‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 61 sur 610 · LA SOURCE D'UNE SYPHILIS · texte numérisé non relu

LA SOURCE D'UNE SYPHILIS

[. Pour le traitement, les signes prévisionnels fournis par la syphilis à l'état naissant sont ceux qui offrent le plus d'intérêt. Plus tard, le pronostic est moins énigmalique et, par conséquenl, les indications reposent sur un terrain plus solide et qui a déjà donné la mesure de ce qu'il peut produire.

Tout h fait à l'origine de la syphilis, il y a le virus qui la communique. Les sources de ce virus sont très nombreuses. Auront-elles une influence sur l'infection qui émanera d'elles ? Y a-t-il différentes qualités dans le virus, différents degrés qui imprimeront un caractère particulier et susceptible d'être prévu à la syphilis qu'il va communiquer ?

Le chancre, ai-je dit dans le Pronostic de la syphilis, ne réfléchit nullement le foyer générateur. Il émane, du reste, très souvent de lésions qui ne sont pas même des chancres, puisque toutes les manifestations sécrétantes de la période secondaire sont susceptibles de lui donner naissance, sans compter les manifestations tertiaires prématurées, qui surviennent avant leur date, c'est-à-dire à une époque rapprochée de la syphilis primitive. Bien plus, le virus sans foyer, le virus diffusé dans le sang est contagieux et inoculable ; il peut, à certains moments, produire le chancre tout aussi bien que n'importe quelle lésion cutanée ou muqueuse de la période secondaire.

La contagion ne fait que transplanter le principe virulent. C'est le terrain organique sur lequel il va végéter qui lui imprime telle ou telle forme. C'est lui qui crée toute la phénoménalité de la syphilis primitive, depuis la contamination jusqu'à l'apparition des accidents consécutifs. Chaque individu est, pour ainsi dire, l'artisan de sa syphilis. Il la façonne à sa manière, suivant des conditions qui lui sont propres et qui prédominent dans toutes les phases du processus. La solidarité entre la lésion qui infecte et celle qui est le résultat de cette infection n'implique aucune corrélation nécessaire, par delà l'acte élémentaire de la transmission. Cette solidarité n'est ni morphologique ni évolutive. Aussi voit-on parfois de petits chancres éphémères, des plaques muqueuses insignifiantes, donner lieu à d'énormes néoplasies primitives ou même à des chancres infectants, plus ou moins empreints de malignité phagédénique. L'inverse peut avoir lieu. Les confrontations, quand elles sont possibles, ce qui est rare, exposent à d'étranges surprises ceux qui croient à la fatalité de la transmission similaire sous tous ses modes et dans toutes ses particularités. Ainsi, il y a souvent un contraste frappant entre les syphilis primitives de même provenance, et, de plus, entre chacune de ces syphilis et la lésion qui les a communiquées.

Toutefois, comme les individualités syphilitiques fortement accentuées deviennent aujourd'hui de plus en plus rares et qu'un type moyen, uniforme, sans considérable écart de phénoménalité et de processus, constitue la majorité des syphilis, il est possible de constater une assez grande similitude entre toutes leurs périodes.

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