PSEUDO-PARALYSIE GÉNÉRALE SYPHILITIQUE
En revanche, les troubles moteurs, qui ne manquent jamais, y sont beaucoup plus paralytiques1, etc., etc.
Une paralysie oculaire, une monoplégie, une hémiplégie faciale, une hémiplégie de tout un côté, une paralysie de la troisième paire, etc., sont communes ou imminentes pendant toute la durée de l'affection et dès sa période initiale. Ce fait a une haute signification au point de vue du diagnostic.
Quoi qu'il en soit, il est consolant de savoir que, contrairement à la vraie paralysie générale qui est absolument incurable, la pseudo-paralysie syphilitique peut être guérie. Je ne dis pas que cela ait lieu dans tous les cas; malheureusement il s'en faut de beaucoup. Mais ce qu'on est en droit d'espérer, et ce qu'on obtient presque toujours, c'est une grande amélioration. Il y a des cas où le mercure et l'iodure ont réellement ressuscité des malades. Grâce à eux, la cachexie, les désordres psychiques ou moteurs, les convulsions, les ictus apoplectiformes ont été réprimés dans ce qu'ils avaient de plus dangereux. Sans doute il est rare que des malades sortent parfaitement indemnes d'une aussi grave détermination. Il leur en reste, clans la grande majorité des cas, des infirmités incurables ; ils sont menacés par des retours offensifs. Mais enfin ils vivent; leur existence peut même se prolonger très longtemps et leurs jours ne sont pas comptés comme ceux des paralytiques
i. Paralysie générale chez les syphilitiques. — Pour toutes les questions qui concernent les pseudo-paralysies générales et les pseudo-psychoses syphilitiques, je renvoie le lecteur à mon ouvrage sur la Syphilis tertiaire (pp. 966-81), où elles ont été longuement exposées, étudiées et discutées. Qu'il me suffise de dire ici que la paralysie générale vraie, dans toute sa pureté de névropathie très particulière et très précise, depuis son début jusqu'à sa terminaison et sans que rien soit modifié dans ses allures ordinaires, compte un grand nombre de syphilitiques parmi ceux qu'elle frappe. Mais la .syphilis ne lui donne rien d'elle-même; elle ne lui imprime aucun stigmate; elle ne lui fournit pas une seule parcelle des lésions que son virus fait naître habituellement dans les tissus qui en sont imprégnés. Elle semble n'agir que virtuellement et comme par suggestion. Entre la diathèse et la névropathie, il n'y a d'autre lien que celui qu'établit la supputation éliologique, c'est-à-dire le nombre des paralytiques généraux qui ont eu autrefois la syphilis.
De quelque façon que s'y prenne le virus syphilitique pour attaquer matériellement le cerveau, il n'arrive à produire que des pseudo-paralysies générales où il manque toujours quelque chose de la coordination phénoménale, de la systématisation de tels ou tels accidents, dont la prédominance marque d'une empreinte ineffaçable la folie et la paralysie générale vraies.
La pseudo-paralysie générale est 40 ou oOfois plus rare que beaucoup d autres cérébrosyphiloses, que le syndrome aphasie et hémiplégie j****®». ^ exemf* tout chi
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J'en ai dit assez sur ce sujet, d'autant plus que le traitement spécifique na aucune action dans la paralysie générale vraie survenue chez les syphilitiques. Même incurabilité chez ceux qu'elle atteint, qu'ils aient ete ou qu ils n aient pas été spécifiquement infectés.
TRAITEMENT DES CÉRÉBROSYPHILOSBS
généraux. Le pronoslic est donc 1res différent dans les deux cas.
Formes rares des cérébrosyphiloses. — Il y en a deux principales : Tune est constituée presque exclusivement par des phénomènes d'excitation, et l'autre par des phénomènes de dépression. Elles occupent donc les pôles extrêmes de l'expression symptomatique propre aux encéphalopathies spécifiques.
La première est la forme méningitique. Isolément et dégagée de toute association symptomatique, la méningite syphilitique est très rare. Céphalalgie violente et continue, vertiges, cauchemars, hyperesthésie, troubles psychiques, fièvre, délire aigu ou subaigu. J'ai observé un fait présentant tous ces symptômes. Le traitement sera ioduro-mercuriel. Dans les cas graves, on fera appliquer un large vésicatoire sur la tête préalablement rasée, et on le pansera avec une pommade composée, à parties égales, de vaseline et d'onguent napolitain.
La seconde est la forme comateuse. Plus rare encore que la précédente. Peu ou pas de prodromes. Tout à coup, accès sidérant de coma absolu et stertoreux. Même quand il y a des prodromes, rien en eux ne peut faire pressentir une pareille attaque si violente et si soudaine. C'est à une phase jeune delà syphilis que la forme comateuse se produit. Mort dans 2 cas sur 9. Comme lésions : gommes, infiltration gommeuse, ramollissement, etc. Diagnostic impossible en l'absence d'antécédents et de coïncidences spécifiques. On y arrive par élimination. Quand le sujet est jeune, qu'il n'est ni albuminurique, ni diabétique, ni paludéen, ni alcoolique, ni saturnin, on songera à la syphilis, à plus forte raison s'il y a déjà de la diplopie, de l'aphasie, des épilepsies et paralysies partielles.
Un traitement ioduro-mercuriel des plus intensifs est de rigueur. Il a plusieurs fois sauvé les malades1.
Cérébrosyphiloses sans symptômes en foyer. — Elles occupent une place très importante dans la syphilose encéphalique où règne si souvent l'absence de toute systématisation phénoménale précise etdurable. Céphalées, vertiges, insomnies, troubles psychiques graves, crises ébauchées de tremblements, de parésie diffuse, inégalité pupillaire non paralytique ou bien parésie d'une des pupilles, etc. Ce dernier symptôme est commun. — En somme, ce sont là des signes de neurasthénie
1. Je me bornerai à signaler la syphilis de la protubérance, du bulbe et du cervelet. Celles de la protubérance et surtout du bulbe sont toujours très graves et très compliquées. Les syphilomes de la base dans sa région postérieure, les altérations spécifiques du tronc basilaire et de ses branches, les gommes, les infiltrations intralmlbaires et protubérantielles, sont susceptibles de compromettre le fonctionnement de beaucoup de nerfs : pneumo-gastrique, hypoglosse, facial, etc. Paralysie de la langue, accès violents de dyspnée, troubles de la parole, de la mastication, de la déglutition, etc., tels sont les principaux accidents qui en résultent. Dans les syphilomes prolubérantiels ou périprotubéranliels, les paralysies dites alternes sont fréquentes.
Les localisations de la syphilose encéphalique dans le cervelet sont encore plus rares que les précédentes. Défaut de stabilité dans les membres inférieurs, vertiges, vomissements, strabisme, impulsion à droite ou à gauche, rétropulsion, etc., voilà les symptômes. Quant aux lésions, ce sont des gommes qu'on a trouvées dans le cervelet. Dans 2 cas dus à M. Bernheim, le traitement spécifique enraya et guérit la syphilose cérébelleuse.
MÉNINGITIQUES ET COMATEUSES. 629
cérébrale. Quand ils surviennent chez un syphilitique, le traitement spécifique doit être institué et poussé vigoureusement. Il donne souvent des résultats très favorables. Mais il échoue aussi quelquefois complètement et nous n'avons qua nous en applaudir, car c'est une preuve à peu près certaine que le cerveau n'est pas attaqué matériellement par le virus et que la neurasthénie n'a pour toute spécificité que d'être survenue chez un syphilitique, comme elle aurait pu le faire chez tout autre individu non infecté.