RÉSUMÉ PATHOLOGIQUE
après 40 ans. Comme fréquence (les affections cérébro-spinales syphilitiques mises h part), La syphilose osseuse occupe Le 2e rang dans le tertiarisme. Elle vient après les déterminations sur Le derme et sur l'hypoderme. Elle est de 28% dans L'ensemble des affections tertiaires.
Il me semble que, depuis 15 ans, elle a singulièrement diminué. J'en observe aujourd'hui beaucoup moins que de 1870 à 1876.
Résumé pathologique. — Les affections des os et du périoste qui les recouvre donnent lieu à des tumeurs diffuses ou circonscrites qui sont très variables comme étendue, forme, consistance, processus, etc. Celles qui n'occupent que le périoste appartiennent à la période secondaire et sont ordinairement résolutives. La peau qui les recouvre conserve d'abord sa coloration; mais, lorsque le processus est violent, elle s'enflamme et finit quelquefois par s'ulcérer. Le fait se produit très rarement. L'os sous-jacent est plus ou moins touché dans les périostoses et contribue à la formation de la tumeur dans une proportion qui devient d'autant plus grande que la syphilis est plus âgée. Les périexostoses finissent par se changer en exostoses. Il y a aussi des exostoses d'emblée, des tuméfactions diffuses des os, des exostoses parenchymateuses, des ostéomyélites, etc. Dans les ostéopathies tertiaires graves, il se forme des nécroses. Elles donnent lieu à des foyers de suppuration qui ne se guérissent qu'après l'élimination des séquestres. Ces séquestres sont superficiels ou profonds, circonscrits ou très étendus. Il y a des fistules, des clapiers qui font communiquer les ostéopathies avec la surface extérieure. La suppuration y est beaucoup moins abondante que dans les ostéopathies d'origine tuberculeuse. (Pour toutes ces questions très complexes, je renvoie à mon livre sur la Si/p/u'lis tertiaire, pp. 342-403.)
Parmi les symptômes des périostéosyphiloses, il en est un d*une notoriété si ancienne et si répandue, que peu de personnes ignorent sa provenance et se méprennent sur sa signification : qui ne devine qu'il s'agit des fameuses douleurs osléocopes? Superficielles, un peu erratiques et névralgiformes dans la syphilose osseuse précoce, elles deviennent, dans la syphilose tardive, profondes, tenaces et fixes. On les a comparées aux sensations cruelles que produiraient dans les os l'introduction d'une vrille, le déchirement avec des tenailles, les chocs répétés d'un marteau, la conslriction d'un étau, etc. Elles ont pour caractère essentiel d'être nocturnes. C'est la chaleur du lit qui les exaspère jusqu'à l'acuité la plus insoutenable. Leur principal foyer se trouve dans la portion des os qui est atteinte. Quelquefois l'exploration la plus attentive n'y fait rien découvrir d'anormal. 11 n'y a ni gonflement, ni tumeur circoncrile, ni môme sensibilité à la pression, et pourtant l'os est le siège d'horribles douleurs. C'est qu'il s'agit dans ces cas d'altérations profondes de ses couches internes et de sa moelle : ostéomyélite interne, gomme intraosseuse, sclérose avec rétrécissement du canal médullaire.