‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 495 sur 610 · IMPORTANCE ET GRAVITÉ DES LARYNGOSYPHILOSES TERTIAIRES · texte numérisé non relu

IMPORTANCE ET GRAVITÉ DES LARYNGOSYPHILOSES TERTIAIRES

SYPHILOSE DU LARYNX

Toutes les laryngopathies tardives, et d'ordre tertiaire, qui surviennent après la troisième ou la quatrième année de l'infection, sont susceptibles d'entraîner des troubles respiratoires graves; tandis que, dans l'immense majorité des cas, les enrouements, les raucités, les extinctions de la voix, qui constituent les laryngopathies secondaires, n'apportent aucun obstacle à la libre circulation de l'air. C'est que les néoplasies gommeuses des laryngopathies tertiaires ne sont presque jamais spontanément résolutives. Elles aboutissent à la destruction des tissus par nécrobiose ou à leur transformation en tissu fibreux. La sténose laryngée est la conséquence ordinaire de ces deux processus. D'un autre côté, ces lésions ulcéreuses provoquent quelquefois un œdème redoutable.

Il y a donc, dans la syphilose laryngée, imminence de l'œdème du larynx ou laryngosténose aiguë, et rétrécissement progressif par cicatrice ou sclérose, c'est-à-dire laryngosténose lente et définitive.

Les troubles respiratoires sont au premier rang comme importance dans la symptomatologic de cette syphilose et c'est sur eux, beaucoup plus que sur les troubles phonétiques,' que reposent le pronostic et les indications thérapeutiques.

Dans le cours de la syphilose laryngée, il faut s'attendre à des surprises et se tenir sur ses gardes. Les lésions les plus graves s'établissent quelquefois, dès le début, sans aucun fracas, et poursuivent, au milieu d'un calme apparent, leur marche insidieuse. En pareil cas, les accidents respiratoires sont lents à se produire; ils n'augmentent que peu à peu; les malades semblent s'y accoutumer; le médecin ne songe pas à les combattre, et cependant les lésions s'acheminent fatalement vers la sténose alrophique ou cicatricielle et deviennent de plus en plus réfraclaires à tout traitement spécifique. Il arrive un moment où le larynx est étranglé par le tissu inodulaire; des crises d'asphyxie se produisent, deviennent de plus en plus fréquentes et la trachéotomie seule peut sauver le patient.

D'autres fois, les accidents respiratoires surviennent brusquement. Dès le début, ils placent le malade dans l'imminence d'un grand danger; mais ils sont quelquefois fugaces et on peut les conjurer promptement par une médication spécifique vigoureuse. C'est l'œdème de la glotte qui les produit. Lorsqu'il dépend de la syphilis on peut le guérir sans opération, par la seule vertu curative des Mauriac. 42

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