‹ Traitement de la tuberculose ganglionnaire cervicaleChapitre 10 sur 56 · SE · texte numérisé non relu

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dérable d’enfants à l’hôpital maritime présentant des ganglions tuberculeux en ‘rapport avec une dent cariée: le nombre est au contraire très grand des ganglionnaires sans carie dentaire aucune. D'ailleurs, toute dent malade n est pas susceptible de laisser pénétrer des agents pathogènes dans l’organisme.

Certains auteurs déclarent nécessaire d'enlever toute dent qu’ils qualifient de « mauvaise ». Encore est-il nécessaire de dire ce qu’ils considèrent comme dent mauvaise. Pour nous ne doit pas être considérée comme infectante toute dent soignée atteinte d’une carie du premier ou même du second degré, soigneusement désinfectée et obturée. Chez un adulte on ne doit pas faire pratiquer inutilement Pextraction de une ou plusieurs molaires qui peuvent être conservées. Or, il n’est que deux signes qui doivent faire suspecter l’état de la dent et amener son extraction: douleur de la dent soignée et obturée, au chaud et au froid d’une part, et d’autre part sensation d’agacement, d’allongement traduisant une périostite légère alvéolo-dentaire.

Il n’est pas nécessaire de dire que toute dent causant des abcès, ou même déterminant une sensation douloureuse à l'exploration du périoste, doit être enlevée.

Si nous donnons aux ablations dentaires une part si minime dans la pénétration des germes tuberculeux c’est que nous savons combien la muqueuse naso-bucco-pharyngée laisse aisément passer les microbes qui de là peuvent gagner les chaînes cervicales.

Straus a montré combien commune était la présence du bacille de Koch sur la muqueuse bucco-pharyngée. ‘Le bacille a été trouvé dans les cryptes des amygdales palati-

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nes normales, séparé du tissu adénoïde par l’épithélium qui revêt les cryptes. Or, s’il est aisé d'imaginer une effraction permettant au bacille de passer dans le tissu adénoïdien,l’éxpérimentation nous prouve que cette effraction même n’est pas indispensable.

- Wissokowicz ayant frotté la muqueuse pharyngienne d’un cobaye avec du coton imbibé de crachats tuberculeux, sans endommager la muqueuse par des frictions excessives vit s’hypertrophier la chaîne ganglionnaire cervicale. L'animal mourut le quarante-cinquième jour et l'examen

histologique de la ne pharyngée ne peut déceler

aucune trace de l’effraction.

- Cornet déposant des produits tuberculeux sur la conjonctive ou la muqueuse nasale obtient des résultats analogues.

Ges faits prouvent clairement que les bacilles peuvent traverser une muqueuse que tout fait supposer être saine. Or, lorsqu'on veut bien considérer combien vaste est la surface muqueuse naso-bucco-pharyngée, on comprend aisément que l'infection doit se produire par son intermédiaire dans l’immense majorité des cas. De plus, combien sont fréquents les catarrhes naso-pharyngées qui peuvent amener dans la muqueuse des perturbations capables d'augmenter sa perméabilité dans de grandes proportions! Les amygdales cliniquement saines peuvent ainsi. être tuberculisée : des examens histologiques l’ont démontré. Le Professeur Dieulafoy et M. Lermoyez ont insisté sur ces faits. Toute amygdale suspecte doit être traitée avec soin au cours d'une tuberculose ganglionnaire.

Les végétations adénoïdes, elles aussi, servent parfois

de porte d'entrée du bacille de Koch. M. Brindel examinani soixante-quatre cas de végétations adénoïdes à la clinique du P' Moure, de Bordeaux, trouve huit Fou des lésions indéniables de tuberculose,

Nous ne citons que pour mémoire Les cas où la tuberculose ne manifeste cliniquement son action sur les ganglions cervicaux qu'après avoir déjà causé des troubles appréciables dans les os ou les articulations, ou même sur les téguments ; de même dans les cas où préexiste une localisation viscérale, celle-ci est singulièrement plus inquiétante, et c’est à elle et non à k adénite que s'adressent les ‘premiers soins. |

Enfin, comme le remarque M. Broca, il semble que le moment où entre en scène le bacille est difficile à préciser. Souvent, c’est à la faveur de poussées aiguës, inflammatoires ou tuberculeuses que se développe l’adénite bacillaire. Mais comment définir exactement le rôle de ces infections, si l’on admet avec Pizzini que 42 0/0 des sujets cliniquement sains ont des bacilles dans leurs ganglions ? On conçoit alors qu'aucune lésion capable d'amener un ralentissement ganglionnaire ne soit négligeable au cours du traitement des tuberculoses ganglionnaires: de là les soins minutieux d'hygiène bucco-pharyngée et tégumentaire utiles dans le traitement de cette forme de tuberculose, a

En résumé, grâce aux traitements minutieux des lésions muqueuses, amygdaliennes, dentaires, on verra parfois rester stationnaire, puis rétrocéder des adénites jusque-là rebelles à toute médication ou présentant des rechutes inexpliquées et déourageantes.

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