‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 491 sur 610 · FORMES ET SIGNES DE LA SYPHILOSE PHARYNGIENNE · texte numérisé non relu

FORMES ET SIGNES DE LA SYPHILOSE PHARYNGIENNE

une tuméfaction considérable, circonscrite ou diffuse, et bientôt ou d'emblée de vastes ulcérations pultacées.

L'iodure est supérieur au mercure, dans cette forme, parce qu'il agit beaucoup plus promptement que lui, et pare au plus pressé, c'est-à-dire calme les douleurs locales ou réflexes, diminue la congestion et entrave le processus ulcéreux. Le traitement local consistera en gargarismes émollients, calmants, antiseptiques, détersifs sans être irritants, et en badigeonnages sur les ulcérations avec de l'iodoforme dissous à saturation dans le chloroforme. Quelquefois, antipyrine à l'intérieur, ou piqûre de morphine.

II. On observe plus fréquemment les formes subaiguës et indolentes qui causent quelquefois si peu de souffrance aux malades qu'ils restent plusieurs jours sans soupçonner l'étendue et la gravité des lésions pharyngées. — Dans ces formes, les cautérisations légères et seulement modificatrices sont très utiles, tandis qu'il ne faut y recourir dans la forme aiguë que quand le processus a repris des allures calmes et est devenu chronique. Toujours traitement intérieur énergique, plutôt ioduré que mercuriel.

Toutes les syphiloses précédentes se produisent simultanément dans les formes malignes et causent des ravages épouvantables. Ces cas deviennent de plus en plus rares.

La réparation des dégâts causés par les syphilomes du pharynx et du voile du palais se fait avec un tissu cicatriciel rétractile qui arrive à entraîner des déformations souvent plus fâcheuses que les lésions ellesmêmes. Rien de commun comme les atrésies et les adhérences au niveau de l'isthme et sur la paroi postérieure du. pharynx. Il en résulte des troubles fonctionnelsplus ou moinsgraves et ordinairement irrémédiables. J'ai vu le voile se souder au pharynx et former un diaphragme complet, interceptant toute communication entre les arrière-narines et la cavité bucco-pharyngienne, etc.1.

Tuaitemen't. — I. Je ne saurais trop répéter qu'il est absolument indispensable de ne pas perdre une minute, et c'est pourquoi je viens de donner les principaux signes ou symptômes de chacune des syphiloses de cotte région quand elles sont encore à l'étal naissant.

Les attaquer de bonne heure et très énergiquement : voilà les deux principales conditions du succès, quel que soit le point où la détermination se porte. L'urgence est surtout impérieuse quand c'est le voile du palais qui est atteint, parce que le processus y • •si presque toujours d'une rapidité foudroyante.

i. Syphilis tertiaire et syphilis héréditaire, p. 494.

TRAITEMENT INTERNE DE LA SYI'IIILOSE 1M1ARYNGO-NASALE.

L'iodure de potassium est incomparablement supérieur au mercuve dans le traitement do la sypliilose pharyngo-nasale. Il Test surtout à cause de la promptitude avec laquelle il agit. Mais, pour qu'il arrête la prolifération morbide et qu'il s'oppose à la fonte si destructive des tubercules, des gommes et des infiltrations hyperplasiques diffuses de la substance scléro-gommeuse, il est absolument indispensable d'en donner de fortes doses quotidiennes, qu'on portera d'emblée à 6, 8 et 10 grammes.

Quoique très inférieur à l'iodure pour refréner presque instantanément l'impétuosité du mouvement de prolifération, le mercure sera toujours employé. Nous n'avons pas trop de nos deux spécifiques, quand il s'agit de conjurer des désorganisations aussi graves et aussi imminentes. On emploierales méthodes de mercurialisation qui donnent les résultats les plus décisifs et surtout les plus rapides. Comme ce sont les injections hypodermiques de sels insolubles, celles de calomel principalement, on n'hésitera pas à y recourir, malgré leurs inconvénients et leurs dangers. Les frictions aussi sont bien indiquées en pareille occurrence. Mais je leur préfère de beaucoup les injections massives. Avec elles on a la certitude que le mercure pénétrera tout de suite clans la circulation, et que rien ne l'empêchera d'exercer la plénitude de ses effets curalifs. Une injection hypodermique que je recommande aussi et qui me paraît presque aussi active que celle du calomel, c'est celle du sublimé à la dose de 5 centigrammes en une fois, qu'on pourra renouveler tous les 4 ou 5 jours. (Voy., pour ce procédé, pp. 147 et 259 de ce volume.)

Ce traitement mixte intensif, quand il est institué à temps, produit des effets curatifs extraordinaires. J'ai pu guérir quelquefois, grâce à lui, des tubercules ou des gommes du voile du palais et prévenir sa perforation, bien qu'il y eût déjà un commencement de fonte nécrobiotique. Malheureusement, quand il existe une grande malignité clans les lésions, quand les produitsmorbides, étouffés par l'exubérance de leur vitalité, se métamorphosent, presque aussitôt après leur apparition, en produits usés, inorganisables et voués à l'élimination, rien ne peut les arrêter sur la pente de cette dégénérescence suraiguë. Fussent-ils dix fois plus actifs, nos deux spécifiques réunis n'y parviendraient pas, à moins peut-être d'agir simultanément avec toute l'énergie curalive dont ils son! capables, drs les premières heures de l'envahissemenl néoplasique.

Plus tard, lorsque la désorganisation des tissus es! devenue un

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