TRAITEMENT DES SYPHILIDBS MUQUEUSES DE L'ANUS
Toutes sont éphémères cl, comme cela ne les empêche pas d'être contagieuses, il est fort possible qu'on ne trouve aucune trace de leur existence, alors que se montrent sur la verge les effets de la contamination qui leur est due. Leur curabilité est si facile qu'en 24 ou 36 heures, une cautérisation très superficielle ou un simple pansement avec une poudre isolante peuvent les faire disparaître.
Syphilides muqueuses, anales et périanales. — Très fréquentes chez l'homme, encore plus chez la femme. Par leur physionomie d'ensemble, par leur évolution, leur durée et leurs complications, elles se rapprochent beaucoup des papules génitales. Elles coïncident, du reste, et se combinent souvent avec elles, si bien qu'elles semblent procéder des mêmes causes et appartenir à la même poussée. Celles de l'anus sont habituellement très douloureuses et se présentent sous la forme fissuraire, quand elles siègent dans l'orifice lui-même.
Les papules périanales prennent quelquefois un développement prodigieux sur la face interne des fesses, où elles forment de gros bourrelets papuleux symétriques , même un peu en dehors des surfaces qui sont en contact. — Mêmes complications qu'aux parties génitales, c'est-à-dire : inflammation de la fesse, hyperplasie du tissu cellulaire sous-cutané, ulcérations, fissures profondes, gangrène, pseudo-diphtérie sur quelques points ou sur la totalité "des plaques.
La gravité des syphilides secondaires est plus apparente que réelle. Aussi se résolvent-elles toujours sans perle de substance et sans formation de tissu cicatriciel. Elles ne font donc courir aucun danger de rétrécissement à l'anus ni au rectum, dans lequel elles ne pénètrent pas. 11 n'en est pas ainsi des syphilides tertiaires de
rhes cervico-ulérins, etc., contribuent à les faire naître dans cette région. Elles sont beaucoup plus rares à la partie moyenne de l'organe, et assez fréquentes à son entrée, où elles se confondent avec celles de la vulve. — Les plaques muqueuses du vagin peuvent rester papuleuses; mais, pour peu qu'elles se prolongent et soient négligées, elles s erodenl, s'ulcèrent, se changent en rhagades et en fissures très suintantes, et quelquefois fongueuses et saienantes. Biles guérissent assez facilement, surtout si on a soin de laver souvent le vagin, d'y taire cesser loutes les causes d'irritation, de cautériser les lésions, tous les 2 où :t jours, avec le crayon de nitrate d'arpent, etc. Il arrive parfois qu'elles sont isolées, c'est-a-dire sans aucune coïncidence spécifique sur les fesses ou ailleurs. Comment ne passeraient-elles pas inaperçues? Leur symplomalologie J)cu subject i ve est nulle ou à peu près ; rien n'attire l'attention sur elles. Comme leur contagiosité est fort grande, elles sont beaucoup plus dangereuses pour ceux mu ont (|Cs rapports sexuels avec la patiente que pour elle-même. — Le vagin, le col et les cavités cervico-utérines, probablement, sont les principales sources de la contamination ocr.ullc. (Voy. Balzer, Cong. de Paris, 1889.)
TRAITEMENT DES PLAQUES MUQUEUSES DU l'IED.
cette région. Ce qui augmente encore la bénignité du pronostic, c'est que la syphilodermie anale, pendant les deux ou trois premières années de la syphilis, guérit avec une grande facilité et même sans le secours de la médicalion spécifique interne. Il suffit de recourir à des soins de propreté, à des pansemenls isolants, à des cautérisations au nitrate d'argent, tous les deux ou trois jours, pour en faire promplement justice, surtout si on condamne le malade au repos absolu.
La fissure syphilitique est la lésion qui résiste le plus, ainsi que l'hyperplasie radiée des plis de l'anus. — La cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent est excessivement douloureuse. Quoiqu'elle soit fort utile et presque indispensable dans quelques cas, j'hésite à l'infliger aux malades peu courageux. Je me borne alors à prescrire des pansements, deux fois par jour, avec une mèche qu'on introduit dans l'anus après l'avoir préalablement enduite d'une pommade à l'extrait de belladone, au calomel et à l'oxyde de zinc. (Cold-cream, 30 grammes; exLrait de belladone, 1 gramme; calomel et oxyde de zinc, de chaque 3 grammes.)
