‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 56 sur 610 · SYPHILIS QU'IL FAUT TRAITER · texte numérisé non relu

SYPHILIS QU'IL FAUT TRAITER

fort clans l'intensité du mal. Voici le signalement, de chacune de ces catégories :

1° Syphilis ébauchée (7 sur 93). Une seule manifestation cutanée, la roséole, quelques dépolissures de la muqueuse buccale. — Guérison spontanée, sans traitement spécifique, au bout de deux ou trois mois. Dans trois cas, rien de plus au bout de dix-neuf, vingt et vingt-sept ans.

2° Syphilis faible (53 sur 93). Première poussée roséolique ou papuleuse, squames aux régions palmaires et plantaires, plaques muqueuses. Après quelques semaines, deuxième poussée consistant en syphilides sèches plus circonscrites ; quelquefois, troisième poussée, etc. Les caractères essentiels des syphilis de cette catégorie sont de ne produire des lésions visibles qu'au tégument, de durer en moyenne dix mois et demi, de pouvoir guérir en ce laps de temps, sans l'intervention des remèdes spécifiques.

3° Syphilis forte (29 sur 93). Première éruption à larges papules ou ecthymateuse ; débilitation générale; plaques muqueuses ulcérées; tubercules squameux, plantaires et palmaires. — Poussées nombreuses successives, subintrantes, avec lésions de plus en plus graves. — Rhinite ulcéreuse; contratures ; iritis; albuginite; un peu d'anamnésie, douleurs ostéocopes; ecthyma des jambes. Les lésions affectent plusieurs systèmes organiques; elles durent, en moyenne, vingt mois. Pour en triompher, il faut recourir au traitement spécifique.

4° Syphilis galopante (4 sur 90). Ses caractères sont : la brièveté de l'incubation, l'apparition de certaines espèces de lésions sur des régions et à une période où on ne les observe pas ordinairement; la coexistence d'accidents secondaires et d'accidents tertiaires; enfin, l'impuissance relative, même à fortes doses, des spécifiques.

5° Syphilis tertiaire. Les lésions vont en augmentant de gravité et tendent à se perpétuer; elles apparaissent sans aucune régularité; elles sont destructives, viscérales, etc., etc. D'après les statistiques de M. Diday, un malade sur six deviendrait tertiaire dans nos climats1.

1. 11 est fort important, de savoir d'une manière sinon très exacte, du moins approximative, combien de syphilitiques sont atteints d'accidents tertiaires. La proportion de un sur six que donne Diday est exorbitante.

Voici le résultat beaucoup plus rassurant de mes recherches sur ce sujet : aujourd'hui, sur 100 syphilis, il y en a 5, 10, 15 ou 20 qui aboutiront au le'rliarisme. Pas plus de 20, je ne crois pas, mais certainement pas moins de 5. Peutêtre 7, 8, 10, 12 donneraient une moyenne assez exacte.

Dans une récente communication sur la syphilis tardive, faite le 6 septembre 1892 au Congrès international de dermatologie et de svphiliographie, tenu à Vienne, M. Neumann dit que la syphilis tertiaire se montre dans 6,82 pour 100 de l'ensemble des cas de syphilis, et surtout dans la troisième année qui suit l'infection. — Je voudrais un peu plus d'élasticité dans cette moyenne. Le chiffre 6, avec sa fraction de 82, n'est-il pas d'une précision un peu discutable? Il ne faut pas être trop rigoureux ou faii de statistique, surtout en pareille matière.

L'expression numérique de la solidarité entre le lertiarisme et les deux premières périodes est donc relativement faible, et peut-être le deviendra-t-elle de plus en plus. Il est évident que de nos jours un très grand nombre de syphilitiques échappent à toutes les éventualités du terliarisme. Pourquoi? Nous serions très empêché de le dire dans tel ou tel cas; car, la plupart du temps,

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