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CONTRE LES GOMMES HYPODERMIQUES

employer des lotions et des injections détersives pour nettoyer l'intérieur de la caverne. On pansera l'ulcère gommeux comme tous les ulcères syphilitiques tertiaires. On traitera les complications de la même manière que celles du chancre infectant.

Je recommande de ne pas arracher le bourbillon, parce qu'on pourrait rompre les vaisseaux de son pédicule et provoquer une hémorragie. Il vaut beaucoup mieux le laisser s'éliminer peu à peu.

III. Toutes les règles précédentes s'appliquent aussi aux infiltrations diffuses de la matière gommeuse dans l'hypoderme, qu'elles proviennent de l'hypoderme lui-même ou qu'elles s'y soient répandues à la suite des syphilodermies papuleuses graves ou des syphilodermies tuberculeuses .

Ces produits gommeux, dans leur prolifération désordonnée et maligne, franchissent parfois, de Lous les côtés, les limites étroites de leur point d'origine et s'infiltrent vers les parties sous-jacentes, en même temps qu'ils s'emparent des téguments. Le tissu cellulaire sert alors d'intermédiaire entre les dermopathies destructives et les syphiloses plus profondes qui attaquent et détruisent les aponévroses, les muscles, les vaisseaux, le périoste, les os, etc- C'est ainsi que se produit le phagédénisme térébrant, dont les effets sont presque toujours désastreux.

Pour combattre ces infiltrations massives si dangereuses, on instituera, dès qu'elles apparaîtront, un traitement intensif avec de fortes doses d'iodure et des frictions mercurielles, tantôt sur un point du corps, tantôt sur l'autre. J'aime mieux qu'on ne les fasse pas sur les parties malades, de peur qu'elles y suscitent, par irritation locale, un de ces mouvements nécrobiotiques foudroyants qui emportent, dans une débâcle irrésistible, tout ce qui est imprégné ou entouré de tissu embryonnaire syphilitique. Cependant, lorsqu'elles sont encore dans un état très dur de crudité, il y aurait avantage à les onctionner doucement avec de l'onguent napolitain. On obtiendrait ainsi une action résolutive locale qui viendrait puissamment en aide à l'action curative plus énergique, produite par l'iodure et par le mercure introduits dans l'organisme à travers les tissus malades.

PHAGÉDÉNISME

Le phagédénisme se produit à tous les âges de la syphilis; mais c'est dans le tertiarisme qu'il trouve son véritable domaine et règne <'ii souverain.

CAUSES, TOPOGRAPHIE, FORMES, DURÉK DU PHAGÉDÉNISMK.

Résumé pathologique. — Cette disposition à ronger et à détruire les tissus, sans cesse, en tous sens, pour un temps illimité et trop sou \ enl eu dépit de nos agents thérapeutiques, cette malignité locale, qui est le propre du pliagédénisme, s'observe dans un grand nombre dafl'ectioïis étrangères aux maladies vénériennes. Il n'est 'loue pas toujours d'origine syphilitique ou cbancrelleux. 11 y a les phagédénismes scrofûleux, cancéreux, épithéliomateux, etc.

Les causes du pliagédénisme syphilitique sont : d'abord une prédisposition originelle ou acquise, souvent masquée par les apparences de La santé la plus florissante, et qui ne se révèle que par ses effets. Puis viennent l'alcoolisme, la vieillesse, les cachexies, l'impaludisme, les dyscrasies, les dépressions morales, et tout ce qui contribue à diminuer la résistance vitale de l'organisme.

Ses modalités sont nombreuses, car le pliagédénisme tertiaire est loin d'être toujours identique à lui-même. 11 existe très souvent un rapport inverse entre son action extensive et son action perforante. — Phagédénisme en surface et par nappes arrondies, pliagédénisme exfoliateur ou épidermo-papillaire , pliagédénisme centrifuge avec cicatrisation centrale, pliagédénisme serpigineux , pliagédénisme térébrant : telles sont ses principales variétés.

Dans l'ordre hiérarchique des régions que le pliagédénisme attaque avec une préférence marquée, il faut placer au premier rang les fosses nasales, lè pharynx, l'isthme du gosier, les joues, les lèvres, le front. Puis viennent les organes génitaux. Sur le tronc, c'est la partie dorsale et, en particulier, la région scapulaire qui y sont le plus exposées. Le pied et les extrémités inférieures en sont plus souvent attaqués que les mains et les extrémités supérieures. Le larynx, la trachée, les bronches, l'œsophage, l'anus, le rectum en sont aussi atteints. Dans ces conduits, les pertes de substance sont suivies d'une cicatrisation qui diminue leur calibre, soude les parties qui doivent rester séparées, gêne la circulation de l'air, des aliments, des matières fécales, et produit partout des atrésies encore plus dangereuses que la destruction des tissus et des organes.

Le pliagédénisme térébrant, le plus grave de tous, commence, en général, par attaquer la peau et les muqueuses. D'autres fois il a son pointde départ dans le tissu conjonctif sous-tégumentaire. Il débute par le ramollissement' d'une gomme envahissante ou d'une suffusion gommeuse, perfore les téguments, s'attaque aux aponévroses, aux muscles, au périoste, aux os qu'il nécrose, et finit par produire d'effroyables délabrements sur Ions les tissus.

Ajoutez aux destructions, aux troubles fonctionnels, aux dangers de toute sorte qui émanent directement de lui, les complications dont il peut être atteint : inflammation, érysipôlc, douleurs, gangrène partielle ou en masse, hémorragies, etc.

Sa durée n'a rien de fixe, sauf cependant celle du pliagédénisme primitif qui est limité et ne persiste pas au delà de deux ou trois mois. Le pliagédénisme qui survient pendant la période virulente est moins chronique que le pliagédénisme vraiment tertiaire et constitutionnel.

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