‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 55 sur 610 · CATÉGORIES DE SYPHILIS DANS LEURS RAPPORTS · texte numérisé non relu

CATÉGORIES DE SYPHILIS DANS LEURS RAPPORTS

toutes les nuances d'indications qu'impliquent la multiplicité, les différences morphologiques et évolutives, ainsi que la topographie des accidents ?

Est-ce l'infinie diversité qu'on observe dans les symptômes, le processus, la durée et les terminaisons qui nous servira de règle et inspirera notre thérapeutique ? Devrons-nous, au contraire, fixer constamment nos regards sur la cause unique et profonde de la phénoménalité, c'est-à-dire sur l'infection diathésique, la dégager de ses conséquences complexes, pour en faire l'étoile immobile destinée à nous préserver des écarts et à nous maintenir dans la bonne voie, à travers les vicissitudes et les fluctuations de la maladie?

La ligne de conduite la plus sûre, parce qu'elle est en même temps la plus rationnelle, la plus large et la plus clinique, est celle qui se plie, dans la mesure du possible, à toutes les exigences qu'impliquent le présent et l'avenir, les états d'activité ou de repos du virus, les événements qui s'accomplissent sous nos yeux et ceux que nous pouvons prévoir, les chances favorables et les éventualités fâcheuses ou redoutables, sans compter tout ce qui, dans la constitution propre des sujets, leur individualité, leur idiosyncrasie, leur ambiance, est propre à nous suggérer de salutaires déterminations.

SECTION II

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR l'eXPECTATION,

l'abstentionnisme, le pronostic et les indications dérivant de la solidarite entre les manifestations de la syphilis

Il est incontestable que la question du pronostic est étroitement liée, par bien des côtés, à celle du traitement. Aussi, me plaçant à ce point de vue spécial, vais-je l'étudier ici, du moins dans ses grandes lignes. C'est là que nous trouverons la source de toutes les grandes indications qu'il faut avoir sans cesse présentes à l'esprit dans la thérapeutique générale de la syphilis.

On a pu voir, d'après ce <|ni précède, que j'ai fait une large pari à la spontanéité curative de L'organisme, puisque j'ai affirmé qu'il y avait un grand nombre de syphilitiques susceptibles de se guérir seuls, sans le secours des spécifiques. Bien que peu optimiste, j'ai même avancé, en me fondant, il est vrai, beaucoup plus

AVEC L'EXrECTATION ET LE TRAITEMENT.

sur ce qui avait été observé par d'autres que par moi, que ces syphilis exceptionnellement bénignes ne l'étaient pas seulement dans leurs premières phases, mais pendant toute l'existence des individus.

Histoire naturelle de la syphilis.

Diverses catégories de maladie suivant ses rapports avec la nécessité du traitement spécifique.

I. Parmi les syphiliographes français, un des plus éminents, M. le docteur Diday1, est celui qui a dirigé ses recherches dans ce sens-là avec le plus de précision, de méthode, d'observation pénétrante et rigoureuse. Il n'y a même pas dans d'autres pays un seul médecin qui nous ait fourni sur ce sujet des documents aussi précieux. Son Histoire naturelle de la syphilis lui fait le plus grand honneur, et c'est une des œuvres marquantes publiées dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Voici ce que j'erl ai dit autrefois (1883) :

I. Observer et noter ce que devient la syphilis chez un grand nombre d'individus pris indistinctement, sans choix, lorsqu'on ne la combat par aucun traitement mercuriel; comparer ces cas avec ceux où la syphilis, chez un grand nombre d'individus pris indistinctement aussi et sans choix, a été soumise à un traitement mercuriel; analyser, dans les deux séries, toutes les concordances de l'évolution ; dresser des statistiques sur une grande échelle ; suivre et étudier, pendant plusieurs années, la marche de la maladie et surveiller toutes ses péripéties sur les sujets de cette vaste enquête, tels ont été la méthode et le but de M. Diday. Il a mis dans l'accomplissement de cette tâche une patience, une verve, une originalité et une variété de ressources qui ont fait de lui l'adversaire le plus redoutable et le plus autorisé des abus de la médication mercurielle.

En groupant les cas si divers qu'offre la clinique, M. Diday les classe en cinq catégories. Chacune d'elles représente un degré de plus en plus

i. Diday vient de mourir, le 8 janvier 1894, & l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Il ii conservé jusqu'à la dernière heure cette étonnante activité d'esprit qui, pendant plus de soixante ans, lui fit prendre une part militante à tout ce qui s'accomplissnil en vénéréologie. Son esprit chercheur, inventif, ouvert et sans cesse en éveil, allait tout droit aux nouveautés et les défendait ou les attaquait avec une ardeur et une verve juvéniles. Parmi ses écrits si nombreux et si variés sur une infinité de questions, je crois que son Histoire naturelle de la syphilis occupe la première place. Diday laisse un grand nom dans les annales de la médecine française au xix" siècle.

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