FRÉQUENCE ET GRAVITÉ DES SYI'HILOSES DE L'OEIL
OPHTALMOPATHIES SYPHILITIQUES
Parmi les organes des sens, aucun n'est atteint plus fréquemment que l'œil par la syphilis, à toutes les périodes de l'existence, même pendant la vie intra-utérine. Les ophlalmopathies syphilitiques occupent une place importante parmi les causes de la cécité. Kératites, iritis, choroïdilcs, selérites, iridochoroïdites, rétiniles, choroïdorétinites, névrites, névrorétinites, etc., affections orbitaires et périoculaires : telles sont les affections qui sont tributaires de l'infection.
Les ophtalmosyphiloses ne révèlent pas toujours leur orig-ine par des signes très pathognomiques. D'autres diathèses, i!arthritisme, par exemple, et la scrofule, suscitent clans l'œil des affections presque semblables à celles qui émanent de la syphilis. Il faut souvent une analyse très subtile et très minutieuse des phénomènes pour arriver à découvrir leur provenance. Combien de fois n'arrive-t-il pas que le traitement spécifique devient notre seul et notre plus précieux moyen de diagnostic? Il ne guérit pas toujours, surtout quand il n'est pas employé à temps, c'est-àdire dès le début. Mais il est positif que des ophtalmopathics d'ordre vulgaire ou des ophtalmopathies scrofuleuses ou rhumatismales ne sont point influencées par lui d'une façon aussi favorable, bien qu'elles le» soient quelquefois à un certain degré. La lenteur, l'indolence, l'extension progressive du processus constituent aussi un élément de diagnostic ; il est bien précaire et trop souvent inutile, du moins au point de vue pratique, puisque la maladie a parcouru ses périodes et produit déjà presque tous ses méfaits.
Le pronostic varie suivant le siège des lésions et l'âge de la diathôse. Les ophtalmosyphiloses précoces, occupant le pôle antérieur, sont moins graves que les ophlalmosyphiloses tardives qui envahissent le pôle postérieur.