IL FAUT TRAITER TOUTES LES SYPHILIS
mémo qu'elles pécheraient par quelques côtés, qu'elles auraient vieilli ou seraient démodées.
« Des syphilitiques et du mercure, disait autrefois M. Diday, peu à peu il en sera ce qui en a été des pneumoniques et de la lancette. Depuis qu'on les soigne, ils perdent le goût d'être jur/ulés. »
III. Eh bien, ces prévisions ne se sont pas réalisées. Loin de là, comme on va le voir. Du reste, M. Diday aurait été plus conséquent avec lui-même, au point de vue pratique, si, au lieu de faire des catégories de syphilis qu'il faut traiter* et d'autres catégories qu'il ne faut pas traiter, il les soumettait toutes au traitement hydrargyrique. Ne reconnaît-il pas que, s'il n'est point préventif, il est incontestablement curatif? Pourquoi, dès lors, s'abstenir" de l'administrer dans les cas légers? Est-ce parce qu'il est nuisible? Mais non, il ne l'esL point à de faibles doses. Est-ce pour se donner la satisfaction de voir une grave maladie évoluer et guérir spontanément? Certes, ce spectacle est intéressant au point de vue pathologique ; mais, le fait établi et étudié sous toutes ses faces, ne vaudrait-il pas mieux traiter, proportionnellement à l'intensité des manifestations, que de se condamner à l'inertie thérapeutique pour en faire un argument?
Oui, il y a des affections spontanées, accidentelles, toxiques et même constitutionnelles qui s'arrêtent et se résolvent d'ellesmêmes. Beaucoup d'inflammations aiguës et d'exanthèmes sont dans ce cas. A la rigueur, on pourrait se dispenser de les attaquer avec violence. Et pourtant, si nous avions un spécifique contre la pneumonie, la rougeole, la scarlatine, etc., et si ce spécifique pouvait être toujours administré sans inconvénient et avec des avantages marqués, ne tâcherions-nous pas d'obtenir ces avantages, même dans les cas les plus légers? Est-ce qu'un cas, si léger qu'il soit, n'est pas quelque chose d'anormal dont il faut se débarrasser le plus promptement possible1?
1. Parmi les partisans de l'expectalion, il faut citer deux médecins fort distingués, II. Zeissl et son fils Maximilian. « La syphilis, dit ce dernier, aussi bien que toute autre affection, peut guérir spontanément, sans traitement, après un temps plus ou moins long. Les guérisons ainsi obtenues sont généralement définitives. » — Un autre savant sypliiliographe de Vienne, M. Neumann, soutient, au contraire, que le Imitnnait nul ip. mil (exportation) rend la maladie beaucoup plus longue et que « des formes graves apparaissent également avec lui, comme avec d'autres méthodes de traitement. 11 faut encore rejeter l'expectation, au point de vue social, en raison du danger qui résulte de l'aggravation des symptômes, et du retour incessant des plaques muqueuses des lèvres et des organes génitaux».