Syphilides muqueuses des orteils. — Elles siègent à la face interne des orteils, s'étendent quelquefois, sans discontinuité, d'un orteil à l'autre et envahissent tout l'espace interdigital, s'accompagnent d'une infiltration scléreuse intra et sous-dermique, se creusent d'ulcérations centrales, de fissures dans les plis interdigitaux, se prolongent sur la face antérieure de la plante du pied, dans les sillons qui la séparent des orteils, ont une grande tendance à devenir fongueuses et végétantes, etc., etc. Elles constituent quelquefois une affection très sérieuse par elle-même et, de plus, elles mettent les malades dans l'impossibilité absolue de marcher et les condamnent à un repos forcé, pendant des semaines et même des mois, quand elles sont confluentes, ulcéreuses, fissuraires, envahissantes, etc.
La jambe sera étendue dans la position horizontale et condamnée au repos. On recouvrira les parties malades, si elles sont très enflammées, avec des cataplasmes émollienls de farine de lin ou de fécule de pommes de terre, arrosés d'eau boriquée ou d'eau-devie camphrée. On l<;s séparera avec des linges lins ou de l'ouate hydrophile, imbibés de solutions détersives, de vin aromatique, de liqueur de Labarraque coupée d'eau (eau ordinaire , 200 grammes ; liqueur de Labarraque, 50 grammes); on les cautérisera, tous les
^H PLAQUÉS OMBIMCALBS KT AXILLAIHKS.
deux ou trois jours, avec le crayon de nitrate d'argent, etc. Tels sont les moyens qui réussissent le mieux. — Si les plaques sont fongueuses et saignantes, on les réprimera vigoureusement avec des cautérisations répétées au nitrate d'argent. Quand les ulcérations causent de vives douleurs, il faut les saupoudrer, une fois par jour, avec de la poudre d'iodoforme. En même temps, on administrera le traitement hydrargyrique, auquel on associera l'iodure 'I'' potassium, à la dose de deux ou trois grammes par jour, s'il existe une tendance prononcée à l'ulcération.
Aux mains et aux doigts, les plaques muqueuses sont excessivement rares. Cependant les causes d'irritation n'y manquent pas. Mais les surfaces ne restent pas en contact les unes avec les autres, avec une pression plus ou moins forte, comme il arrive aux orteils.
N'est-ce pas la vraie cause de cette espèce d'immunité qu'on ne s'explique pas au premier abord? Qu'on y ajoute aussi les soins de propreté moins imparfaits et plus fréquents qu'aux pieds, même quand ils laissent beaucoup à désirer.
Plaques muqueuses du tronc. — Bien qu'aucun point de la surface cutanée ne soit à l'abri du développement des plaques muqueuses, on n'en observe que très rarement sur le tronc. — Il y a deux points où elles naissent quelquefois spontanément, Yombilic et les aisselles.
A l'ombilic, elles ne sont pas excessivement rares ; elles sécrètent, là comme ailleurs, un liquide infect et développent autour d'elles une inflammation parfois très vive. — Une ou deux cautérisations au nitrate d'argent en font promptement justice. — Lavages avec un liquide détersif et séparation des surfaces malades a ver de l'ouate imbibée de ce liquide.
Aux aisselles, les plaques muqueuses sont assez rares. Mémo traitement que partout ailleurs.
Chez les personnes très obèses, cette lésion se produit quelquefois dans les points où les bourrelets de peau superposés frottent les uns contre les autres. Les pressions continuelles par des ceintures, des bretelles, des courroies, des bandages, provoquent aussi l'apparition de plaques muqueuses qu'on découvrira aisémenl sur les surfaces érythémateuses où elles forment des érosions suintantes et toujours fétides. Leur guérison est la ebose du monde la plus facile quand on peut supprimer leur cause accidentelle.
Môme traitement que sur tous les autres points de la surface