DANGERS DU SON TRAITEMENT LOCAL VIOLENT
fail accompli, l'iodure cl le mercure ne peuvent pas ressusciter ce qui a été déliait. Tout au plus restreindront-ils le foyer du mal et en favoriseront-ils la cicatrisation. Mais qu'on ne leur demande pas de rendre la vie aux os nécrosés, d'obturer une perforation de la voûlc, de rétablir un pilier détruit, etc., etc.
II. Dans le traitement de la syphilose pharyngo-nasale, notre intervention locale contre les lésions doit être en raison inverse de la médication spécifique intensive, du moins pendant la période formative de l'affection. J'entends par là qu'il n'est point nécessaire, qu'il est même dangereux de recourir à des moyens locaux directs, à l'époque où nous saturons nos malades d'iodure et d'hydrargyre. Loin de venir en aide à leur action curalive, nous ne faisons souvent que la neutraliser. Je donne formellement le conseil de ne recourir qu'avec la plus grande prudence au traitement local énergique. Un travail d'irritation artificielle, provoqué intempesfivement, peut hâter la fonte de l'hyperplasie, loin d'en favoriser la résolution. Qu'on se garde donc bien de cautériser les tubercules, les gommes du voile, de l'isthme, de la voûte quand ils sont dans leur phase d'évolution. Mais si les productions morbides sont déjà ulcérées ou si elles sont d'emblée phagédéniques, il n'est plus nécessaire d'apporter dans le traitement local la même circonspection. On cherchera au contraire à modifier leur vitalité, à favoriser leur cicatrisation, en les cautérisant avec le nitrate ou en les badigeonnant avec de la teinture d'iode ou autres liquides modificateurs. On ne cautérisera que tous les 2 ou 3 jours. Les badigeonnages peuvent être faits quotidiennement. Je proscris l'emploi des caustiques énergiques et destructeurs. Les gargarismes adoucissants, détersifs, antiseptiques, tels que ceux dont j'ai parlé si souvent, sont toujours indiqués, mais à la condition de n'y mettre aucune substance irritante. Il en est de même des pulvérisations médicamenteuses.
Le traitement local occupe dans la syphilose nasale une place plus importante que dans la syphilose pharyngienne. Toujours, mais surtout lorsqu'il y a de l'ozène et qu'il se produit une abondante sécrétion de mucosités purulentes ou ichoreuses fétides, il faut faire pratiquer des injections ou des douches nasales1. On
\. Celle pel.il e opération est assez facile. On a recours au procédé qu'a inventé Weber el qui est connu sons le nom de douche naso-pharyngienne. Voici le principe sur lequel il repose: quand on injecte un liquide dans le ne/, de façon à remplir complètement la fusse nasale sur laquelle on opère, ce liquide ne tombe poml dans le pharynx; il revient par la. narine du côté opposé, après avoir contourné le bord postérieur de la cloison. Savez-vous pourquoi'? C'est (pie
TRAITEMENT TOPIQUE liT OPÉRATIONS CHIRURGICALES
agira aussi sur la muqueuse nasale en faisant renifler plusieurs fois par jour des poudres à priser médicamenteuses1. Enfin il est souvent nécessaire de modifier la muqueuse nasale hypcrplasiée, d'attaquer ses ulcérations devenues fongueuses et rebelles à toute cicatrisation par la seule influence des spécifiques, comme cela arrive maintes fois, en la cautérisant avec des substances chimiques
le voile du palais, par un mouvemenl instinctif et réflexe, se relève el s'applique hermétiquement sur la paroi postérieure du pharynx, de manière à former un diaphragme parfait. Le malade doit avoir la tète fortement penchée en avant, respirer la bouche ouverte et éviter tout mouvement de déglutition. Il faut que la canule de la seringue soit assez volumineuse pour obturer complètement la narine dans laquelle on l'introduit. On opère alternativement sur l'une et l'autre narine pour produire des courants en sens inverse et obtenir un lavage plus complet.
Liquides dont on se sert comme véhicules : Eau pure ou décoction de feuilles de noyer, de roses de Provins, de quinquina, de guimauve, d'eucalyptus, etc. A chaque litre on ajoute Tune des substances suivantes : Permanganate de potasse thymol, bO c. à I gr. ; acide phénique, hydrate de chloral, alun, acétate de plomb, 1 gr. ; liqueur de Labarraque, 2 cuillerées à bouche; une cuillerée à bouche de sel maria gris (très bonne solution).
d. La poudre qu'on emploie comme véhicule est soit du sucre, soit du talc de Venise. Le sucre est préférable dans les formes sèches et le talc dans les formes humides de l'ozène. Quant à la poudre active, on peut choisir, suivant les cas, entre le calomel, le précipité blanc, le chlorate de potasse, l'alun, le tanin, etc. Voici quelques formules :
If Sucre ou talc 10 grammes.
Calomel 50 centigr.
Sous-nitrate de bismuth b grammes.
If Précipité rouge 20 centigr.
Sucre ou talc 15 grammes.
* TiS::::::::::::::::::::::::: } « < «■»■-•
Talc 10 grammes.
Sous-nitrate de bismuth 5 grammes.
If Calomel 0",2o
Poudre d'herbe de marjolaine... ,
— de racine d'asarum àà 4 grammes.
Sucre en poudre
ïf Charbon animal 4 grammes.
Poudre de quinquina i ~~ n
— de myrrhe ! iia 0 gammes.
— de girofle 9^,50.
")f Menthol ou indol \ 35 centigr.
Chlorhydrate de cocaïne j 33 25 —
Antipyrinc 2 grammes.
Sucre de lait 8 —
Une prise de ces diverses préparations toutes les 3 ou 4 heures.
Punaisie SYPHILITIQUE» — Outre les moyens précédents, on pourra en employer un très simple qui arrive presque à la dissimuler. Il consiste à faire placer dans chacune des narines un petit tampon d'ouate qui, comme un liltro, arrête les particules odorantes.