IMPORTANCE DE L'IRITIS SYPHILITIQUE
choroïdite est aussi importante que l'iritis, parce que, si elle est moins fréquente, elle est en revanche beaucoup plus grave. C'est elle qui est le foyer principal de toutes les lésions syphilitiques des parties profondes de l'œil, de son pôle postérieur. La plupart des cas de cécité syphilitiques sont dus à des choroïdites, ou mieux à des iridochoroïdites ou des choroïdorétinites.
La moitié à peu près des malades atteints d'iritis sont des syphilitiques. Elle se développe surtout entre le quatrième et le vingtqualiïème mois de la syphilis, et devient assez rare au delà de la deuxième année. Elle peut cependant se produire aussi aux périodes ultimes de l'infection. Plus fréquente chez les hommes que chez les femmes.
Résumé pathologique. — Principaux symptômes : douleurs orbitaires et périorbitaires, ordinairement peu violentes. Fine injection zonulaire autour de la cornée. Pupille paresseuse, rétrécive, immobile, déformée par les synéchies ou adhérences de sa face postérieure avec le cristallin. — Dans l'iritis congés tive, couleur sombre de l'iris. — Dans Yiritis séreuse ou exsudative, teinte trouble de l'humeur aqueuse, tension intra-oculaire augmentée, etc. — Dans Yiritis gommeuse, qui est la plus spécifique comme lésion, taches jaunes ou grises de l'iris, petites tumeurs papuleuses; à un degré plus avancé, condylomes, végétations qui, par leur exubérance, peuvent donner à l'iridosyphilome une grande malignité. — La syphilide iridienne, qui est une des formes mitigées les plus communes de l'iridosyphilose gommeuse, a une grande valeur diagnostique.
Coïncidences spécifiques et complications : — En premier lieu, choroïdite. Exsudations dans la chambre antérieure et hypopyon. Kératite, rarement. Conjonctivite, rétinite, gommes du corps ciliaire ou cyclite syphilomateuse.
Traitement. — Il est indispensable d'attaquer de bonne heure les affections syphilitiques de l'iris, et d'employer contre elles un traitement spécifique très actif. Dans les formes inflammatoires qui sont les plus communes, le mercure doit être préféré à l'iodûre de potassium, ou du moins occuper une plus grande place que lui dans la médication mixte à laquelle on a souvent recours. — La première indication à remplir, c'est de mercurialiscr fortement les malades. La deuxième, qui est principalement locale, n'en est pas moins importante pour cela; elle consiste à mobiliser le diaphragme irien qui tend à s'engager dans des adhérences avec la capsule du cristallin, à dilater la pupille, à s'opposer incessamment à sa contraction pour prévenir son atrésic cl ses déformations. On y parvient en instillant, une ou deux fois par jour, entre les paupières de l'œil
TRAITEMENT DE L'IRITIS SYPHILITKjUK.
malade, quelques gouttes d'une solution de sulf'a t <■ neutre d'atro- })inc' au deux-centième ou au centième, concentrée.
Comme l'iritis s'accompagne souvent de phénomènes inflammatoires, de douleurs locales et mêmes irradiantes, j'ai l'habitude de faire appliquer 10 à 15 sangsues sur la tempe, du côté malade. J'en obtiens toujours d'excellents résultats, entre autres, une détente très marquée, quand il y a de la conjonctivite et des symptômes d'hyperémie rétinienne.
Qu'on ne craigne pas d'administrer le mercure à haute dose et de le pousser même jusqu'à un peu de salivation dans les formes graves. On fera prendre 4 à 5 centigrammes de sublimé par jour, ou 15 à 20 centigrammes de protoiodure d'hydrargyre. En outre, on fera une ou deux frictions quotidiennes sur le front ou la tempe du côté malade avec de l'onguent mercuriel belladoné.
Tel est le traitement qui m'a le mieux réussi dans les iritis secondaires, à forme plus ou moins aiguë, qui sont celles qu'on rencontre le plus fréquemment dans la pratique. Comme adjuvants, on emploiera des lotions boriquées chaudes et on mettra l'œil à l'abri de la lumière dans une obscurité à peu près complète. — On aura recours aussi, dans les formes où prédomine l'inflammation, à des applications chaudes de cataplasmes de fécule légers, de compresses imbibées d'infusions de belladone, de jusquiame, etc. Ce que le malade affecté d'iritis a le plus à craindre, c'est le froid. — Repos dans une chambre chaude. On a conseillé aussi les diaphorétiques : le meilleur est le chlorhydrate de pilocarpine en injections souscutanées (de cinq milligr. à un ou deux cent, par jour).
Lorsque la résolution est lente à se faire, des applications réitérées de vésicatoires sont fort utiles, surtout si on les panse avec une. pommade composée de parties égales d'onguent napolitain et de vaseline.
Les iritis graves et devenues chroniques, celles qui se développent sourdement dans les phases avancées de la syphilis, exigeai pour leur guérison des moyens d'hydrargyrisation plus puissants que la méthode stomacale. Il est souvent indiqué de les traiter avec
I. Lorsque l'iritis est tertinire, elle offre quelquefois une résistance très grande à l'action de la belladone. Chez les sujets prédisposés aux attaques tflaucb mafieuses, il faut interdire, d'une façon absolue, l'usage de l'atropine. Quelques personnes la supportent difficilement ; la moindre instillation produit sur elles l'enflure des paupières et la conjonctivite calan balc. On les soumettra avec avantage à l'usage de la duboisine, autre mydrialique très puissant aussi (de WeeUer).