PRINCIPALES VARIÉTÉS ET RÉSUMÉ PATHOLOGIQUE
pathos, les rhumatisants, les goutteux, etc. Les femmes sont bien moins atteintes que les hommes par cette viscéropathie. Les fatigues corporelles, les marches forcées, les excès vénériens, les intoxications chroniques, l'acoolisme en particulier, l'épuisement nerveux, quelle qu'en soit la cause : tels sont les principaux facteurs écologiques de ces graves affections médullaires.
I. Nomenclature des myélosyphiloses. — 1° Myélosypkiloses consécutives aux affections syphilitiques du rachis. Elles sont indirectes et beaucoup plus rares que les myélosyphiloses directes, dans lesquelles la moelle et ses membranes sont attaquées d'emblée. Elles donnent quelquefois lieu au mal de Pott syphilitique.
2° Méningopathies rachidiennes syphilitiques : elles comprennent les gommes des méninges et leur sclérose.
3° Lésions de la moelle elle-même : très circonscrites ou diffuses, aiguës ou subaiguës. À. Gommes médullaires, centrales ou périphériques. — B. Ramollissement de la moelle épinière ; il se combine très fréquemment avec la dégénérescence sclérosique de l'organe. — Ramollissement sur une grande étendue et diffus; ramollissement en foyers. — C. Myélopathies scléreuses. Elles ne sont souvent qu'une phase du ramollissement. Sclérose latérale (très rare). Atrophie musculaire progressive (très rare également).
4° Tabès syphilitique : il n'y a rien en lui de spécifique, ni comme lésion ni comme symptômes. C'est la sclérose des cordons postérieurs en tout ce que ses lésions et sa systématisation ont de plus absolu.
II. Résumé pathologique. — Deux ordres de myélosyphiloses : celles qui sont paraplégiques et sans ataxie ; celles qui sont tabétiques.
I. Myélosyphiloses paraplégiques et sans ataxie. — Elles comprennent:
A. La comjiression de la moelle épinière. Ses phénomènes se produisent ordinairement avec lenteur, quelquefois d'une façon foudroyante, par exemple, dans les luxations subites, consécutives aux arthropathies atloïdo-axoïdiennes ou autres.
B. Méningites spinales syphilitiques. — Très rares avec le mode aigu et généralisé.
C. Myélosypkiloses aiguës et subaiguës. — Il résulte de mon observation personnelle qu'elles appartiennent plutôt à la phase secondaire qu'à la phase tertiaire. Début brusque et presque foudroyant, caractérisé par une faiblesse subite des extrémités inférieures et par des troubles de la vessie. — Hypcreslhésie, anesthésie, douleurs dorso-lombaircs, douleurs constrictives en ceinture, paraplégie à marche rapide. — Rétention et incontinence d'urine et de matières fécales. — Eschares au sacrum, etc. — Réflexes toujours exagérés. — Phénomènes variables suivant le siège : Myélosyphilose dorso-lombaire : c'est la plus commune. — Myélosyphilose cervico-lombaire, avec troubles cardio-pulmonaires, gastriques, oculo-pupillaires, etc.
Les myélosyphiloses aiguës et snbaiguës présentent une spécificité d'autant, moins contestable, qu'elles surviennent a une époque rappro-
DES DÉTERMINATIONS DE LA SYPHILIS SUR LA MOELLE ÉPINIÈRE. 63 d
chée de l'accident primitif et coïncident avec d'autres lésions syphilitiques. Ce sont les plus dangereuses de toutes les formes de déterminations syphilitiques sur la moelle. Il est rare, en effet, que leurs symptômes s'amendent sous l'influence du traitement spécifique. Une légère amélioration a-t-elle lieu? Presque toujours elle est de courte durée et les symptômes reparaissent avec la même intensité. La mort est la terminaison la plus ordinaire. La guérison complète peut-elle se produire? C'est fort douteux. Quand les malades ont la chance de survivre, ils ne recouvrent jamais intégralement l'usage de leurs membres.
On a décrit, comme une variété de ces myélosyphiloses, la paralysie ascendante aiguë1.
