RÉSUMÉ DES PRÉLIMINAIRES
des accidents tertiaires graves viennent attester la permanence de l'infection dans l'économie.
Il faut bien reconnaître, néanmoins, que les . érythèmes superficiels, les roséoles simples et de courte durée, sans mélange de papules, de squames et de croûtes, présagent une infection syphilitique infiniment moins grave et profonde que les formes suppuratives et ulcéreuses des déterminations cutanées et muqueuses, et, réciproquement, que ces dernières, quand elles surviennent d'emblée au début de la période secondaire, ont une signification très défavorable. Mais il ne faut pas que nos prévisions, dans un sens ou dans un autre, embrassent un trop long avenir et dépassent, par exemple, une période de quinze à vingt mois. Il y a, en effet, des syphilis graves tout d'abord qui rétrogradent peu à peu, guérissent beaucoup plus vite qu'on ne l'espérait et disent leur dernier mot au bout d'un ou deux ans. D'autres, infiniment plus perfides, attaqueront, par exemple, les centres nerveux en pleine période d'accalmie, après quelques poussées cutanées ou muqueuses insignifiantes.
IV. Que conclure de ce qui précède? C'est que les résultats de l'infection ne restent pas constamment identiques à eux-mêmes pendant toute l'existence des individus, qu'ils sont susceptibles de se modifier avec le temps, soit parce que des circonstances que nous ignorons leur impriment une direction topographiqne inattendue, soit parce que l'économie ne se trouve plus, à la longue, dans le même état d'aptitude à subir ou à repousser l'influence nocive qu'exerce sur elle le virus syphilitique.
Que conclure encore au point de vue spécial qui nous occupe, c'est-à-dire à celui du traitement? C'est que toute syphilis qui commence bien pouvant tourner mal, plus tard, et aboutir aux pires éventualités, surtout pour les centres nerveux, il faut l'attaquer sérieusement, dès son début, avec les spécifiques. Les incertitudes de l'avenir nous imposent l'obligation formelle d'instituer, dès le début, dans tous les cas de syphilis, même dans les plus légers, la médication spécifique mercurielle et iodurée, la première principalement, sous les modes et pendant la durée les plus propres à lui faire donner le maximum de son influence préservatrice, si précaire qu'elle soit
I. M. le professeur Neumann croit que les cures préventives n'ont d'autre résultat que d'imprimer à la syphilis une marche irrégulière; elles n'ont ciucune influence sur la nature de la maladie. Il faut restreindre le traitement .•m cas où la sclérose primitive est accompagnée de phimosis, de gangrène et de destructions considérables. Cette opinion, qui est aussi celle de M. Kaposi, 3era réfutée ultérieurement, quand il s'agira du traitement de lasyphûis primitive.