‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 502 sur 610 · COMPLIQUÉES DE PHLEGMON PÉRILARYNGIEN · texte numérisé non relu

COMPLIQUÉES DE PHLEGMON PÉRILARYNGIEN

région périlaryngienne, sur la partie antérieure du cou, un épanchement considérable de matière plastique qui englobe, immobilise et comprime le larynx. Il en résulte une dyspnée considérable entrecoupée d'accès de sufTocaLion. Les troubles menaçants de la respiration dépendent sans doute de l'ischémie circulatoire intralaryngienne et d'un œdème de la glotte consécutif. Ajoutez à cette cause la gène mécanique causée par l'énorme tumeur phlegmoneuse.

J'ai observé un cas typique de cette complication. Un abcès se forma au devant du larynx : je l'ouvris largement ; il en sortit une quantité considérable de pus. Le malade fut immédiatement soulagé. Il est probable que de pareilles complications résultent d'une action syphilitique sur le squelette cartilagineux du larynx qui a d'abord ossifié, puis nécrosé les parties atteintes, etc., etc.

Les indications thérapeutiques se déduisent de la nature delà complication, de son processus, et des accidents qu'elle peut susciLer dans un bref délai. Par cela même qu'elle présente une teinte syphilitique fortement accentuée, il est évident qu'il faut la combattre, dès le début, avec la médication spécifique à hautes doses. L'iodure de potassium à l'intérieur et les frictions mercurielles sur la surface de la tumeur sont les moyens les plus efficaces pour résoudre l'engorgement. S'il augmente, on aura recours aux vésicatoires volants répétés. Mais dès qu'une collection purulente se formera, avec les caractères d'un abcès plus ou moins franchement aigu, il faudra se hâter de l'ouvrir avec l'instrument tranchant. Quand on aura déféré à l'urgence de cette indication, on pourra laisser se résorber d'elles-mêmes, comme je l'ai fait, les collections ultérieures, surtout s'il n'existe plus aucun phénomène de compression sur le larynx. ■

L'incision prématurée et largement faite sur la ligne médiane, au niveau ducartilage cricoïde et des premiers anneaux de la trachée, devrait être tentée s'il y avait, outre les phénomènes de compression laryngienne, des accès de suffocation provoqués par un œdème de la glotte ou une paralysie des muscles moteurs des cordes vocales. Cet œdème et cette paralysie sont imminents en pareil cas. Il faut toujours avoir en vue leur occurrence plus ou moins prochaine ; car la tumeur agit par compression non seulement sur l'organe vocal, mais aussi sur les réseaux veineux et sur les nerfs laryngés.

L'incision, telle que je la conseille, a le double avantage de produire une détente immédiate en dégorgeant les tissus, et de constituer, en outre, le premier temps de la trachéotomie, de la

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