TRAITEMENT DE LA SYPHILOSE DU TESTICULE
médecin par leur peu de violence. — Dès que la tumeur cède, on doit diminuer les doses ; on doit aussi les interrompre, de plus en plus longuement, à mesure que la résolution s'accomplit. Le premier coup frappé, le reste va de soi. Il n'y a pas de retours offensifs. Mais que de temps il faut quelquefois avant que la glande ait repris sa souplesse, sa sensibilité, son volume, son énergie fonctionnelle, c'est-à-dire la plénitude de sa spermatogénèse !
Qu'on ne s'acharne pas à poursuivre indéfiniment des lésions devenues irrémédiables, telles que nodosités, cicatrices, plaques fibreuses, et encore moins l'atrophie du testicule, qu'il ne faudra pas'confondre avec l'émaciation de l'organe.
Le traitement local doit venir en aide au traitement général. C'est à ce titre que je prescris une ou deux onctions mercurielles quotidiennes sur la tumeur avec de l'onguent napolitain. Leur inconvénient, c'est de provoquer de l'eczéma rubrum. Aussi je les remplace souvent par une carapace d'emplâtre de Vigo hydrargyrisé, qui est peut-être moins irritante.
L'hydrocèle qui complique quelquefois, mais rarement, la syphilose testiculaire, ne prend jamais des proportions très considérables. Le liquide disparaît toujours avec la résolution du sarcocèle. Quand il est abondant et qu'il distend les enveloppes, il faut l'évacuer par une ponction ; mais on s'abstiendra de faire une injection iodée pour ne pas produire une irritation qui pourrait aggraver le sarcocèle.
Je donne le conseil de ne jamais ouvrir les abcès go m m eux; car il y a des gommes, même ramollies, qui disparaissent sans évacuer leur contenu, sous la seule influence du traitement spécifique. Il importe beaucoup qu'aucune solution de continuité ne vienne ouvrir une porte à la subsLance testiculaire qui s'échappe si facilement de sa coque albuginée pour former le fongus bénin.
L'excision, l'abrasion, les cautérisations violentes des masses exubérantes de ce fongus sont des opérations chirurgicales auxquelles on a renoncé depuis qu'il est bien démontré que l'iodure, à lui tout seul, en fait promptement justice. Je n'y ai jamais eu recours el pourtant j'ai guéri très vite des sarcocèles fongueux. J'en ai vu disparaître à vue d'œil, dès qu'un traitement spécifique vigoureux était institué. On n'aurait recours au fer rouge, à la ligature, au bistouri, aux caustiques que si, par exception, le granulome résistait à la médication iodurée et hydrargynque <'l se résolvait avec trop de lenteur.