‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 7 sur 610 · SUR LES PRINCIPAUX POINTS DU GLOBE · texte numérisé non relu

SUR LES PRINCIPAUX POINTS DU GLOBE

traça, à grands traits, la physionomie si profondément personnelle.

Qu'on admette toutes les hypothèses possibles sur les origines de la syphilis; qu'importe? Pure affaire de curiosité historique. Sa découverte vraie, indéniable, ne remonte-t-elle pas à l'époque où elle a été diagnostiquée, classée et traitée comme une espèce morbide absolument spécifique et qui n'avait qu'en elle-même sa raison d'être?

III. S'il est vrai, comme on le prétend, que la syphilis remontait, dans les Gaules et dans l'Europe, à l'homme préhistorique, que devint-elle

fort intéressant sur la médecine des Chinois, le capitaine Dabry raconte et prouve à peu près que la syphilis avait été complètement étudiée et fort bien décrite sous le règne de l'empereur Hoang-Ti, c'est-à-dire 2(335 ans avant notre ère.

IV. Ainsi, sur toute la surface du globe, depuis les temps les plus reculés et bien avant nos dernières révolutions géologiques, chez l'homme primitif, la syphilis aurait existé. L'Europe seule faisait-elle exception? C'eût été humiliant pour elle. Il est vrai qu'elle a bien pris sa revanche au seizième siècle et plus tard. Mais voilà qu'elle n'a, paraît-il, rien à envier maintenant aux autres pays.

Dans le département de Saône-et-Loire, il existe, à Solutré, une station préhis: torique où l'on a trouvé, au milieu d'ossements de rennes, des pierres polies, et des débris appartenant aux époques gallo-romaines et mérovingiennes. C'est là que, en 1872, M. l'abbé Ducrost découvrit un squelette de femme dont les deux tibias portaient des exostoses très prononcées, qui furent reconnues syphilitiques par MM. Rollet, Lortet, Broca et Virchow. La France aurait donc eu le privilège de posséder, aux époques les plus reculées, un foyer syphilitique en Bourgogne. Il y avait là une race venue de l'Asie, la race solutréenne, qui aurait apporté la syphilis de sa patrie originelle. Mais cette syphilis, au lieu de se propager comme elle a coutume de le faire, aurait eu la complaisance de s'éteindre sur place.

Cependant la mâchoire inférieure d'un jeune Franc de l'époque mérovingienne, trouvée dans le cimetière de Breny (Aisne), par M. Moreau, présentait des altérations qu'on ne pouvait rapporter qu'à la syphilis héréditaire. D'un autre côté, Prunières de Marvejols découvrait, vers 1877, des ossements humains de l'époque néolithique, sur lesquels on constatait également des traces de syphilis. Ainsi, dans l'Europe comme dans les autres parties du monde, il était permis de voir en elle l'une des plus anciennes et peut-être la plus ancienne des maladies de l'homme:

V. Qu'il était donc arriéré ce bon Thierry de Héry, un des syphiliographes les plus célèbres de la Renaissance, lorsqu'il allait s'agenouiller sur le tombeau de Charles VIII et répondait à quelqu'un qui lui demandait ce qu'il faisait là : « Je prise, répondit-il, le bon roi Charles un peu plus qu'un saint; il a été, sans le savoir, mon bienfaiteur, car j'en ai tiré trente mille bonnes livres de rente. » N'est-ce pas admirable de naïveté comique? En voilà un qui ne mettait pas en doute l'origine moderne et contemporaine, pour lui, de la syphilis.

Et il n'était pas le seul. Presque tous les grands médecins de cette époque, s'ils nu traduisaient point Leur opinion par un culte aussi humoristique et aussi amusant que Thierry de Héry, n'en pensaient pas moins de môme. Jean de Vigo soutenait qu'il n'y avait ru,' avant 1405, aucune observation de cette maladie, aucune trace de médication spéciale propre à la combattre. Vella, Maynard, Hutten, Bethencourl , Fracastor, Matbiole, Massa, Ferri.Vidus Vidius, etc., étaient fermement convaincus que la syphilis était une maladie nouvelle, inconnue avant les dernières années du quinzième siècle. Jusqu'en 1550, l'ancienneté de la maladie ne trouva qu'un seul partisan, Sébastien Monluus. 11 avait assisté, du reste, aux débuts de la maladie, et n'écrivit son ouvrage qu'à L'âge de quatrevingts ans. li n'apporta aucune preuve sérieuse à l'appui de sa thèse.

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