‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 54 sur 610 · RÈGLES POUR L'APPLICATION DE LA MÉTHODE PRÉVENTIVE · texte numérisé non relu

RÈGLES POUR L'APPLICATION DE LA MÉTHODE PRÉVENTIVE

IV. Dans ces préliminaires, je tiens à exposer, sans aucun parti pris, ce qu'une expérience de ving t-cinq années m'a démontré, et à donner très sincèrement l'impression qu'ont laissée dans mon esprit des milliers de syphilitiques traités par moi d'après les méthodes les plus rigoureuses, et avec toutes les ressources qu'on peut tirer de nos deux spécifiques.

Qu'on veuille bien, en effet, ne pas conclure de ce qui précède que je suis partisan de l'expectation et que je la conseille dans les cas qui semblent le mieux s'y prêter. Bien au contraire. J'ai maintes fois affirmé dans mes ouvrages et professé, dans mes leçons cliniques, qu'il fallait traiter toutes les syphilis, y compris les plus bénignes, dès l'apparition de l'accident primitif, pendant des années, et bien au delà de leurs dernières manifestations. Quant à mes cloutes sur l'action préventive des spécifiques, ils ne vont pas jusqu'à la nier complètement.

Du reste, eussé-je la conviction de son inefficacité, que je ne m'en laisserais pas influencer dans le traitement, car je n'ai pas la présomption de me croire infaillible. Je traite donc mes malades, non seulement pour les guérir de leurs manifestations actuelles, mais pour mettre par devers eux toutes les chances, si aléatoires qu'elles soient ou qu'elles paraissent, d'éviter les accidents probables ou possibles qui sont clans les éventualités de l'avenir pour tout syphilitique.

En appliquant la méthode préventive, je m'efforce de ne pas outrepasser la mesure raisonnable, de laisser l'organisme en repos clans les intervalles de santé parfaite, et de choisir, pour reprendre le traitement, les accalmies équivoques ou menaçantes, plutôt que celles qui inspirent quelque sécurité; de découvrir le moindre trouble pouvant se rattacher de près ou de loin à l'infection, et surtout de n'aller jamais jusqu'aux doses nuisibles, sous prétexte de combattre un mal peut-être hypothétique.

V. Quand on embrasse dans une vue d'ensemble les degrés, les formes, les variétés qu'ont présentés et que présentent encore les nombreuses manifestations de la syphilis, suivant les sujets, les époques, les pays, les climats, les milieux ethnographiques, et tant d'autres circonstances capables de les modifier, n'est-il pas permis de se demander si la même formule de traitement doit rester à peu pri's uniformément immuable; ou bien s'il sera nécessaire de l'assouplir et de la modifier pour lui permettre de s'adapter à

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