‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 595 sur 610 · PAR RENDRE INUTILE LA PROPHYLAXIE GOERCITIVE · texte numérisé non relu

PAR RENDRE INUTILE LA PROPHYLAXIE GOERCITIVE

quinzaine est notoirement insuffisante. Une visite hebdomadaire serait nécessaire; mais pour cela il faudrait beaucoup de dispensaires. Quant aux prostituées clandestines qui ne se traitent que selon leur bon plaisir, donnons-leur du moins des moyens faciles de le faire; eflbrçonsnous de leur en faire comprendre les avantages, de leur en inspirer le désir, de combattre l'insouciance, la mauvaise volonté, l'ignorance, si communes clans cette catégorie de femmes. L'impartialité, la justice et l'humanité feront plus pour améliorer l'état sanitaire dans le domaine des maladies vénériennes que les mesures répressives. Ce sont ces sentiments qui doivent présider à la réorganisation du service des mœurs. Il faut que les agents soient remplacés par des inspecteurs d'hygiène instruits, clairvoyants, et qui donnent confiance au lieu de terroriser.

M. le D'' Augagneur, un des plus savants médecins de Lyon, répondit à M. Barthélémy clans cette même séance, et commença par déclarer qu'après avoir soutenu autrefois la thèse de la î^églementation, il avait depuis complètement changé d'avis.

» Il faut, dit-il, tenir compte de l'opinion publique; or celle-ci est absolument opposée aux mesures répressives. Au demeurant, la répression est injuste, car elle n'atteint que la femme, en permettant à l'homme de répandre impunément la maladie dont il est affecté. Elle est de plus en plus impuissante, caries maisons fermées disparaissent de jour en jour, la prostitution libre est impossible à surveiller et la prostitution clandestine augmente aux dépens des deux autres... La plupart des hommes infectés le sont dans certains établissements de boissons, qui sont des foyers de prostitution clandestine. La loi qui a permis à tout individu d'ouvrir un cabaret a, plus que toute autre chose, contribué h. répandre la syphilis. Il faudrait donc réglementer le nombre des débits de boissons... Dans les hôpitaux de vénériens, les malades se sentent trop enfermés, trop surveillés. Quand un soldat a contracté une maladie vénérienne, ilcbercbe, autant que possible, à se caclier, car si elle vient à. être reconnue, il en résulte une lare qui peut nuire à son avancement. Il faut donc rendre les hôpitaux de vénériens plus abordables, inoins rébarbatifs, pour que les malades se I ; ti s s r ■ 1 1 1 plus facilement soigner. »

MM. Feulard et Verchère se montrèrent aussi très partisans des moyens indirects proposés par M. Augagneur, c'est-à-dire la surveillance des débits de boissons, des hôtels garnis, des maisons de passe, vrais repaires de la prostitution clandestine.

« La diminution des maisons publiques est regrettable, dit M. Feulard, car l'idéal en matière de surveillance serait de pouvoir réunir toutes les tilles dans ces maisons. La préfecture de police, à Paris, sans vouloir essayer de ressusciter les maisons de tolérance proprement dites, dont le public semble perdre le goût, essaie du moins de favoriser la création de maisons de rendezvous, qui sont préférées paire qu'elles laissent à leurs clients un certain degré d'illusion, mais dans lesquelles toutes les Mlles reçues sonl des filles en carte, c'est-à-dire soumises aux visites... »

« Il faudrait, dîl M. Gémy, fermer un grand nombre de débits, qui seul des maisons de prostitution clandestine, et favoriser les maisons fermées. La visite médicale p esl pas bien Faite, parce qu'il y a. trop de femmes à voir. Il faudrait, d'une pari, augmenter le nombre des médecins chargés de celle surveillance et', d'autre part, dispenser de la visite toutes les femmes dent la. syphilis remonte ;| plus de quatre ans. Les médecins, avant ainsi moins de femmes a voir, les examineraienl mieux,

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