‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 8 sur 610 · HYPOTHÈSES SUH LES CAUSES DK LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSES SUH LES CAUSES DK LA SYPHILIS

pondant des siècles jusqu'à La Renaissance? On n'en trouve aucune trace ni dans la période gallo-romaine, ni au moyen âge. Les deux autres maladies vénériennes, la blennorrhagie et le chancre mou, sont cependant très bien décrites. Elles occupent, dans la pathologie des divers pays et dans toutes les écoles de médecine, une place à part et considérable.

Gortes, en ces temps troublés, les grands bouleversements qui favorisent la propagation des maladies contagieuses, ne manquaient pas plus qu'au seizième siècle : guerres incessantes, invasions, voyages lointains, mélanges et migrations des peuples et des races, tout ce qu'on peut imaginer comme concours de circonstances étiologiques déplorables, ne s'était-il pas reproduit des milliers de fois? Les croisades en furent l'expression la plus complète. L'Europe par masses innombrables se rua sur l'Asie. En rapporta- t-elle la syphilis? Rien ne le prouve, et pourtant cette partie du monde passe pour en avoir été infestée avant notre continent.

IV. En admettant que la syphilis ait existé de tout temps en Europe et ailleurs, il faut convenir qu'elle n'y a pas mené grand bruit. Comme un petit ruisseau à peu près inconnu, qui se perd, se retrouve, reste souvent imperceptible dans ses méandres et n'a qu'un débit presque insaisissable, elle serait arrivée jusqu'au seizième siècle, à travers toutes les vicissitudes pathologiques les plus propres à la propager et à la mettre en évidence.

Pourquoi ce ruisseau devint-il tout à coup un grand fleuve, débordant, irrésistible, dont les eaux submergèrent en quelques années les grands États de l'Europe et se répandirent plus tard sur toute la surface du globe1?

1. On fit intervenir l'astrologie pour expliquer l'apparition de la syphilis. — Beaucoup de savants, et, entre autres, Paracelse, voient en elle le résultat de conjonctions planétaires néfastes. Celle de Saturne avec la tête d'Ariès fut surtout incriminée.

Cette ridicule superstition ne fut pas goûtée par tout le monde. Avec une verve aussi âpre que pittoresque et pleine d'humour sarcastique, un Toulousain, nommé Uçay, la stigmatisa en quelques mots : « Il semble, dit-il, qu'ils aient cru que les Astres allaient au bordel, qu'il se passe parmi eux quelques maquerelages ; je ne scay pourquoi n'ont-ils pas dit qu'ils prenaient eux-mêmes la vérole et qu'ensuite ils la communiquaient aux hommes par leurs intluences. Je ne scay quels seront les plus ridicules, ou les autheurs de cette opinion, ou moi en m'avisant de la réfuter. »

De tout temps on a cru que les puissances supérieures infligeaient certaines maladies aux mortels pour les punir de leurs débauches. 3\T,a-t-on pas soutenu que la syphilis était au nombre des fléaux dont Dieu frappa les Hébreux pour les punir d'avoir adoré Baal Paor, qui était le Priape des Moabites? — Diane aussi corrigea les Scythes rebelles à son culte. « Une malade épidémique, disait Dion Chrysostome aux habitants de Tarse, dans le premier siècle de notre ère, s'est emparée de vos nez, a frappé vos pieds et vos mains... On dit qu'Aphrodite, pour punir les femmes de Lesbos, leur a envoyé une maladie des aisselles. Eh bien, c'est ainsi que la colère divine détruit le nez du plus grand nombre d'entre vous, et c'est de là qu'est venu ce son particulier. C'est le signe de l'impudicité honteuse poussée jusqu'au délire. » — Ce curieux passage prouve-t-il, comme on l'a affirme, l'existence de la syphilis dans l'antiquité?

L'intervention divine ne pouvait manquer d'être invoquée aussi pour expli-

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