GRAVITÉ DE LA SYPHILIS DANS LES PAYS OU ELLE N'EST PAS TRAITÉE
peu aujourd'hui ou on l'abandonne à son développement spontané. On ne voit plus se produire ces endo-épidémics locales, comme il y en avait tant autrefois, quand on connaissait moins bien la maladie et qu'on ne prenait pas les mesures prophylactiques auxquelles on a recours si efficacement de nos jours, soit pour empêcher réclusion du mal, soit pour arrêter son développement.
Si on rencontre encore des milieux où la syphilis prend tout à coup des proportions extraordinaires, on en voit d'autres où elle s'acclimate et reste toujours modérée et bénigne, sans l'intervention des spécifiques. Livingslone raconte que, chez certaines peuplades sauvages de l'Afrique, la maladie guérit d'elle-même et n'aboutit jamais aux graves conséquences qui la rendent si redoutable. Il est probable que si l'illustre explorateur avait vu autour de lui un grand nombre d'individus ravagés par la syphilis tertiaire phagédénique ou viscérale, il n'aurait pas porté cette appréciation optimiste.
Quels que soient les races et les milieux, il est bien établi que la syphilis traitée par nos deux spécifiques et réprimée dans sa propagation par les mesures prophylactiques dont nous pouvons disposer est devenue un fléau dont la gravité, tout en restant très grande, n'est plus comparable à ce qu'elle était dans le passé. Il me semble même que les progrès dans son atténuation deviennent sensibles d'années en années. Nul doute qu'il n'en soit ainsi à Paris et en France depuis un quart de siècle. Ne le devons-nous pas, en grande partie, au traitement? Inclinons-nous devant ce grand résultat, si rassurant pour l'avenir, et agissons en conséquence, sans nous préoccuper, autrement qu'au point de vue scientifique,
de la Russie, les formes tertiaires sont plus fréquentes que dans l'ouest de l'Europe. Les endémies de Radesyze, de Sherlievo, de Sibbens, etc., ne sont que des accumulations considérables de cas de syphilis tertiaire dans les régions où la maladie est absolument non traitée. Il en est de même en Chine, où l'on rencontre un gros contingent, inconnu aux médecins européens, des formes les plus graves de la syphilis. » Contribution à l'étude de lu thérap. de la syphilis, 1886.
M.Juhano Moreira (Etiolorjia du syphilis malin na précoce. Th. doct., Bahia, 1801) signale le défaut de traitement parmi les dilférenles causes qui influent sur la gravité de la syphilis. D'après lui, ce n'est pas le milieu géologique qui est à redouter, c'est le milieu ethnographique. L'influence du climat serait nulle : ce sont les conditions d'adaptation de l'individu au pays qu'il habite qui font le danger, etc.
Mais ce que je retiens dans cet intéressant travail, c'est le fait suivant : la syphilis est très commune à Valparaiso; le traitement mercuriel y est refusé, et il en résulte que les cas de syphilis mortelle s'élèvent à 6 pour 100.