ENTRE L'ACTION CURATIVE ET L'ACTION PRÉVENTIVE DES SPÉCIFIQUES
la maladie, car il laisse à cette infection la possibilité de se reproduire, et il ne préserve nullement le sujet des atteintes ultérieures de la diathèse.
Après le traitement, la transmission héréditaire peut s'effectuer de nouveau et des accidents syphilitiques réapparaître chez les géniteurs.
Donc la diathèse n'a été que transitoire, et l'influence préservatrice n'a pas été attaquée à fond.
V. Dans ces questions obscures, il faut tenir compte du temps, qui est un facteur d'une importance aussi grande, sinon plus grande, comme préservation, que le traitement.
VI. Il faut tenir compte aussi de la spontanéité curative que possède l'organisme. Elle existe, à n'en pas douter, puisque des faits innombrables démontrent que l'on peut, à la rigueur, guérir de la syphilis sans le secours des spécifiques.
Il est vrai qu'elle est fort variable ; que, primitivement, faible chez certains sujets, elle le deyient de plus en plus ; qu'elle triomphe assez aisément de certains accidents de la période secondaire, mais infiniment moins de ceux qui relèvent du tertiarisme.
VII. Comme le traitement bien dirigé ne peut jamais nuire et qu'il seconde puissamment la spontanéité curative de l'organisme, on ne doit jamais abandonner la syphilis à son évolution naturelle.
Quels que soient les degrés, les formes, les tendances, l'âge de la syphilis, il faut toujours la soumettre au traitement spécifique.
VIII. C'est impérieusement indiqué lorsqu'elle est en activité. Ne serait-on pas coupable de laisser n'importe quelle manifestation de la syphilis, même la plus faible, suivre son cours, quand on peut la traiter et la faire disparaître grâce à l'action curative si certaine des spécifiques?
IX. Doit-on diriger la médication spécifique contre la diathèse indépendamment de ses manifestations? Oui. Sans doute, l'influence préservatrice est bien aléatoire; mais enfin il suffit qu'elle soit possible et môme probable, pour décider de notre intervention, môme dans les accalmies de l'infection.
Seulement nous agissons un peu dans le vague, nous n'avons plus rien pour nous guider, ni pour le degré et le mode de la médication, ni pour sa durée.