‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 57 sur 610 · SIGNES PRÉVISIONNELS DES SYPHILIS GRAVES · texte numérisé non relu

SIGNES PRÉVISIONNELS DES SYPHILIS GRAVES

SI

II. Voici maintenant les circonstances qui, dès la première éclosion des accidents, doivent faire prévoir la gravité d'une syphilis : l'induration forte et persistante du chancre, une durée cle la deuxième incubation au-dessous de quarante jours ; des prodromes débilitants , malgré la bonne constitution du sujet ; une éruption papulo-squameuse ou pustuleuse très confluente et généralisée ; l'apparition précoce de plaques muqueuses ulcérées; les mauvaises conditions constitutionnelles ou hygiéniques du sujet, etc. Les manifestations qui sentent le tertiarisme sont, d'après M. Diday, les sternalgies, les tibialgies, un léger degré d'anamnésie, d'impuissance et d'insomnie ; un peu de rhinite, une sensibilité spéciale de la pulpe des doigts. On les observe dans la période prodromique, mais ils ont une signification bien plus sérieuse quand ils apparaissent ou réapparaissent plus tard, par exemple après dix ou douze mois cle syphilis secondaire progressive.

II. Les catégories de M. Diday, fondées sur le degré de gravité des cas, peuvent être admises d'une manière générale. Mais il importe d'y faire cette restriction sérieuse, que la bénignité d'une syphilis, pendant ses deux ou trois premières années, ne met pas absolument à l'abri des déterminations viscérales, et entre autres des syphiloses du névraxe.

C'est un point que j'ai établi depuis longtemps. D'ailleurs, parce qu'il y a des cas légers et qui guérissent d'eux-mêmes, s'ensuit-il forcément qu'on ne doit pas leur donner les spécifiques indiqués dans les cas graves ou malins? La bénignité ne peut pas constituer une contre-indication; elle implique seulement la nécessité de prescrire un traitement faible et moins longtemps continué.

J'ai tenu à rendre pleine justice aux travaux de M. Diday. Bien que je ne partage pas ses idées, j'ai voulu que le résumé de ses investigations trouvât place dans mon ouvrage sur le traitement de la syphilis. Quelle que soit notre manière de voir, ne la laissons jamais absorber notre esprit. Qu'il reste largement ouvert à toutes les idées ; qu'il fasse assez abstraction de lui-même, de ses inclinations, de ses vues personnelles, pour porter un jugement impartial et bienveillant sur les œuvres d'une grande valeur, alors

nous ne savons que penser sur l'avenir prochain ou éloigné, alors même que nous tenons compte de tous les éléments qui nous sont fournis par le malade lui-même on par sa maladie. Nous en sommes réduit à avouer, pour les cas ordinaires, que c'est une affaire de chancè, Tel ou tel malade échappera sans doute au tertiarisme, parce que ce dernier est relativement peu fréquent par rapporta l'ensemble des syphilis q.uj se terminent d'une façon favorable. Un traitement mercuriel ioduré, mèreuriel surtout, donne contre le tertiarisme de sérieuses garanties.

Mauhiac. G

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