MÉDICATION MIXTE DANS LE TRAITEMENT DES HÉPATOSYPHILOSES
l'atrophient, compriment ses vaisseaux, ralentissent sa circulation, affament ses éléments actifs et le condamnent à une insuffisance fonctionnelle de plus en plus prononcée. A côté de points sclérosés, atrophiés ou détruits, d'autres, qui n'ont été que peu ou pas atteints, redoublent d'énergie pour faire compensation et s'hypertrophient par la suractivité qui leur est imposée. — Une lésion qui ne fait jamais défaut dans la syphilose hépatique, c'est la périhépatite.
Les gommes hépatiques sont ordinairement nombreuses. Il peut arriver qu'il n'y en ait qu'une seule, et alors elle est volumineuse. Il y a toujours des adhérences solides et résistantes entre les gommes superficielles du foie et les organes voisins, ce qui n'a pas lieu dans le cancer.
Le début de la syphilose du foie est d'ordinaire obscur, lent et insidieux; aussi faut-il surveiller soigneusement ses premiers signes : gêne, embarras, douleur dans l'hypocondre droit, teinte subictérique, empâtement profond au-dessous des fausses côtes du côté droit, sensibilité à la pression, troubles gastriques, hématémèses. L'augmentation de volume du foie est un des indices les plus certains. Cette hypertrophie spécifique évolue avec lenteur, sans appareil inflammatoire, et peut atteindre des proportions très considérables, à l'insu du malade. Si on la constatait, il faudrait l'attaquer très énergiquement, par une médication mercurielle et iodurée intensive. On aurait presque la certitude de la guérir très vite, parce que les éléments embryonnaires ne se sont pas encore transformés en tissu cicatriciel.
h'ascite est très rare dans les premiers temps de l'affection. Les symptômes dyspeptiques sont vagues. L'ictère manque souvent. Il n'y a donc, dans cette phase, que l'augmentation du volume du foie qui fournisse une indication très précise pour la médication hydrargyrique et mercurielle.
La période atrophique est celle qui s'offre le plus fréquemment à l'observation clinique et que nous connaissons le mieux. Mais elle est beaucoup moins importante au point de vue des indications thérapeutiques; ou, pour parler plus exactement, celles qu'elle fournit imposent aux spécifiques une tâche plus ingrate, plus difficile et souvent au-dessus de leur pouvoir curatif. Les symptômes et les signes surabondent. Ils gravitent autour de la déformation et des changements de volume.
Traitement. — Médication spécifique mixte, avec prédominance de l'iodure : telle me paraît être la vraie formule de la médication. Dans cette viscéropathic, l'iodure m'inspire plus de confiance que le mercure. Il me semble qu'il agit mieux et plus vite. Est-ce parce qu'elle est très tertiaire, et qu'elle survient fort souvent chez des malades dont la syphilis est si éloignée dans le passé et a élé si bénigne, qu'ils ne se rappellent même pas s'ils l'ont eue ? On nous dil là, comme ailleurs, que s'ils s'étaient convenablement traités pendant plusieurs années, ils auraient sans doute conjuré