‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 479 sur 610 · SYPHILIS DES NERFS · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES NERFS

Les nerfs sont atteints directement ou indirectement par la syphilis : directement, quand la lésion gommeuse, scléreuse ou scléro-gommeuse se développe sous le mode circonscrit ou diffus dans l'épaisseur même du cordon nerveux ; indirectement, quand le syphilome, né par hasard à côté du nerf, le comprime ou l'englobe. C'est ce processus indirect et secondaire qui met en souffrance la plupart des nerfs de la base, si fréquemment endommagés, sur leur trajet intracranion, par les lésions syphilitiques du crâne, des méninges et du cerveau. — Mais ces nerfs sont aussi Liés souvent attaqués par des altérations mal définies qui envahissent d'emblée leurs noyaux d'origine, sous l'influence directe ou plus souvent indirecte de la syphilis ; clans les névropathies d'ordre tabétogène, par exemple.

Les affections syphilitiques des nerfs peuvent apparaître à toutes les périodes de la maladie. Les troubles du mouvement de la sensibilité, des fonctions sensorielles qu'elles produisent ne diffèrent point de ceux qui proviennent de toute autre cause.

Résumé pathologique. — I. Syphiloses nerveuses des membres et du tronc. — Les névralgies syphilitiques sont fréquentes au moment où la syphilis se généralise, dans les premiers mois de l'infection. Il est pro-

d'autres, au sujet du tabès syphilitique, dans un doute étiologique, clinique et thérapeutique, qui est partagé par beaucoup de cliniciens.

A propos de prétendus tabès guéris, on peut se demander si l'on n'a pas eu affaire à une variété de pseudo-tabes dont les espèces augmentent tous les jours en nombre, et dont quelques-uns ne partagent pas absolument le caractère d'incurabilité que tous les médecins compétents s'accordent à reconnaître aujourd'hui au tabès véritable. « Les propositions suivantes, dit M. Leloir, sont le résumé de ce que j'ai entendu dire bien des fois par les médecins les plus compétents en matière de tabès : Charcot, Brown, Legrand et mon regretté maître Vulpian, et de ce que j'ai pu observer moi-même :

« ]" Il ne faut pas confondre le véritable tabès avec une série d'autres maladies nerveuses qui lui ressemblent, et qui sont des pseudo-tabes. — Ce diagnostic est parfois très difficile;

« 2" Dans bien des cas, le tabès véritable est sujet à des rémissions, quelquefois très prolongées, survenant sans raison bien appréciable. — Il ne faut, pas attribuer une rémission au traitement employé, comme le font trop souvent des médecins insuffisamment au courant de la neuropathoIogie,car ces rémissions se montrent dans le cours des traitements les plus variés, les plus divers, voire même en l'absence de tout traitement;

(i :î" Dans certains cas, el plus souvent qu'on ne \c pense, ainsi que me le faisait encore observer, il y a quelques mois, mon maître Charcot) et ainsi que j'ai pu l'observer chez un certain nombre de mes malades, le traitement antisyphilitique intensif prescrit à des tabétiques vrais est préjudiciable aux malades, ci vient môme parfois aggraver leurs phénomènes tabétiques. » (Ch. Mauriac, Syphilis tertiaire et Syphilis héréditaire, p. 1037.)

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