CHAPITRE IV
Résumé des principales questions de thérapeutique spécifique exposées et discutées dans les préliminaires.
I. La syphilis possède deux spécifiques doués d'une grande puissance, mais qui ne réalisent pas cependant la conception idéale que nous nous faisons du spécifique.
Ces deux spécifiques sont le mercure et l'iodure de potassium. Ils ont une supériorité incomparable jusqu'ici sur tous les remèdes qu'on a employés contre la syphilis, depuis la fin du quinzième siècle.
II. Il faut distinguer en eux deux actions : l'action curative et l'action préventive. Elles devraient être inséparables, et s'exercer, au même titre et dans la même mesure, contre la maladie. Malheureusement, il n'en est pas ainsi, et c'est là ce qui les rend incomplets et insuffisants.
Leur action curative est souvent merveilleuse et fait bien rarement défaut, dans l'ordre des manifestations que chacun d'eux est plus spécialement apte à combattre.
Il est loin d'en être ainsi de leur action préventive. Elle est très inférieure, en effet, à leur action curative, si tant est qu'elle existe, ce qui est possible et probable, mais, dans tous les cas, fort difficile à mettre en évidence, à démontrer d'une façon irréfutable. Toujours est-il que cette action est faible, précaire, peu profonde et sans grande portée, puisque les poussées successives de la maladie, ses récidives s'effectuent à peu près fatalement chez ceux qui sont traités et chez ceux qui ne le sont pas.
III. Il n'y a qu'une circonstance où cette action préventive apparaît de manière à faire illusion et à inspirer une grande confiance : c'est lorsque les spécifiques détruisent l'aptitude à la transmission héréditaire chez l'homme ou la femme, exempts de toute manifestation syphilitique. L'expérience de chaque jour démontre, en effet, que le mercure neutralise l'infection latente du sperme, de l'ovule et du sang qui donne lieu à Phérédo -syphilis.
IV. Mais il ne neutralise cette infection toute spéciale que comme il guérirait une syphilide ou une autre manifestation matérielle de