VARIÉTÉS DUS SYPHILIS RÉFRACTAIRBB AD TRAITEMENT
A n'en pas douter, il existe des sypliilis qui guérissent sans le secours des spécifiques et qui, quoi qu'on en ait dit, n'aboutissent pas plus tard au lerliarisme. Elles guérissent presque aussi bien et aussi complètement que d'autres soumises à l'action du mercure et de l'iodure. N'est-ce pas une preuve que, dans l'appréciation des résultats thérapeutiques, on doit toujours faire entrer en ligne de compte l'aptitude des organismes à subir l'infection ou à s'en délivrer? Le terrain qui reçoit le virus joue en tout un rôle prépondérant. C'est lui qui crée les degrés et les variétés en si grand nombre que présente la syphilis suivant les individus. C'est à lui aussi qu'il faut faire honneur des guérisons spontanées et attribuer les nuances très diverses qu'on remarque dans l'action curative des spécifiques.
Cette action curative est très puissante dans l'immense majorité des cas, sinon contre le principe virulent, du moins contre toutes les manifestations qui en émanent, pourvu qu'elles n'aient pas déjà compromis gravement ou détruit d'une façon irrémédiable l'intégrité des tissus.
Mais il ne faudrait pas s'imaginer cependant que nous pouvons nous rendre maîtres de toutes les syphilis, comme bon nous semble, avec les spécifiques. Il y en a qui ne se laissent point entamer par eux et qui leur résistent imperturbablement à toutes les périodes de l'évolution. Ces cas tout à fait réfractaires sont fort rares. Ce qui l'est moins, ce sont les syphilis très maniables au premier abord, et dont les manifestations, quelles qu'elles soient, cèdent avec une grande rapidité. On croit les tenir en main et les gouverner ; mais, malgré leur docilité apparente, elles nous échappent et reprennent l'offensive sous une forme ou sous une autre, dès qu'on cesse de ralentir le traitement et même quand on le continue et qu'on le renforce. Ce sont elles qui mettent le mieux en pleine lumière la différence profonde qui existe entre l'action curative et l'action préventive du mercure et de l'iodure de potassium.
Le temps est aussi un facteur très important dans le processus de laguérison. Peu à peu, à mesure que s'écoulent les mois et les années, l'organisme revient des premières surprises causées par une brusque infection. Il se fortifie graduellement dans sa résistance réaclionnelle, récupère ses forces et ses propriétés saines, affaiblies et endommagées, et répare à la longue le mal qu'il n'a pu empêcher.