D. Myélosyphiloses chroniques, diffuses et circonscrites. — La ligne de démarcation entre l'acuité et la subacuité est difficile à établir. Dans les formes chroniques, le syndrome reste en général incomplet comme nombre, avec des phénomènes très accentués et d'autres qui manquent ou ne sont qu'ébauchés. — Le signe le plus certain de l'acuité, c'est le nombre des symptômes et l'apparition, à une époque peu éloignée du début, de troubles trophiques, c'est-à-dire de larges eschares que fait naître la désorganisation de la substance grise. Rachialgie, troubles génito-urinaires, affaiblissement du sens génital, dysurie subite ou progressive, constriction en ceinture, sensations irradiantes singulières et diminution de la force musculaire dans les extrémités inférieures, paraplégie, exagération des réflexes, troubles trophiques rares, tels sont les principaux symptômes des myélosyphiloses chroniques. Ils n'ont rien de caractéristique. Mais, du moment que le sujet est atteint de
1. MM. Dejerine et Goetz en ont publié un fait dans les Archives, de physiologie. La mort survint le quatrième jour. Le malade n'avait présenté aucun trouble de la sensibilité. On ne trouva aucune lésion de la moelle. — Dans un autre cas, rapporté par M. Berger, la guérison eut lieu. J'ai obtenu quelques cas de guérison ; en voici le résumé : Un malade, âgé de vingt-sept ans, fut pris, au dix-septième mois d une syphilis, de troubles dans les mouvements des extrémités inférieures, beaucoup plus prononcés à droite qu'à gauche. Il en résulta, pour la marche, une grande difficulté qui était causée tout à la l'ois par l'inégalité de la parésie dans les deux jambes, par des altérations de la sensibilité cutanée et par une certaine incoordination des mouvements. Un peu d'incontinence d'urine. Rien du côte des yeux ni du cerveau. Traitement intensif avec l'iodure et les frictions mercurielles. Au bout de trois ou quatre jours, la, marche, qui était déséquilibrée et presque impossible, devint beaucoup plus régulière et plus stable. Disparition progressive des troubles moteurs et sensitifs. Guérison au bout de quelques semaines.
Autre cas de guérison que j'ai obtenue. Je n'en donne que le sommaire . Myopathie précoce, sans aucun trouble cérébral, survenue, par la seule influt m > de la syphilis, chez un homme de quarante-sept nus, vingt mots apn 's «e crton. u
infectant. Uuideur désordonné,- plutôt que paralysie des extrémités l u n , uns donnant lieu à une fausse ataxic. Exagération des réflexes. ^""JJSmS progressif. Amélioration rapide par Viodure et les frwlwns nure> melles. Oufrnon nu Lut le trois nous ,le traitement, et huit mois après le début de cett< myélosy
philosc. ■ - iti+Awwftftnts — Malheureusement, j'en ai eu
J en ai rapporte 7 ou 8 cas très nleiessaïus. , cm->rjfin„e le nlus
plusieurs où la morl n'a pu être prévenue par le tri ment speemque le pius
intensif.
INUTILITÉ DU TRAITEMENT Sl'ÉCIFKjUE DANS LE TABES.
syphilis, il faut le considérer comme tributaire de cette maladie et agir en conséquence.
II. Tabès syphilitique. — Rien, absolument rien, sauf l'éliologie fondée sur les nombres, ne rappelle qu'on est encore sur le domaine de la syphilis. Le tabès, qu'on l'ait dépendre de cette maladie, est identique à celui qu'on rencontre chez tant de sujets exempts de toute teinte spécifique. Ici, plus que dans n'importe quelle détermination, parmi les plus rél'raclaires au traitement ioduro-mercuriel, nous sommes sans défense thérapeutique. L'affection suit imperturbablement son processus. Rien ne la ralentit ni ne l'arrête. Aucun phénomène préataxique, périataxique ou ataxique ne diffère chez les syphilitiques de ce qu'il est chez les sujets non infectés. L'iodure et le mercure, qui luttent souvent avec tant de succès contre tout ce que le syphilisme tient sous sa dépendance, n'ont aucune prise sur lui.
Traitement. — I. Plus encore que dans les cérébrosyphiloses, les spécifiques nous réservent beaucoup de déceptions lorsqu'il s'agit de myélopathies spécifiques. On a môme accusé le mercure de les produire en exerçant une action nocive sur les réseaux vasculaires de la moelle et de ses méninges. C'est bien, en effet, dans les radicules des veines et'des artères que semblent commencer les lésions. Mais pourquoi en accuser le mercure plutôt que la syphilis dont le virus est, plus incontestablement encore que le mercure, un poison pour les petits vaisseaux? Il est rare qu'on ne puisse pas faire dire les choses les plus opposées aux statistiques. Aussi ne faut-il pas s'en remettre toujours aux résultats qu'elles donnent. Tandis que quelques statisticiens accusaient le mercure d'être tabétogène, d'autres faisaient entrer l'insuffisance de son administration parmi les causes des myélopathies spécifiques. Sans doute, on trouve dans beaucoup d'entre elles que la syphilis dont elles émanent n'a peut être pas été convenablement traitée pendant ses premières phases. Mais que faut-il entendre par convenablement traitée? C'est encore là un point sur lequel il est malaisé de s'accorder. Ce qui n'est que trop certain, c'est qu'on voit survenir des myélosyphiloses, comme des cérébrosyphiloses, chez des sujets qui ont suivi autrefois les règles les plus sérieuses et les plus strictes du traitement. Bien plus, ceux qui le suivent encore, qui sont sous son influence de chaque jour, ne subissent pas moins quelquefois la fatalité, inéluctable pour eux. de la détermination. J'ai été souvent témoin de pareils faits.
Qu'on n'aille pas conclure de ces cas exceptionnels que la médication ioduro-mercurielle est impuissante, ou qu'elle ne donne que des améliorations incomplètes ei transitoires. Elle compte trop de succès pour qu'on la néglige ou qu'on la dédaigne