SON EFFICACITÉ DANS LUS MYÉLOSYI'HILOSES VRAIES
C'est un devoir impérieux pour nous d'y recourir dans tous les cas, lors même que nous n'aurions pas la certitude absolue que l'affection est exclusivement syphilitique. Les deux conditions les plus, essentielles pour réussir, c'est que l'infection entre pourtant dans la maladie comme cause intime, comme lésion, et que, de plus, les lésions ne soient pas arrivées à un état de désorganisation médullaire irrémédiable. Quand le processus, dans les myélopathies purement syphilitiques, en est arrivé au ramollissement par ischémie ou par compression, le traitement le plus intensif n'a plus aucune influence sur la lésion dégénérative. Toutefois, il se pourrait qu'il fût susceptible de prévenir de nouveaux désordres en s'opposant à l'extension du processus artérioso-veineux ou du processus méningitique. Aussi ne faut-il pas se décourager trop tôt.
La condition la plus favorable et la plus nécessaire pour obtenir une cure prompte, sérieuse et durable, c'est là, comme ailleurs, d'instituer le traitement ioduro-mercuriel dès le début du mal. Pendant la première période, en effet, le tissu nerveux est encore intact dans ses éléments actifs. S'il souffre et s'il le manifeste par des troubles fonctionnels, c'est que sa circulation et sa nutrition commencent à ne plus s'effectuer normalement, à cause des lésions qui s'élaborent dans les méninges et dans les vaisseaux. A l'époque où les processus inflammatoires méningitiques et artérioso-veineux commencent sur un mode modéré et lent qui ne brusque rien et, à plus forte raison, qui ne foudroie pas, l'hydrargyre et l'iodure peuvent les réprimer, les arrêter, les faire rétrocéder, avant que se soit produite la destruction du parenchyme médullaire. C'est alors qu'on obtient dos amendements parfois très rapides.
Il faut toujours frapper fort d'emblée, au delà de l'indication apparente, et sans attendre pour les grandes doses l'accentuation du processus. Les frictions, les injections de sels insolubles, 4 ou 5 grammes d'iodure de potassium, ne sont pas de Lrop chez un syphilitique avéré, dès les premiers signes d'une manifestation médullaire, fût-elle même un peu équivoque et accompagnée de neurasthénie simple.
II. Dans les cas très graves, on renforcera la médication spécifique par un traitement local qui aura pour résultat d'opérer un puissant dérivatif sur l'appareil vasculaire méningo-médùllaire. J'ai obtenu deux ou trois fois une amélioration très notable en appliquant de grands vésicaloires tout le long de la colonne vertébrale et en les faisant panser matin et soir avec çle l'onguent napolitain. — Dans
TRAITEMENT LOCAL ET AUXILIAIRE DES MYÉLOSYl'HILOSES.
les formes chroniques, la révulsion par les pointée ou les raies de feu avec le thermocautère est préférable à la vésication cantharidienne, surtout si la vessie est paresseuse, car il faut éviter soigneusement tout ce qui pourrait contribuer à produire une cystite. Les inflammations de la vessie deviennent très facilement purulentes chez les myélopathes. C'est une complication redoutable, dont on ne doit jamais perdre de vue la possibilité et qu'il faut tout faire pour prévenir.
Le décubitus, dans les paraplégies flasques, doit être surveillé avec soin à cause de la grande tendance aux eschares de la région sacro-coccygienne. — Dans les myélopathies consécutives à des affections syphilitiques de la colonne vertébrale, on maintiendra les patients dans une immobilité temporaire, de peur que des mouvements brusques, faisant chevaucher les vertèbres les unes sur les autres, ne produisent tout à coup les accidents les plus dangereux de la compression médullaire.
III. A côté du traitement spécifique, il y a tout un ensemble de moyens auxiliaires. Ils ne diffèrent pas de ceux qu'on emploie dans les myélopathies ordinaires : frictions sur toute la surface du corps pour exciter la peau, massage, mouvements méthodiques imprimés aux membres paralysés, courants galvaniques, quand il n'y a pas contracture, bains sulfureux, hydrothérapie, thermes sulfureux ou chlorurés sodiques : Lamalou, Uriage, Aix-les- Bains, Balaruc, Néris, etc., etc. — On sera obligé aussi quelquefois de recourir au bromure, à la morphine, au chloral, à l'antipyrine, etc.
Ce qui précède s'adresse aux myélopathies non tabétiques. Quant au tabès, n'eût-il dans son casier étiologique d'autre méfait que la syphilis, il est condamné à l'incurabilité. Il n'y a rien à al tendre du mercure et de l'iodurc K
1. « Le traitement antisypliilitique soulage parfois, ai-je dit, de vieux symptômes, tels que les douleurs fulgurantes, ou bien il atténue et dissipe certains symptômes d'invasion plus récente. J'ai constaté ce fait plusieurs fois. C'est l'iodurc surtout qui donne ces améliorations de détail. J'ai remarqué souvent que mes malades marchaient mieux quand ils revenaient à ce médicament ; mais ce n'était pas pour longtemps. Quelquefois, cependant, la médication spécifique immobilise l'all'ection. Mûrement elle la fait reculer, plus rarement encore elle la guérit, On ne peut avoir en elle qu'une confiance douteuse. .Néanmoins il faut toujours l'employer énergiquement, surtout au début, car alors elle tuera peut-être le tabès dans son germe. Un grand nombre de praticiens se vantent, non seulement d'avoir amélioré, mais même d'avoir guéri complètement une quantité imposante de tabès syphilitiques. Pour ma part, je n'en puis dire autant. Aussi est-il naturel que je reste, à cet égard, comme à lanl