‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 519 sur 610 · SYPHILOSE DU SEIN, DES OVAIRES ET DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

SYPHILOSE DU SEIN, DES OVAIRES ET DE L'UTÉRUS

SYPHILOSE DES REINS

La syphilis peut atlaqucr les reins à toutes les périodes de son évolution. Les lésions qu'elle y fait naître sont semblables à celles de la maladie de Bright et en reproduisent toutes les variétés. Leur spécificité ne s'accuse que rarement sous forme de tumeurs gommeuses. Les néphropathies syphilitiques ou néphrosyphiloses sont relativement rares et n'occupent, comme fréquence, parmi les déterminations viscérales, que le 5" ou le 6e rang. Elles viennent bien loin après les affections génitales et même les encé-

Syphilose des glandes mammaires. — Les affections lertiaires du sein sont infiniment moins communes que sa syphilis primitive et surtout que sa syphilis secondaire. Le processus tertiaire s'y exprime, comme dans les autres parenchymes, sous ses deux formes d'infiltration sciéreuse et de tumeurs gommeuses.

Les gommes des mamelles, leurs ulcérations scléro-gommeuses, leur cancer vérolique, comme on l'appelait autrefois, l'emportent de beaucoup sur l'infilfralion diffuse. Leur fréquence est 5 ou 6 fois plus grande chez la femme que chez l'homme. Au début, on pourrait prendre les gommes mammaires pour une tumeur adénoïde. Elles augmentent de volume et se rapprochent de la surface cutanée qu'elles envahissent; puis elles se ramollissent, s'ouvrent et se convertissent en ulcère caverneux. Leur volume peut être énorme, comme celui d'une pomme, d'un œuf de poule, d'une tête d'enfant (Sauvage). Les ulcérations gommeuses qui se couvrent de fongosités saignantes et reposent sur une grosse base sciéreuse ont été prises souvent pour un cancer. Voici quelques signes différentiels : Les gommes peuvent être bilatérales et multiples; le cancer n'a qu'un foyer dans l'un ou l'autre sein. Il développe toujours une adéuopathie volumineuse et caractéristique dans l'aisselle correspondante, tandis que les gommes laissent intacts les ganglions ou ne les touchent que très peu.

Dans les cas douteux, l'épreuve thérapeutique, qu'il faut, toujours tenter, fournit un élément au diagnostic. Dans les cas que nous devons à Sauvage, Maisonneuve, Richet, Icard Collier, riodure de potassium a fait disparaître des tumeurs et guéri des ulcérations si semblables au carcinome, qu'on proposait de les enlever. Aussi serait-il prudent, en pareille occurrence, de faire suivre un traitement spécifique, avant d'en venir à l'intervention chirurgicale.

Syphilose des ovaires et des trompes. — Elle est trop incertaine pour fournir des bases sérieuses à un traitement hydrargvrique et ioduré; on pourrait le tenter cependant, si d'autres accidents non douteux prouvaient que la femme est en pleine période d'activité syphilitique.

Rigidité syphilitique du col de l'utérus. — Le corps de la matrice parait se soustraire à l'influence de la syphilis. Quant au col, il peut être atteint par elle à toutes les périodes de l'évolution. Les chancres infectants s'y implantent sans y produire beaucoup de désordre, car ils sont d'ordinaire très résolutifs et éphémères. Les plaques muqueuses du vagin s'étendent jusqu'à lui. On croit aussi que des Lésions tertiaires peuvent s'y développer.

Quoiqu'il en soif, on a signalé dans ces derniers temps plusieurs cas de rigidité syphilitique du col (Doléris). M. Blanc en a relaté un cas probant chez une femme notoirement syphilitique, qui, après deux accouchements normaux et rapides, en eut un troisième avec dyslocic causée par une nappe sciéreuse, s' étendant du vagin au col, dont foute la lèvre antérieure était devenue irrégulièrement tuméfiée et rigide. — En pareil cas, il faut faire sur le col des incisions qu'on portera d'emblée jusqu'à l'insertion du vagin. — Si on constatait la lésion longtemps avant l'accouchement, on essayerait de la faire disparaître avec le traitement spécifique interne.

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