INFECTION DU VACCIN HUMAIN PAR LE SANG
pris sur des pustules vaccinales, 8 ou 10 jours après leur apparition, c'est-à-dire longtemps avant qu'elles fussent devenues un chancre infectant, n'en a pas moins communiqué la syphilis à un grand nombre d'enfants (11 à Lupara, 7 à Rivalta). Il est probable qu'en pareil cas le virus syphilitique n'avait pas été créé par les deux vaccinifères, qu'il n'était qu'en dépôt dans leurs pustules, et qu'ils n'avaient fait que servir d'intermédiaire entre le vaccinifère qui les avaient infectés et ceux qu'ils ont infectés à leur tour. Ce serait donc une contagion médiate.
Presque toujours la contamination est transmise de bras à bras. Elle peut l'être aussi par le vaccin conservé, en tubes ou en plaques. On ne sait à quelle époque un vaccin conservé et vieux cesse d'être dangereux.
L'observation a démontré qu'un vaccin qui est souillé de virus syphilitique ne transmet pas toujours la syphilis, et cela soit qu'il réussisse ou ne réussisse pas à vacciner. Il y a, à cet égard-là, des résultats fort singuliers et contradictoires qui tiennent à plusieurs causes. Le seul point important pour la prophylaxie vaecino-syphilitique, c'est de savoir quelle est la matière qui, dans un vaccin infecté, est susceptible de transmettre la syphilis.
III. D'après M. Viennois, qui a fait sur ce sujet de remarquables travaux, c'est le sang mêlé au vaccin qui constitue l'élément essentiel, et même le seul, de la virulence syphilitique, à condition, toutefois, d'y être en assez grande quantité pour le colorer en rouge ou le teinter en rose. L'œil serait par conséquent capable de juger si le vaccin est ou non susceptible de transmettre la syphilis.
D'autres croient ce critérium très aléatoire, parce qu'une quantité quelconque de sang, et même ses seuls globules blancs, suffiraient pour rendre contagieux le vaccin qui les contiendrait. — Selon d'autres, la vaccine devenue purulente serait seule dangereuse. — D'autres enfin, s'imaginent que l'infection vaceino-syphilitique peut se faire par les lamelles épidermiques que la lancette de l'opérateur détache de la peau du vaccinifère.
Les hypothèses qui attribuent aux globules blancs du sang, aux globules du pus, aux lamelles épidermiques le pouvoir contagieux ne reposent pas encore sur des faits positifs. Mais il est, au contraire, bien démontré par une longue expérience que le sang mêlé au vaccin a le pouvoir de transmettre la syphilis, comme