‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 501 sur 610 · LA DILATATION DES LARYNGOSTÉNOSES · texte numérisé non relu

LA DILATATION DES LARYNGOSTÉNOSES

cation à laquelle se subordonnent Loutes les autres, c'est d'instituer un traitement spécifique. Il faut administrer simultanément

L'olive, composée de deux parties vissées l'une sur l'autre, est traversée par un fil dont l'extrémité inférieure ou trachéale sert à l'introduction et l'extrémité supérieure ou buccale à l'enlèvement

« Canules dilatatrices. — Des canules de différents modèles ont été fréquemment utilisées dans le traitement des laryngosténoses. Les plus simples sont les canules fenêtrées. Pour augmenter leur action, Gérhardt ordonnait à son malade de souffler dans un spiromètre; Vogler employait une canule dont l'orifice extérieur n'avait que le calibre d'un tuyau de plume. Puis viennent les canules à soupape, celles de Luër, deBroca, de Smith; elles n'ont pas seulement l'avantage de permettre au patient de parler sans porter le doigt sur l'orifice de sa canule, elles contribuent aussi à la dilatation, à ce point qu'il y a des cas de guérison obtenus parleur emploi exclusif.

« 11 est évident que le courant d'air qui traverse le larynx doit, sinon le dilater, du moins entretenir la contractilité de ses muscles intrinsèques qui, autant par inertie fonctionnelle que par englobement dans le tissu morbide ou cicatriciel, tendent à l'atrophie et à la dégénérescence. Il facilite, en outre, le rejet du pus ou des mucosités qui ont tendance à séjourner dans les anfractuosités de la cavité rétrécie. Quel que'soit, d'ailleurs, le mode d'action du courant d'air, il est certain qu'il est efficace, et tous les laryngologistes sont d'accord pour recommander l'usage précoce de ces sortes de canules

« Indications du cathétérisme.— Quand faut-il commencer le cathétérisme? Le plus tôt possible, car si, comme pour la trachéotomie, il n'est jamais trop tard pour agir, il y a toutefois lieu d'espérer de bien meilleurs résultats quand l'instant propice est choisi. Cependant, il faut attendre que les phénomènes inflammatoires aigus soient apaisés, la suppuration tarie, les ulcérations cicatrisées, les séquestres éliminés. Ce que l'on peut, ce que l'on doit même faire de très bonne heure, c'est d'employer une canule fenètrée, dont un des avantages est de permettre au courant d'air d'entraîner au dehors les produits de sécrétion qui ont de la tendance à séjourner dans le Jarynx. Il faut, en même temps, tonifier le malade, souvent très affaibli, tant par l'affection générale cause du rétrécissement que par l'insuffisance de l'hématose, quand la dyspnée a été de quelque durée. Enfin, il est inutile de dire que, dans les rétrécissements syphilitiques, ou même seulement supposés tels, l'iodure de potassium doit être administré à haute dose, et, le plus souvent, uni aux onctions hydrargyriques. Le professeur Duplay a même, dans un cas exceptionnel il est vrai, obtenu un succès complet par le traitement antisyphilitique exclusif, donné à hautes doses, chez un patient qui, depuis sa trachéotomie, avait à plusieurs reprises et sans résultat suivi un traitement à doses modérées.

« Enfin, la canule ne peul être enlevée; on est renseigné sur les antécédents du malade, on a pratiqué divers examens à l'aide du miroir introduit dans le pharynx ou à travers la. fistule trachéale, on a exploré avec des instruments rigides la cavité laryngée, en s'aidant de la palpalion, et l'on est bien convaincu d'avoir affaire à nu rétrécissement proprement dit: quelle conduite doit-on tenir ? Dans quel cas faut-il employer la dilatation? Quand doit-on recourir d'emblée à la laryngonssure? Il est malheureusement bien difficile de formuler des règles précises à cet égard. Pour les deux premières classes de laryngosténoses, dont nous avons parlé au début de ce travail (rétrécissements organiques ou cicatriciels), le cathétérisme esl généralement indiqué; quant à la troisième classe (rétrécissements par déformation de la charpente cartilagineuse), c'est plutôl parla laryngofissure qu'il faillies traifcer.Mâis cette distinction en classes esl souvent difficile à établir, à cause de l'impossibilité de faire un examen laryngoscopique complet; c'est Lout particulièremenl l'épiglotte qui, maintenue abaissée pa r des brides cicatricielles, s'oppose à la pénétration des rayons lumineux dans la cavité laryngée.

