CONCLUSIONS SUR LA. PROPHYLAXIE SOCIALE
CONCLUSIONS SUR LA. PROPHYLAXIE SOCIALE CONTRE LES MALADIES VENERIENNES
Voilà où nous en sommes, à la fin du dix-neuvième siècle. Les vieilles institutions qui s'arrogeaient le droit de réglementer Je commerce sexuel en ne visant que la femme, ne sont pas sans doute définitivement abolies; mais on sent qu'elles craquent de toutes parts, comme un édifice vermoulu prêt à tomber en ruine.
L'emploi et surtout l'abus arbitraire de la force publique contre les femmes qu'on englobe vaguement et bien souvent sans preuves sous le nom beaucoup trop élastique de prostituées est discrédité et ne résistera pas à l'indignation publique.
Une révolution salutaire est en train de s'accomplir dans la prophylaxie sociale. De plus en plus restreinte en ses attributions, la police des mœurs sera remplacée par des comités d'hygiénistes et de médecins. Les notions de prophylaxie pénétreront de plus en plus dans les masses. La femme ne sera pas plus responsable que l'homme des maux qu'entraîne le commerce sexuel; et chaque individu, dans l'un et l'autre sexe, s'en garantira de son mieux, comme il l'entendra, et ne s'en prendra qu'à lui-même s'il n'y réussit pas.
La société n'aura d'autre devoir moral que de multiplier les dispensaires et les hôpitaux spéciaux, sans employer aucune mesure coorcilive pour y faire entrer ou y retenir; de donner toute facilité pour les visites sanitaires libres; de prodiguer les soins, les médicaments, les secours, en se laissant guider par les sentiments de justice et d'humanité qui doivent exclure toute Ûétrîssure humiliante pour les individus des deux sexes atteints de maladies vénériennes.
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