‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 565 sur 610 · LA PROPHYLAXIE RADICALE CONTEE LA SYPHILIS VACCINALE · texte numérisé non relu

LA PROPHYLAXIE RADICALE CONTEE LA SYPHILIS VACCINALE

à elle qu'il faut attribuer plusieurs endo-épidémies célèbres dans les fastes de la syphilis. Elle a donné lieu, en plusieurs pays, à des discussions si retentissantes qu'on a pu craindre un moment qu'elle n'ébranlât, par la terreur qu'elle inspirait, la confiance des méde-

silions suivantes : i" Il est indispensable que chaque nourrisson ait à lui seul un biberon que, pour aucun motif, on ne prêtera à un autre enfant; 2° avant de donner un biberon nouveau, il faudra le désinfecter soigneusement avec une solution de sublimé au millième (Liqueur de Van Swielen); 3° le biberon donl un enfant vient de se servir sera désinfecté avec une solution d'acide borique à 40 0/0 et mis sous clef; on ne le laissera jamais traîner dans le lit d'enfants ou de personnes suspectes; 4° on nettoiera le biberon séparément et avec des mains préalablement désinfectées; b" la nourrice doit veiller ace qu'aucune personne étrangère n'amorce Je biberon, ne goûte le lait, n'intervienne en quoi que ce soit dans l'allaitement artificiel) 6° jamais on ne laissera un nourrisson sain coucher dans le même berceau qu'un enfant suspect et, à plusforle raison, syphilitique. — Il coule de source que toutes ces précautions s'appliquent aux appareils autres que le biberon : à la cuiller, à la tasse, au petit pot. à la téterelle. Tous ces ustensiles d'allaitement ne serviront qu'au mèmeenfanl et seront toujours soigneusement désinfectés et strictement surveillés.

II. L'allaitement par un animal s'obtient en plaçant directement le nourrisson auprès d'une chèvre, au trayon d'une ânesse. De ces deux animaux lequel préférer? Les avis sont partagés. Le lait stérilisé a porté grand torl h l'élevage artificiel parles animaux. Par la chèvre et l'ànesse, la contamination ne peut être que médiate, puisque ces bêtes, comme toutes les autres, sont réfraclaires à la syphilis. Donc, le pis de la chèvre, le trayon de l'ànesse seront lavés, désinfectés avec les plus grandes précautions par des mains également désinfectées. Un enfant de santé inconnue, un enfant suspect et. à fortiori, un enfant syphilitique ne devraient jamais être nourris par le même animal qu'un enfant sain.

Moyens de prophylaxie générale dans le cours de l'allaitement. — lit tout d'abord, l'enfant peut-il être infecté par sa mère au moment de l'accouchement, au passage? Le fait ne pourrair se produire que si la mère avait un chancre des parties génitales, contracté dans les deux derniers mois de la grossesse et antérieur de quelques jours seulement à la parturilion. — L'enfant n'aurait alors aucune souillure hérédo-svphilitique et par conséquent ne serait pas immunisé. Un pareil concours de circonstances se rencontre si rarement, qu'on peut presque nier, comme on l'a fait du reste, la contagion au passage. — La prophylaxie se réduirait aux lavages antiseptiques surtout le corps de l'enfant, au fur et à mesure qu'il sort de la mère puis après sa naissance ; sans compter l'antisepsie des parties génitales et la cautérisation de ses chancres, etc.

Parmi les innombrables circonstances faciles à deviner qui président à la contamination après la naissance, signalons-en quelques-unes : promiscuité, allaitements mercenaires et non surveillés, etc.; contamination des enfants par la syphilis de leurs parents devenus syphilitiques après la naissance, par leurs bonnes, leurs gouvernantes, les serviteurs et les familiers de la maison, etc. Le baiser, en pareil cas, est le mode le plus habituel de la contagion. Nombre de cas très curieux : succion par l'enfant de ses doigts introduits dans les bouches affectées de plaques muqueuses; contamination des enfants entre eux; contamination par des ustensiles de ménage, des objets de toilette, des éponges, des cuillers, des brosses à dents, des jouets, surtout des instruments de musique, etc., etc. Inutile d'énumérer toutes ces sources de conlagion. Elles sont, devenues de notion vulgaire. La véritable prophylaxie consisterait à ne jamais les perdre de vue dans tout allaitement et à faire un milieu sain et, très surveillé autour du nourrisson.

EST LA SUBSTITUTION DU VACCIN ANIMAL AU VACCIN HUMAIN. ~<5.'l

cins et du public dans la vaccinalion. Comme il arrive presque toujours, on avait exagéré le péril ; mais cela ne valait-il pas mieux encore que de ne pas le voir ou de le tenir caché? Aujourd'hui, grâce aux recherches d'un grand nombre d'observateurs, surtout à celles de Rollet et de son élève M. Viennois (1860-64), les difficiles et nombreux problèmes se rattachant à ce mode d'infection ont été complètement résolus. Aussi la prophylaxie a-t-elle fait tant de progrès, que la syphilis vaccinale est devenue une rareté et qu'elle est même destinée à disparaître prochainement.

N'avons-nous pas, du reste, un moyen radical pour l'empêcher de se produire ? Ce moyen, c'est la substitution du vaccin anima/, du vaccin de génisse au vaccin humain.

I. Ne plus vacciner qu'avec du vaccin de génisse, tel est le dernier mot de la prophylaxie et la sauvegarde la plus certaine qu'on puisse trouver, dans la pratique, contre les dangers de la vaccination. On a fini par le comprendre; partout on voit maintenant le vaccin animal se substituer au vaccin humain. C'est qu'avec ce dernier, malgré toutes les précautions que dicte la prudence et qui sont bien connues, on ne parvient pas toujours à con jurer les risques d'inoculation syphilitique. Rien n'est plus difficile que de trouver nu vaccin pur offrant les garanties les plus complètes, les plus absolues, quand on ne l'a pas étudié depuis longtemps, et qu'on ne connaît pas toutes les conditions qu'il doit réunir pour être irréprochable.

On a dit qu'en n'acceptant comme vaccinifère que des enfants âgés d'au moins plusieurs mois, on avait des chances pour que leur vaccin fût pur, parce qu'il est démontré que l'hérédo-syphilis se manifeste habituellement dans les premières semaines ou les premiers mois. Cette garantie est illusoire. Maintes fois, en effet, l'infection vaccino-syphilitique a été transmise par des enfants qui ont dépassé cette limite d'âge. Dans un cas célèbre rapporté par M. Millard, le vaccinifère qui infecta, par son vaccin, neuf enfants et plusieurs adultes, avait environ six mois. L'enfant qui fut l'origine de cette terrible épidémie vaccino-syphilitique. de Rivalta en avait onze

Quand on surveille depuis leur naissance les enfants destinés à servir de vaccinifères, peut-on, si on ne découvre chez eux aucune trace de syphilis, certifier que leur vaccin est inoffensif? Sans doute, de pareils sujets sont moins dangereux que ceux qu'on prend au

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