QUI FOURNISSENT LES PRINCIPALES INDICATIONS
primitivement dépressive, ce sont les cérébrosyphiloses à paralysies partielles, à hémiplégie de tout un côté, complète ou incomplète, à hémiplégie alterne, avec ou sans aphasie, etc. L'excitation n'est qu'un état transitoire. Elle guérit ou elle aboutit à la dépression qui la remplace complètement ou se combine avec elle, etc. L'obtusion, l'affaiblissement intellectuels sont beaucoup plus communs que les délires systématisés.
Le traitement spécifique semble avoir beaucoup plus de prise, du moins au début, sur les formes convulsives et épileptiformes des cérébrosyphiloses, que sur leurs formes paralytiques. Ce fait, que j'ai constaté maintes fois, tient sans doute à ce que l'excitation se rattache plus directement au syphilome lui-même que la paralysie. Celle-ci dépend en général des lésions consécutives au syphilome, qui échappent souvent à l'action du mercure et de l'iodure.
La tendance des cérébrosyphiloses est désorganisatrice, et cela à toutes les périodes de la maladie constitutionnelle, aussi bien dans ses premiers mois qu'au bout de vingt, trente ou quarante ans. — Non seulement elles ne se résolvent pas, mais encore elles semblent avoir une propension marquée à s'étaler, à embrasser un champ plus vaste du cerveau et à envahir autant qu'à se perpétuer.
Les récidives et les recrudescencessont trèsàcraindre dans les cérébrosyphiloses. Comme elles sont constituées le plus souvent par le retour des mêmes phénomènes morbides, les indications ne diffèrent pas de celles que fournissent les premières attaques. Toutefois le traitement doit être plus intensif, parce que, d'ordinaire, les récidives ou les recrudescences accentuent, aggravent le mode primordial de la maladie et endommagent un champ plus vaste du fonctionnement cérébral.
De plus, il arrive trop souvent que les cérébrosyphiloses sortent de leur formule initiale d'une façon inattendue, comme par le coma, ou bien de leur processus habituel par Vacuité inflammatoire et par une poussée nouvelle. Il en résulte des indications très importantes pour le traitement. Elles sont fournies par les crises de méningo-encéphalite avec fièvre, par les attaques brusques et violentes de coma. Élévation de la température, céphalalgies violentes, agitation, délire, mouvements convulsifs, vomissements, constipation, alternatives de prostration et de surexcitation générale, parésies, paralysies partielles, hyperesthésies, insomnies, assoupissement et coma, etc. : voilà les principaux symptômes observés en pareille occurrence, et qui sont, à des degrés divers, la source des indications les plus urgentes.
Traitement. — I. 11 est une question que nous devons tout d'abord nous poser ici, comme pour toutes les déterminations de la syphilis^ viscérales ou autres. Cette question concerne la spontanéité curative de l'organisme dans les affections syphilitiques de L'encéphale. Existe-t-elle ? Non, ou du moins à un si faible degré qu'il n'y faul pas compter. Et, chose remarquable, elle fait aussi bien défaut dans les cérébrosyphiloses précoces que dans celles des périodes les plus avancées de l'infection. Il ne Paul pas plus compter sur elle
FAUSSKS INDICATIONS FOURNIES PAR LES NEURASTHÉNIES
dans La période secondaire que dans la période tertiaire. Toutes les déterminations de la syphilis sur le cerveau ou la moelle épinîère sont égales au point de vue des indications et du traitement, comme du reste à tous les autres, quelle que soit l'époque de la maladie constitutionnelle où elles se produisent.
Donc, une règle absolue, c'est la nécessité d'intervenir chaque fois que, chez un syphilitique, se montrent des troubles, même vagues, du côté des centres nerveux, des symptômes prodromiques ou bien des cérébrosyphiloses neurasthéniques, sans foyer bien circonscrit.
Toutefois, avant d'instituer le traitement, il importe de rechercher avec soin si ces troubles nerveux, qu'on est tenté, au premier abord, d'attribuer à l'infection syphilitique des centres, ne dépendent pas d'une action réflexe de l'estomac sur le cerveau. L'irradiation perturbatrice des maladies de cet organe peut embrasser une grande étendue du fonctionnement cérébral et lui imprimer des déviations profondes et durables qui simulent beaucoup d'affections idiopathiques. Or, s'il en était ainsi chez un syphilitique, qu'on soupçonnerait à tort d'être atteint d'une cérébrosyphilose, le traitement spécifique ne manquerait pas d'aggraver la situation , bien loin de l'améliorer Néanmoins, dans le doute, on n'hésitera pas à administrer les spécifiques.
i. Etats morbides cérébro-spinaux qui peuvent faire croire a une
DÉTERMINATION DE LA SYPHILIS SUR LES CENTRES NERVEUX, ET, EN PARTICULIER,
sur le cerveau. — Il faut s'être trouvé, comme cela m'est arrivé bien souvent, en face de certaines diflicultés de diagnostic chez les syphilitiques, pour comprendre l'embarras pénible dans lequel elles nous mettent. On voit, en ell'et, des malades, infectés depuis plus ou moins longtemps, devenir tout à coup, névropathes, sans aucune cause apparente autre que la syphilis, et présenter des syndromes variés de troubles cérébraux ou cérébro-spinaux qui simulent, à s'y méprendre, les syphiloses du névraxe dans leur période d'invasion.
Deux états morbides, plus ou moins étrangers à la maladie diathésique, produisent ces symptômes décevants, et nous jettent dans une incertitude pleine de perplexité au sujet des indications thérapeutiques. Ce sont les neurasthénies et les nevropathies cèrébro-gasMques. Toutes les deux résultent d'une action directe ou réllexe sur le cerveau à laquelle on n'a point trouvé encore d'intermédiaire matériel. L'organe reste intact. Il n'est menacé par aucune lésion syphilitique ou autre; et pourtant il soull're, comme s'il allait être ou s'il était déjà menacé dans son intégrité.
I. Je me suis déjà expliqué au sujet des prétendues neurasthénies syphilitiques. La syphilis n'en est que le prétexte ; elle ne leur imprime aucune spécificité de forme ou de processus. Chez de pareils sujets, une maladie des organes génilo-urinaires, une blennorragie, un suintement urélhral, une affection quelconque auraient probablement donné lieu aux mêmes symptômes. C'est un incident névropathirjue occasionnel, vague, mobile, protéii'orme, qui est si indépendant de l'infection, que le mercure et l'iodure, loin de l'allénuer et de le guérir, ne font que l'aggraver et le perpétuer indéfiniment.
Que la syphilis soit faite à souhait pour provoquer des phénomènes neura-