‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 510 sur 610 · TRAITEMENT INTERNE ET LOCAL DES GLOSSOPATHIES TERTIAIRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT INTERNE ET LOCAL DES GLOSSOPATHIES TERTIAIRES

gommeuse. Les gommes se laissent beaucoup plus influencer, à toutes leurs périodes, que l'infiltration diffuse. Les deux spécifiques en font promptemcnt justice, depuis leur apparition jusqu'à leur ramollissement et à leur transformation en ulcères profonds et caverneux, etc.

Dans toutes les formes de la syphilose linguale, on est souvent obligé, surtout quand on n'intervient qu'aux dernières périodes de l'affection, d'administrer l'iodure à la dose quotidienne de 4 à 6 grammes et même plus. Les fortes doses sont presque toujours indiquées et on peut les donner sans crainte. Il n'en est pas ainsi pour le mercure. Sans doute, il serait fort avantageux de mercurialiser, avec les modes intensifs, en maintes circonstances, mais il faut éviter la stomatite liydrargyrique qui devient, dans toutes les glossopaLhies spécifiques, une complication des plus fâcheuses parce qu'elle peut exciter des mouvements hyperémiques ou des inflammations violenles qui conduiraient aisément les lésions à la gangrène. Je conseille donc d'apporter beaucoup de circonspection dans le traitement mercuriel, et de ne pas recourir aux frictions et aux injections insolubles qui exposent plus au plyalismc que la méthode stomacale et que les injections solubles.

Dans le traitement local, les cautérisations occupent la première place. Elles sont très utiles pour hâter la cicatrisation des rhagades, des érosions, des ulcérations, et pour diminuer et faire disparaître rapidement les douleurs qu'elles causent. Il faudra les employer avec prudence et les limiter aux points mis à vif. On ne se servira que du crayon de nitrate d'argent, et seulement tous les 3 ou 4 jours. En général, on a de la tendance à abuser des cautérisations dans le traitement local des glossopathies. Il vaut mieux en être sobre que prodigue. Je ne me suis jamais servi de celles qui sont destructives. Quelquefois, j'ai employé avec succès des badigeonnages quotidiens de teinture d'iode.

On veillera à ce qu'aucune dent cariée ou brisée ne vienne irriter les bords de l'organe. On prescrira une hygiène sévère de la bouche. La suppression du tabac, des liqueurs fortes, des aliments très épicés est de rigueur. Les gargarismes et les pulvérisations avec des liquides émollients, adoucissants, désinfectants, additionnés d'acide borique, de borate de soude, d'hydrate de choral, de thymol, de chlorate de potasse, sont toujours très favorables.

Lorsque les glossopathies sont exclusivemenl syphilitiques, on les amende assez vite avec les moyens que je viens d'indiquer, à

TRAITEMENT DES STÉNOSES DE I/OKSOI'IIAOE

moins qu'elles ne soienL très anciennes el descendues à un degré de dégénérescence fibreuse irrémédiable. Mais si la syphilis n'est pas la seule cause de la lésion, le traitement mercuriel et ioduré produit presque toujours un résultat tout contraire à celui qu'on espérait. Au lieu d'améliorer les glossopathies, il les irrite et les aggrave. On voit alors le processus se précipiter avec une impulsion irrésistible vers une désorganisation qui semble en rapport avec la dose des deux spécifiques. Le mercure n'en est pas plus responsable que l'iodure. Il m'a semblé que tous les deux y prenaient une part à peu près égale.

Ce renversement dans leur action, qui, de salutaire, devient très nuisible, indique toujours une grande malignité dans la glossopathie. Aurait-on toutes les raisons de la croire purement syphilitique, il est grandement à craindre qu'un élément morbide bien autrement grave, Yépîthélioma, soit intervenu. Il n'y a rien à attendre contre lui de la médication spécifique. On doit l'enlever, si l'infection est encore circonscrite. Il y a des pathologistes qui prétendent que, dans les cas de coexistence du cancroïde et du syphilome, ce dernier enraye la marche du premier et qu'il faut le respecter. C'est une pratique qui ne serait à suivre ou à tenter que si l'abstention opératoire était formellement indiquée. Enlever l'épithélioma si c'est possible, traiter le syphilome avant et après l'opération, voilà ce qu'il y a de mieux à faire. On ne suspendrait le traitement avant l'opération que s'il aggravait beaucoup la tumeur épithéliomateuse.

Le mercure et l'iodure échouent aussi contre les leucoplasirs linguales. Ils ne leur font aucun mal ; j'en ai même vu quelquesunes s'améliorer un peu, mais pour fort peu de temps.

SYPIIILOSE DE L'ŒSOPHAGE

Elle est très rare et se diagnostique presque exclusivement par élimination.

Résumé pathologique. — Les symptômes sont ceux d'un rétrécissement qui n'a aucun caractère spécifique par lui-même, etBSl dépourvu dos particularités que présentent les rétrécissements d'une autre provenance. Quand on ne découvre aucun indice de cancer, aucun symptôme de tumeur médiastine; quand la sténose œsophagienne siège dans la partie supérieure du conduit et non plus bas, vers l'estomac, c'est-à-dire dans les lieux de prédilection du cancer, on est en droit de songer à la syphilis, surtout si le rétrécissement est très serré et annulaire. —

Page 1