‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 62 sur 610 · NE FOURNIT AUCUNE INDICATION POUR SON TRAITEMENT · texte numérisé non relu

NE FOURNIT AUCUNE INDICATION POUR SON TRAITEMENT

Plus loin, j'ajoutais :

Vous voyez donc combien, pendant la période primitive, sont lâches et flottants les liens de solidarité entre les syphilis qui procèdent l'une de l'autre, par voie de contagion. C'est bien le môme microbe qui entre en campagne et entreprend une nouvelle expédition ; mais les résultats en sont subordonnés à des circonstances qui ne dépendent pas de lui. A moins que le nouvel organisme qu'il attaque ne soit parfaitement semblable à celui qu'il quitte, les lésions qui vont résulter du conflit varieront dans de larges limites, suivant maintes conditions permanentes oumomentanées, accessoires ou fondamentales, de faiblesse ou de résistance organique et vitale. C'est là ce qui constitue la prédisposition. Je vous en parlerai souvent plus tard, car elle joue un grand rôle dans la syphilis, oti son importance est peut-être plus évidente que dans d'autres infections transitoires ou constitutionnelles. Ce qu'elle est, comment vous le dire? Ne résulte-t-elle pas, en effet, d'une manière d'être si intime, que son principe se perd et s'absorbe dans les plus obscures profondeurs de la vie cellulaire? On ne la voit pas, on ne la devine même pas dans le jeu normal du fonctionnement organique. Tant que dure l'équilibre de la santé , elle reste latente. Mais vienne la cause spéciale ou spécifique qui pénètre jusqu'à elle et qui souvent est seule capable de secouer sa torpeur, et la voici qui s'éveille, se met à l'œuvre, apparaît, grandit, éclate sous le masque trompeur d'une santé florissante, et consterne par le caractère imprévu, impétueux, irrésistible de son activité morbigène.

Ainsi, jusqu'à présent, rien ne nous autorise à supposer qu il existe une relation forcée entre la provenance d'une syphilis et son degré d'intensité. Une syphilis forte, grave, maligne, peut ne communiquer qu'une syphilis faible et bénigne. Sans doute, c'est contraire à la raison, mais il faut bien qu'elle s'incline devant les faits. Combien de fois ne voyons-nous pas des syphilis très graves communiquées par des sujets qui n'en ont eu que de très légères. J'ai soigné récemment une dame contaminée par son mari et qui, dès le début de sa maladie, a eu des déterminations ulcéreuses sur la peau ; plus tard, malgré le mercure et l'iodure, il lui est survenu de l'aphasie et une hémiplégie droite, etc. Et le mari avait si peu souffert de sa syphilis, qu'il n'en conservait plus qu'un vague souvenir. Assurément, la syphilis de la femme provenait d'une plaque muqueuse du mari absolument insignifiante, puisqu'elle était passée inaperçue. Chez les nourrices, on voit aussi, très fréquemment, comme chez les jeunes mariées, des syphilis fort sévères, bien qu'elles n'aient été communiquées que par des plaques muqueuses de leur nourrisson. Il est vrai que la virulence dans l'hérédo-syphilis

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