CHAPITRE III
Traitement indirect de l'hérédo-syphilis au moyen du lait de la mére, de la nourrice ou d'animaux soumis à un traitement spécifique. — Preuves de l'élimination du mercure par le lait. Traitement ioduré indirect au moyen du lait. Médication mixte indirecte de l'hérédo-syphilis.
Ce n'est pas seulement lorsqu'elle porte dans son sein le fœtus liérédo-syphilitique que la mère peut le traiter et le guérir par les spécifiques qu'elle prend, qu'elle utilise pour elle-même et qu'elle lui infuse au moyen de la circulation placentaire1. Après la naissance, elle arrive encore au même but avec son lait, si elle continue la médication instituée pendant là grossesse.
Ce fut damier qui proposa, pour la première fois, en 1699, le mode de traitement de l'hérédo-syphilis par le lait de la mère et de la nourrice mercurialisées. Les difficultés qu'on rencontre dans l'administration des antisyphilitiques à de très jeunes enfants en suggérèrent l'idée. Lorsqu'on ne pouvait recourir au lait ni de la mère ni de la nourrice, on employait, pour nourrir et traiter en même temps l'hérédo-syphilitique, celui d'un animal, chèvre, ânesse, vache, qu'on soumeLtait à des frictions hydrargyriques2.
Malgré les bénéfices qu'on en retirait, plusieurs médecins déclarèrent qu'il y avait dans le lait une quantité de mercure trop insignifiante pour lui attribuer une amélioration et une guérison qui tenaient plutôt à la tournure favorable que l'hérédo-syphilis prenait quelquefois spontanément.
Kahler, avec la plus délicate analyse électrolytique,' ne parvint à découvrir, en 1875, aucune trace de mercure dans le lait de femmes qui en avaient pris une assez grande quantité pour guérir leurs manifestations syphilitiques. Et pourtant, quoique leurs enfants n'eussent pas
L. Mercurialisation du fœtus par la mère. — A l'appui des ohservations ch^ niques mettanl hors de doute l'heureuse influence qu'exerce sur le foetus hérédo-syphilitique le traitement hydrargyriorue de la mère, nous avons aujourd'hui des preuves chimiques de la mercurialisation fœtale. En juin 1890, M. Callieiineau communiqua à la Société de Dermatologie et dé Syphiligrttphie le résultai de ses recherches sur les viscères d'un fœtus donl la mère avail été soumise au traitement des frictions. Il trouva à peu près partout du mercure, mais en proportions différentes suivant les organes :
Foie: 0^,00 121, pour 10 grammes de matière; rate :0sr, 00 120; cœur : 0^,00106 ; reins : 0*r,001t)0; méconium : u*r,00040; poumon : 0»',0Q034; rerveau : 0"r,0003 I .
Swediaur raconte que, dans une des familles régnantes en Europe, aucun enfant ne dépassait un certain âge s'il ne suivait pas cô traitement.