« Suppression de lu canule. — L'expérience nous apprend qu'il esl hou, indispensable même, de ne pas agir avec précipitation. Des 36 cas traités d'après la

TRAITEMENT DES LARYNG0SYPH1L08EB

l'iodure ol le mercure. Pour accroître et accélérer leur action, on pourra recourir aussi à l'électricité, soit sous forme de courants continus, suivant le conseil de M. Massei, de Naples, soit sous forme de courants interrompus, appliqués à la surface externe du cou. L'électricité donne de très bons résultats, surtout dans les laryngoplégïes d'origine hystérique. Quant à la trachéotomie, tout eu su tenant prêt à la pratiquer, on n'y aura recours qu'à la dernière extrémité, et lorsqu'il sera bien prouvé que les autres moyens sont incapables, à eux seuls, de conjurer les dangers de la suffocation.

Tlî AITEMENT DES LARYNGOPATHIES SYPHILITIQUES COMPLIQUÉES DE

phlegmon périlaryngien . — Il se forme quelquefois dans toute la

méthode de Schroetter et rapportés par Hering, 4 durent, après un enlèvement prématuré de la canule, subir de nouveau la trachéotomie. Aussi doit-on savoir résister aux sollicitations, parfois pressantes, du malade. Il faut, pour avoir le droit d'éloigner définitivement la canule, que, depuis longtemps, la respiration s'effectue avec facilité, même pendant un. travail pénible, la canule étant bouchée, ou bien enlevée, et alors la fistule trachéale étant hermétiquement fermée par une plaque de sparadrap.

« D'ailleurs, à ce moment, le traitement n'exige pas de soins assidus. Dèsque » la guérison de la sténose, dilJacobson, est assez avancée pour que le malade « puisse respirer complètement par son larynx, il peuL sortir de l'hôpital et se « soigner chez lui. » Il peut môme reprendre ses occupations habituelles et se traiter, pour ainsi dire, lui-même; car la dilatation est en réalité suffisante, et il n'y a plus qu'à la maintenir telle; on peut donc substituera la dilatation prolongée le tubage du larynx, quête patient apprend généralement très vile à pratiquer lui-même. — Mais, chez un individu quia été frappé d'une de ces laryngosténoses graves, il ne faut point s'endormir sur le succès et se croire complètement à l'abri de toute récidive. De même que, dans les rétrécissements de l'urètre dilatés, on doit entretenir le calibre'du canal par le calbétérismc pratiqué de temps en temps, de même, dans les laryngosténoses paraissant guéries, on doit entretenir la lumière de la cavité laryngée par le tubage, fait d'abord deux fois par semaine, par exemple, puis à des intervalles progressivement éloignés. Pcul-être faut-il, dans certains cas, ne jamais l'abandonner complètement; les malades, comme nous l'avons dit, arrivent facilement à le pratiquer eux-mêmes, et le médecin doit chercher à leur en faire comprendre toute l'importance. »

Ce procédé, comme tous lesauLres,a l'inconvénient de provoquer un peu d'inllammation. Quelquefois même il suscile le retour des ulcérations et on est obligé d'en interrompre l'usage. — Pour éviter ces inconvénients, il suffira, en général, de ne pas aller trop vile et d'habituer peu à peu le malade à supporter la présence de ce corps étranger dans son larynx. En agissant de la sorte, avec prudence cl progressivement, on obtient de beaux résultats. Ainsi, grâce à ce procédé, M. Pelel a pu enlever chez un de ses malades la canule trachéale, tellement l'orifice de la glotte avait été bien dilaté. « J'ai par devers moi un cas de ce genre, m'écrit M. le Dr Mo lire. La canule est enlevée depuis trois mois; la malade respire bien, mais tous les jours elle se passe un dilatateur fixé sur un manche à courbe laryngienne, qu'elle s'introduit avec la facilité d'un avaleur de sabres. »

Un dernier procédé, c'est la laryngofissurc ou incision du thyroïde avec dilatation par la voie externe, proposée par M. I.eforl. On place ensuite un larynx artificiel ou une canule à soupape et à double conduite, une en dedans, l'autre en dehors.

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