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DOIT ÊTRE LA MÊME POUR D'HOMME ET POUR LA. FEMME

Qu'on organise contre la prostitution tous les systèmes de défense, d'assainissement, de sécurité que suggèrent l'hygiène et la médecine, rien de mieux. Que, clans l'application de ces mesures prophylactiques, on fasse appel aux pouvoirs publics pour les généraliser et les rendre plus efficaces, rien de mieux encore. Mais qu'on renonce aux mesures coercitives contre la femme seule. Et, si l'on croit que des mesures administratives et policières sont indispensables pour régulariser, réprimer, circonscrire et assainir le commerce sexuel, que l'homme s'y soumette comme la femme et qu'il ne s'affranchisse pas de cette police des mœurs qui restera toujours, même dans son exercice le plus modéré, suspecte et impopulaire tant qu'elle n'aura que la femme pour objectif et pour victime.

IV. Ceux qui se piquent de n'avoir en vue et de ne faire que de la prophylaxie pratique diront sans doute : A quoi bon philosopher sur un pareil sujet? Pourquoi faire intervenir sans cesse le respect de la liberté individuelle et de l'égalité entre les sexes? Pourquoi sacrifier l'intérêt général à des arguments spéculatifs qui excluent toute mesure efficace de préservation sociale contre les maladies vénériennes ?

Eh bien, qu'on ne s'y trompe pas. La médecine et l'hygiène qui feront table rase de ces grands principes ou qui les dédaigneront, n'arriveront qu'à élaborer une œuvre de prophylaxie incomplète qui ne résistera pas aux progrès dans les idées et à l'adoucissement dans les moeurs. Si vous pensez que la santé publique est une loi suprême et qu'il faut employer tous les moyens pour la sauvegarder, frappez l'homme et la femme. Mais cette dernière est vouée à être constamment le bouc émissaire de tous les maux vénériens. A cet égard-là, nous en sommes toujours aux préjugés et aux pratiques odieuses, ineptes et barbares du moyen âge. La seule restriction qu'il soit permis de faire, c'est que nous y mettons moins de cruauté et de

peut infecter. A Paris, nous dit M. le Dr Barthélémy, plus de 30 soldats ont été contaminés par la môme Femme, qui a fait plus de lort à notre armée qu'une batterie allemande. — M. Tarnowski raconte les prouesses d'une femme qui, à elle seule, infecta 320 hommes en 10 mois.

Sans doute tout cela est fort déplorable. Mais, croit-on naïvement que c'est en vertu d'une moralité supérieure que l'homme n'infecte pas autant <|ue la femme? S'il multiplie moins qu'elle les maladies vénériennes, c'est tout simplement, parce que, .à son grand regret, il est plus limité dans ses moyens génitaux. S'il pouvait, aussi souvent, avec la môme facilité et sans plus d'efforts que la Femme, répéter, à son gré, l'acte sexuel, soyez convaincus qu'il ne s'en ferait pas raute et deviendrait un agent Formidable d'infection vénérienne. Rien ne l'arrêterait, et nous verrions alors des milliers dé femmes conlaminées par un seid individu...

788 PROSTITUÉES HT PROSTITUANTS.

conviction. Que ceux qui légifèrent, décrètent et réglementent dans ces affaires délicates et scabreuses se rappellent L'admirable parole, qui a eu un si profond retentissement de pitié généreuse, de sympathie et de justice dans le monde moral : Qui sine peccato est vestrûm, primus in illam lapidem mittal.

V. On nous parle toujours de la prostituée ; et \t prostituant, vous semblez ne pas soupçonner son existence! Je trouve monstrueux qu'on dise que toute femme qui fait commerce de son corps doive être soumise à certaines servitudes, à certaines mesures permettant de contrôler la qualité de la marchandise, et de protéger le consommateur. Mais, d'abord, ce consommateur peut se protéger lui-même et de la façon la plus efficace, c'est-à-dire en ne consommant pas. Et puis, pourquoi ne pas asLreindre ce consommateur à certaines servitudes, à certaines mesures propres à garanlirla marchandise? Le faiLes-vous? Jamais.

Ce sentiment de juste répartition entre l'homme et la femme dans la responsabilité du mal vénérien n'aurait-il pas dù inspirer tous ceux qui ont discuté ce grave sujet de prophylaxie sociale?

Que d'abjects individus parmi les hommes sont plus dangereux que les femmes et que les filles ! On ne sait pas tout ce qu'il y a de bassesse, de perversité, d'ignominie, d'absence de tout scrupule chez certains de ces êtres qui sont une calamité sociale plus repoussante et plus infâme que les pires des prostituées ! Ceux-là vous les respectez. Personne n'oserait attenter à leur liberté, ni les retenir seulement un jour de plus qu'ils ne le voudraient dans un hôpital, ni les interner de force. Mais cela semble tout naturel pour les femmes! Et on trouve, tant est puissant le préjugé contre elles, cette mesure très mitigée! Pourquoi no fait-on pas des décrets, pourquoi ne prend-on pas des mesures coercitives contre tous les chevaliers de l'industrie vénérienne : proxénètes, souteneurs qui forment une armée dangereuse, exploiteurs de la femme sous toutes les formes. combinatori si nombreux en Italie, et tout cet immonde personnel masculin de la prostitution ?

VI. Le mot provocation tient une grande place dans le code des contraventions et des délits prostitulionnels. Qu'entend-on par là? Il y a une gamme infinie dans les manèges qu'emploient les femmes pour attirer devers elles : les uns sont subtils et charmants, d'autres vulgaires et grossiers, etc. Elles font de leur mieux pour réussir,

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