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PRÉCOCITÉ DES DÉTERMINATIONS DE LA SYPHILIS SUR LE CERVEAU

n'est parvenu à découvrir aucune lésion dans l'encéphale de sujets qui étaient morts d'une maladie cérébrale qu'on ne pouvait attribuer qu'à la syphilis.

La syphilis a été cruelle pour les cerveaux de notre génération. Le nombre des cérébropathies dont elle est l'unique cause surpasse peut-être celui des cérébropathies tuberculeuses, du moins chez l'adulte, et, assurément, celui des cérébropathies cancéreuses.

La précocité des cérébrosyphiloses est un fait incontestable que j'ai mis en lumière dès 1874. Les travaux ultérieurs d'autres pathologïstes n'ont fait que confirmer les conclusions suivantes qui résument mon expérience personnelle : 1° les syphilis jeunes sont plus fécondes en cérébrosyphiloses que les syphilis d'un âge moyen et que les syphilis vieilles ; 2° le maximum de fréquence des cérébrosyphiloses paraît contenu entre la deuxième et la sixième année, à partir de l'accident primitif; 3° parmi les syphiloses tertiaires et viscérales, aucune ne l'emporte comme précocité sur les syphiloses cérébrales ; 4° leur physionomie générale, leur processus, leurs lésions, leur gravité sont les mêmes, quelle que soit leur date dans l'évolution.

La syphilis est donc un vrai poison du système nerveux. Elle est presque toujours seule responsable des méfaits qu'elle y produit. Mais, dans son œuvre néfaste, elle est aidée par des prédispositions et des causes occasionnelles. Toutes les tares héréditaires se concentrant sur le cerveau, la moelle épinière, les nerfs et constituant les tempéraments névropathiques à tous les degrés, occupent une large place dans l'étiologïe. Il en est ainsi, mais à un moindre degré, du surmenage cérébral, de tensions excessives de l'esprit, des veilles prolongées, des excès de toutes sorte, surtout des excès vénériens \

Les lésions anatomiques si multiples et si variées qui produisent

\. Il fallait bien s'attendre à ce que le mercure fût rendu responsable des déterminations de la syphilis sur le cerveau. Cependant, à une époque où on usait du mercure tout autant qu'aujourd'hui, et où la règle était même d'en abuser, les cérébrosyphiloses n'étaient pas plus communes que maintenant. Du reste, le mercure ne peut pas, tout à la fois, les produire et les guérir. Or il est incontestable qu'il est contre elles d'une efficacité très grande, sinon souveraine, et que, dans tous les cas, on lui fait une large place à côté de la médication locluree. Le préiuaé contre le mercure n'est-il pas la conséquence de la doctrine lausse ou balancement entre les manifestations externes et les manifestations viscérales de la svnhilis? Il y en a qui croient encore que, dans la syphilis comme dans 1rs fièvres éruptives, si on empêche le virus d'accomplir son œuvre an dehors, il txe manquera pas de prendre sa revanche à l'intérieur. J ai lan jusiiee ae ces idées erronées. Il est aussi taux que suranné el ridicule de dire qu ou nedoit pas enfermer le loup dans la bergerie.

EXPOSÉ SOMMAIRE DBS LÉSIONS QUE LA SYPHILIS i'AIT NAITRE

les enoéphalopathies syphilitiques ne l'ournissenl point chacune d'indications particulières pour Le traitement. Il en esl même ainsi, non plus de chacune d'elles prise isolément, mais de leurs groupes et de leurs localisations '.

1. Résumé anatomo-pathologique. — Néanmoins, il est utile que le praticien les connaisse pour se guider clans le dédale des déterminations de la syphilis sur le cerveau. Il importe qu'il soit mis en mesure de choisir parmi* elles, pour juger l'ensemble de la maladie, celles dont l'existence présente la plus grande somme de probabilités et fournit par conséquent les principales indications, thérapeutiques ou autres.

l°r Groupe. Syphilomes ostéo-méningitiques. — Ils appartiennent surtout aux ostéopathies du crâne. La cérébropalhie n'est alors qu'indirecte. Ils étaient plus communs autrefois qu'aujourd'hui. Formation fréquente, en pareil cas, de poches purulentes ostéo-pachyméningiliques.

Syphilomes de la dure-mère. — Tantôt gonimeux, tantôt scléreux, le plus souvent scléro-gommeux, ils englobent quelquefois les os du crâne dans leur processus et nécessitent la trépanation, lorsqu'il y a compression du cerveau, des nerfs, des vaisseaux. Ils s'étendent fréquemment à la pie-mère, à la couche corticale, pour constituer les pachyméningites spécifiques.

2° Groupe. Syphilomes méningitiques ou pachyméningites. Méningo-encéplialopathies. — Ces lésions se développent dans l'arachnoïde et la pie-mère, surtout dans cette dernière. Les deux membranes molles du cerveau sont presque toujours prises simultanément, et les couches les plus superficielles de l'écorce cérébrale ne manquent jamais, tôt ou tard, d'être impliquées dans le processus. Toutefois le véritable foyer des plaques scléro-gommeuses méningitiques est toujours la pie-mère. La dure-mère est prise quelquefois. Ce sont alors de véritables méningo-encéphalopathies partielles. Il y a dans ces plaques fibreuses une quantité plus ou moins grande de matière gommeuse.

On rencontre aussi des gommes isolées et à l'état de pureté dans la pie-mère: miliaires, de moyen volume ou très volumineuses. Elles attaquent parfois simultanément les enveloppes, les os et le cerveau. Difficulté de préciser le point de départ de la lésion. Les gommes de la pie-mère entraînent toujours une encéphalopathie consécutive de l'écorce, produite parles troubles de la circulation dans le district correspondant des circonvolutions, etc.

3" Groupe. Syphilomes du cerveau. — La syphilis attaque, plus souvent d'une façon indirecte que directement, le parenchyme du cerveau. L'ischémie produite dans sa substance corticale par les pachyméningites, l'amoindrissement dans l'apport sanguin vers ses parties profondes, résultant de l'artériosclérose cérébrale si commune, surtout à gauche : telles sont les deux grandes causes de dénutrition, isolées ou réunies, qui ont pour conséquence le ramollissement et P hémorragie, le premier principalement. Ces deux lésions n'ont en elles-mêmes rien de spécifique. Elles ne sont syphilitiques que par leurs causes locales.

Mais il y a des lésions cérébrales qui émanent immédiatement de la syphilis ; ce sont : A. Les lésions seléreuses : Encéphalite hyperplasique ou sclérose syphilitique du cerveau, siégeant dans la trame cellulaire de l'organe, dans sa névroglie : toujours partielle, circonscrite, multiple ou unique, irrégulièrement distribuée, en noyaux ou en plaques étalées, exclusivement fibreuses ou entremêlées de matière gommeuse. — B. Les gommes du cerveau : Beaucoup plus rares que celles des méninges. Volume variant de celui d'un pois à celui d'un œuf. Plus ou moins nombreuses ou uniques; en général, leur volume est en raison inverse de leur nombre. Dans les trois quarts des cas, elles sont corticales ou périphériques. Très fréquentes à la base du cerveau et, en particulier, dans les parties moyennes de cette base, aux environs du corps pituitaire. Fréquentes aussi dans la partie antérieure et supérieure de l'écorce. Ces deux foyers de localisation expliquent, d'une part, la fréquence des parésies nu paralysies des muscles moteurs de l'œil, la compression du nerf optique, du trifacial, etc.; d'autre

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