HÉRÉDITAIRE
PRÉLIMINAIRES
Pathogénie et chronologie de la transmission héréditaire syphilitique. Sa neutralisation par le traitement mercuriel. — Processus pathogénique et pathologique de l'hérédo-syphilis. — Ses principaux symptômes. Grandes indications pour sa prophylaxie et son traitement.
On désigne sous le nom de syphilis héréditaire ou à'hérédosyphilis la syphilis que transmettent au germe les deux géniteurs ou l'un des deux, infectés avant le coït fécondant. Elle commence au moment précis où le spermatozoïde' et l'ovule, ou l'un des deux seulement, imprégnés do virus, entrent en conflit pour donner la vie à un nouvel être.
Une autre hérédo-syphilis est celle qui a lieu après la fécondation et se transmet au fœtus par l'intermédiaire du placenta. Elle est moins empreinte de spécificité que la précédente, puisque l'infection ne souille pas le germe lui-même et attaque un organisme capable d'une certaine résistance vitale quoiqu'il ne soit encore qu'à peine ébauché. Le caractère hérôdo-syphilitique par transmission placentaire est d'autant moins prononcé que le fœtus a été infecté par la mère à une époque plus voisine de la partuiïtion.
Le grand fait que la syphilis du nouvel être a été créée avant sa naissance, par l'infusion directe du principe virulent et sans l'inter-
1. Chose étrange, le sperme qui procrée un enfant syphilitique est incapable de communiquer la syphilis en dehors de l'acte fécondant, puisqu'il n'est ni
contagieux ni inoculable. Il doit en être ainsi de l'ovule, mais on ne | t pas
le prouver cl iniquement, car, à supposer que la transmission ovulaire ait lieu, ce qui est probable, elle se combine intimemenl el se confond avec la transmission placentaire.
PATHOGÉNIE Dlî L'HÉRÉpiTÉ SYPHILITIQUE.
médiairc du chancre infectant, efface les faibles dilférences qui peuvent résulter des deux modes pathogéniques de l'hérédo-syphiÛs.
I. Conditions pathogéniques de la tkansmission dans l'hébédo- STPHiLis. — Avec deux géniteurs chez qui la syphilis est récente, en pleine floraison d'accidents secondaires qui semblent la porter au plus haut degré de sa virulence en en multipliant les foyers, la transmission est à peu près inéluctable, et, de plus, elle donne alors le maximum de ses conséquences les plus désastreuses pour le fœtus.
La transmission se fait aussi par l'un ou par l'autre des deux géniteurs. Par la mère, elle est incontestable et surabondamment démontrée. Très importante par sa fréquence, elle l'est peut-être encore plus par sa gravité qui ne le cède qu'à celle que créent les deux géniteurs infectés. Par le père, elle est loin d'être aussi fatale que par la mère. On l'a même niée, mais elle est prouvée par les faits suivants : fréquence des avortements dans les familles où le père est syphilitique ; succession de grossesses à avortements, du jour où le mari, qui jusqu'alors avait eu une lignée d'enfants sains, est devenu syphilitique; cessation des mauvaises séries d'avortements et succession de grossesses heureuses, du jour où le mari syphilitique se soumet à une médication mercurielle ou ioduromercurielle sérieuse et persévérante.
Une preuve bien convaincante du pouvoir de transmissibilité héréditaire que possède un père syphilitique est fournie par la syphilis conceptionnelle : une femme qui n'a jamais eu la syphilis en est atteinte pendant la grossesse et sans avoir de chancre infectant. L'enfant naît syphilitique. N'est-ce pas lui qui a donné la syphilis à sa mère? Et de qui la tenait-il, si ce n'est de son père?
Néanmoins, l'hérédité par le père est plus aléatoire que par la mère1. En outre elle est moins grave, et elle se traduit chez l'enfant plus souvent par des accidents d'ordre commun que par des lésions syphilomatcuses.
1. Durée de l'imprégnation syphilitique chez la mère. — Une femme qui a été imprégnée par un homme atteint de syphilis, et qui l'est, plus tard par un homme sain, peut avoir de ce dernier un enfant syphilitique. Vidal a vu une veuve remariée à un mari exempt de syphilis avoir Je lui un enfant hérédo-syphilitique, parce qu'elle avait eu de son premier mari un enfant infecté. Celle persistance de l'imprégnation syphilitique peut-elle être prévenue ou détruite par le traitement mercuriel? C'est probable. Mais comment savoir si elle existe?
On ne peut pas condamner indéfiniment à la médication mercurielle une femme très bien portante, parce fait seul qu'elle a eu un enfant syphilitique. Il ne serait indiqué de la lui imposer que pendant la grossesse qui suivrait d'assez près celle qui a été souillée par la syphilis du père.