MÉDICATION MIXTE DANS LÈS GROSSESSES SYPHILITIQUES
9 mois, une pauvre fera parce que vous la soupçonnerez de
porter dans son sein un fœtus hérédo-syphilitique? Ah! si ellemême était atteinte d'une syphilis en pleine activité et très grave dans ses manifestations, on comprendrait ce traitement à outrance. Mais, dans la grande majorité îles cas, en est-il ainsi? Au surplus, la méthode stomacale, ici comme ailleurs, a fait ses preuves. On peut l'employer en toute confiance dans, la pluparl des cas et les plus violentes diaLribesdeses dé tracteurs1 ne prévaudront pas contre elle. . Ne soyons pas exclusifs. Chaque méthode d'hydrargyrisation peut être utilisée selon les cas. Tout dépend des circonstances.
D'ordinaire, il est bon de ne pas procéder par coups violents cl répétés. Des doses moyennes, administrées avec continuité et persévérance, produisent une action curalive et préservative plus sûre et exposent à moins d'inconvénients que les doses intensives-. On n'oubliera pas qu'il est dangereux d'irriter violemment les intestins, parce que l'utérus en subit par sympathie le contre-coup, et qu'il en peut résulter l'avortement ou l'accouchement prématuré. Or les hydrargyrisations violentes, par les frictions et les injections hypodermiques, produisent souvent sur la muqueuse intestinale des effets toxiques plus profonds et plus dangereux que la méthode stomacale.
111. L'iodure est certainement inférieur au mercure dans l'hérédosyphilis intra-utérine. Cependant la médication mixte est souvent indiquée lorsque la femme enceinte est syphilitique depuis longtemps, lorsqu'elle a eu déjà des enfants syphilitiques surtout, si ceux-ci avaient présenté, lors de leur naissance ou peu après, des manifestations tertiaires. Je ne manque jamais, pour ma pari, d'administrer de l'iodure pendant les grossesses syphilitiques, non pas au début, mais vers le milieu et la fin, quand le mercure a commencé etaccompli une partie de sa tâche. La cure iodurée m'en a toujours paru le complément indispensable, même dans les cas où la syphilis de la mère ne l'indique pas.
1. Us se fondent sur les expériences de M. Welander qui a hume qu'à la suite des frictions et des injections hypodermiques, le mercure était très rapidement absorbé par la mère el transmis au fœtus. Au contraire, lorsqu'on donnait des pilules de protoiodure, l'absorption était lente et l'action faible, à cause de la petite quantité de mercure qui pénétrait dans la circulation.
2. Le choix de la préparation n'a pas grande importance. Le sublimé est peut-être préférable au protoiodure, parce qu'il affecte moins les intestins. On pourra donner aussi avec avantage le tannatc sous forme pilulaire.
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