en peu de temps.

Sur le scrotum, la papulation affecte des formes très variées : discrète, confluenlc, sèche et squameuse, érosive et quelquefois ulcéreuse en courbes circinées, indolente, aphlegmasique ou inflammatoire, avec des œdèmes hyperplasiques durs et élépbantiasiques; hypertrophique, végétante, croûteuse, sanguinolente, gangreneuse, mais très rarement. Sur les côtés, dans le sillon scroto-fémoral, papulation très active et envahissant les cuisses dans une étendue considérable, se compliquant parfois d'intertngo érosif et ulcéreux, de rhagades fort douloureuses. — Au périnée, plaques muqueuses souvent très abondantes, toujours accompagnées d'hypertrophie du raphé médian, qui forme quelquefois une crête monstrueuse, rouge, suintante, érodée, fissurée, de un demi à un centimètre d'épaisseur et deux centimètres et demi de hauteur, etc., etc.

Toutes ces lésions, même les plus minimes, celles qui ne dépassent pas les dimensions d'une érosion herpétique, sont contagieuses au plus haut degré, ce qui les rend plus dangereuses pour les autres que pour l'individu qui les porte. En effet, si monstrueuses qu'elles soient, on en vient à bout très rapidement avec ]«> repos, des soins

chez l'homme et chez la femme.

minutieux de propreté, des pansements isolants, des ablutions astringentes et désinfectantes, des saupoudrements d'oxyde de zinc et de calomel ou de bismuth, des cautérisations répétées, des bains, etc.

B. Plaques ?nuqueuses génitales chez la femme: — Ce sont les organes génitaux de la femme qui fournissent l'expression la plus complète des syphilides muqueuses.

Sur les petites lèvres, elles sont érythémateuses ainsi que sur la fourchette, sur le capuchon, sur les surfaces contig-uës des deux lèvres et clans le sillon qui les sépare, etc. Mais c'est surtoul la papulation qui prédomine partout dans cette région. Les grandes lèvres en sont plus souvent atteintes que les petites. Grande tendance à pulluler, à s'hypertrophicr, à végéter, à s'enflammer, à se compliquer d'éry thème périphérique, d'infiltrations œdématoplastiques énormes, à éléphantiaser la peau et les muqueuses, à se répandre dans les sillons génito-anaux, périnéo-génitaux; à se joindre aux plaques anales, etc. Phlegmons circonscrits, abcès tubériformes, gangrène, pseudo-diphtérie : telles sont leurs complications.

Certes voilà des manifestations syphilitiques singulièrement complexes; mais leur traitement l'est beaucoup moins. Repos, grands soins de propreté, lavages très fréquents avec des liquides adoucissants et aseptiques, isolement des surfaces malades. Quand tout est devenu net, et surtout quand il n'y a plus de phénomènes inflammatoires aigus, cautérisation de chaque papule, tous les deux ou trois jours, avec le crayon de nitrate d'argent. — Bains, bonne hygiène, etc.

On ne peut que se répéter d'une façon bien monotone à propos du traitement topique des plaques muqueuses. Le principe est le même pour toutes. Les questions de détail dérivent de la conformation des parties et de la différence dos tissus. Il faut toujours surveiller les complications, les prévenir, si c'est possible, et les combattre par les moyens que chacune d'elles exige plus particulièrement. Rien de plus facile dans la très grande majorité des cas.

Les plaques muqueuses du vagin et celles du col sont très rares'.

I. Peut-être la rareté des plaques muqueuses duvagin tient-elle a ce qu'où ne se donne pas la peine de les chercher au spéculum, après avoir fait de grands lavages dans le conduit vaginal. C'est son ampoule qui est leur siège habituel. Elles sont papuleuses et érosives, papulcuses surtout. Les hypertrophies du col, les antéversions, Les ulcérations cervicales de nature inflammatoire, les catar-

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